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Articles récents

Publicités et publications

18 Octobre 2020 , Rédigé par CC

Je condamne la décision unilatérale de la plateforme Overblog de truffer mon blog de publicités en violation des conditions générales d'utilisation auxquelles j'avais adhéré lors de la création de ce blog.

Pour ne pas les voir, téléchargez un logiciel Adblock.

J'ajoute au passage que je renie toutes mes publications aux Editions du Cygne. Seuls mes livres parus chez L'Harmattan s'inscrivent dans la continuité de mes idées actuelles.

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Remerciements à "Des Trésors cachés dans le sable"

13 Octobre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Publications et commentaires

Tous mes remerciements au blog "Des trésors cachés dans le sable" pour avoir bien voulu signaler la publication de mon dernier livre sur les Nephilim.

Je vous conseille vivement la lecture de ce blog pour approfondir votre connaissance de la Bible (notamment l'Ancien Testament).

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La fraude mystique de Marthe Robin

13 Octobre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Notes de lecture, #Christianisme

J'ai évoqué il y a peu la connexion bizarre entre Marthe Robin et les Ovnis soulignée par feu l'occultiste Sylvie Simon, et j'ai aussi signalé ailleurs combien la bienveillance de Marthe Robin pour la très athée Simone de Beauvoir, dont témoigne Jean Guitton, était des plus suspectes. Je voudrais aujourd'hui dire un mot du livre  La fraude mystique de Marthe Robin écrit par le carme déchaux Conrad de Meeste. Le youtubeur Arnaud Dumouch a essayé en vain selon moi (ce n'est pas mon premier désaccord avec lui) de le discréditer (ici), mais il mérite qu'on s'y intéresse. Car Conrad de Meeste dresse une liste impressionnante des auteurs (pour la plupart des mystiques), que Marthe Robin a purement et simplement plagiés, dans ses livres et dans sa correspondance, en montrant très minutieusement les paragraphes entiers qu'elle a recopiés sans jamais révéler qu'elle les leur volait. Le procédé est d'autant plus choquant de la part de la pieuse paralytique que celle-ci prétend évoquer ses propres sentiments et sa propre expérience, en recopiant en fait les mots des autres, comme un Bernard-l'Hermite. Ici croyez vous que Marthe raconte une de ses descentes aux enfers dans un récits qu'elle a écrit? Hé bien non ! Elle a seulement recopié dans le livre celle de la capucine italienne Véronique Giuliani telle qu'elle l'a trouvée dans son journal. Là pensez-vous qu'elle évoque les élans de son coeur, et ses prières intimes à Dieu ? Non, ce sont des paragraphes recopiés des carnets de la mystique Gemma Galgani... à laquelle Marthe Robin pourtant ne rendra jamais justice puisqu'elle ne cite pas son nom. Et l'imposture se prolonge sur des centaines de pages.

Conrad de Meeste s'est aussi penché sur le mystère de la "secrétaire" de Marthe Robin, puisque celle-ci, paralyse des quatre membres, était censée ne plus pouvoir écrire ni manipuler un livre depuis 1929, secrétaire que personne n'a jamais pu identifier. Par delà les nuances graphologiques, les constantes détaillées par Conrad de Meeste, y compris dans les fautes d'orthographe, persuadent l'auteur que c'est bien Marthe Robin qui a écrit  la plupart de ses textes à la main : elle n'était donc pas paralysée des quatre membres ! L'étude des brouillons des lettres ou des annotations du volume des Lettres à une carmélite de Marie-Antoinette Greuser retrouvé au sous-sol du Foyer de Charité de Châteauneuf (plagié par Marthe Robin en 1936) confirment cela.

Le père de Meeste au fil de son enquête découvre ainsi une femme manipulatrices, qui a adopté quatre ou cinq styles d'écriture, manipule le père Finet son protecteur, s'adapte à toutes les situations, une psychologie que l'auteur impute à la naissance illégitime de la sainte,fille d'un commis agricole qui ne l'a jamais reconnue (et elle le savait), et à sa relation difficile à son père "officiel".

Le père Marie-Bernard qui fut l'accompagnateur de Marthe comme tertiaire capucine en 1926-28, intrigué par les largesses de la baronne de Baÿ envers la jeune femme mit à l'épreuve le caractère de la mystique en utilisant des règles classiques que lui recommandèrent des théologiens. Il découvrit son manque d'humilité en la faisant prendre en photo, puis son amour de l'argent. Il écrit d'ailleurs : "Elle réclama d'abord des douceurs... les meilleurs que fabriquait un pâtissier et confiseur de Lyon. On prétendait plus tard qu'elle ne vivait que de l'hostie consacrée. J'ai la preuve évidente du contraire".

Le père de Meeste creuse aussi le volet médical, montre que les médecins choisis par Marthe ont tous des préjugés favorables. Certes Marthe Robin était handicapée : l'hyperesthésie n'est constatée qu'à partir des déclarations de la malade ; la thèse de sa cécité après 1939 est contredite par le fait même que les médecins trouvent aux yeux une apparence normale, ; le sang constaté sur le corps a coulé mais n'est pas en train de couler. Il n'y eut jamais de vérifications cliniques sans cesse reportées. Et les chaussons trouvés au pied du lit à sa mort posent problème... Un des signes de l'imposture : les ongles de Marthe qui s'useraient "spontanément" au contact du chapelet qu'elle arrive quand même à égrainer avec ses doigts... alors qu'on a trouvé des coupe-ongles chez elle à sa mort...

A sa mort le corps de Marthe n'avait pas d'escarres propres aux paralytiques. Le père de Meeste a pu reconstituer le mouvement par lequel la mystique pouvait glisser sur le sol avec les jambes repliées, pour sortir de sa chambre. Pour le père de Meester toute la vie de Marthe Robin après 1929 est donc une supercherie, à part le fait qu'elle était partiellement paralysée. Et la façon dont elle emprunte les mots des autres pour décrire ses transes (sans signaler qu'elle plagie) est la preuve que le coeur même de sa vie spirituelle était faux et tourné vers l'intention d'attirer l'attention des gens, et leur argent...

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Le prince de Montpensier à Pau

10 Octobre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate, #down.under

Extrait de S. A. R. monseigneur le duc de Montpensier dans le département des Basses-Pyrénées (23-28 août 1843) :

 

(p. 15 et suiv). La ville de Pau présentait hier un de ces spectacles qui font époque dans les souvenirs d'une population. Après dé longs jours d'attente, elle voyait enfin arriver le jeune Prince qui va livrer à son amour une image dont la vénération s'est transmise de génération en généralion dans le Béarn ; elle venait assister à ces fêtes qui inaugureront si brillamment notre monument le plus populaire, le plus national,

Dès le matin, un grand nombre" de maisons avaient été pavoiséés des couleurs nationales ; on entendait battre lerappel: les tambours, les clairons, les musiques militaires, se répondaient d'une rue à l'autre, et à ce bruit, des masses d'habitans se portaient sur le passage du cortège.

La garde nationale et la troupe de ligne étaient échelonnées depuis la place Henri IV, jusqu'au milieu du pont de Jurançon, limite de la ville. Des détachemens d'infanterie stationnaient sur différents points, et notamment sur la place Henri IV. La garde nationale à cheval, chargée d'escorter la voiture du Prince, la gendarmerie, l'escadron de chasseurs étaient allés à la rencontre de S. A. R. précédés, d'un nombreux étatmajor à là tête duquel se faisait remarquer notre brave et illustre compatriote, M. le lieutenant-Général Harispe, entouré de MM. les maréchaux-de-camp baron Jacobi, commandant le département des Basses-Pyrénées , Rachis, commandant le département des Landes, Simon Lorière, commandant le département des Hautes-Pyrénées, et de plusieurs autres officiers-généraux.

M. le Préfet, qui était allé, comme nous l'avons

annoncé, recevoir S. A. R. aux Eaux-Bonnes, sur les limites du département, faisait aussi partie, de ce cortège.

Nous ne saurions donner trop d'éloges à la tenue parfaite et au zèle des gardes nationaux qui étaient venus répondre à l'attente de la cité.

Les gardes nationales des communes voisines étaient aussi accourues. Elles marchaient précédées de leurs autorités municipales, les maires et adjoinds ceints de leurs écharpes. Chacune d'elles avait sa bannière tricolore portant le nom de la commune et ses tambours ou sa musique rustique. Ce n'était pas là le coup d'oeil le moins pittoresque de la fête.

Le corps municipal de Pau et MM. les officiers en retraite s'étaient rendus à l'entrée de la ville pour attendre S. A. R.

A 11 heures et demie, des, cris d'allégresse ont annoncé que le Prince traversait le village de Jurançon, et quelques instans après on a vu déboucher le cortège à la tête duquel s'avançait M.gr le duc de Montpensier, monté sur un cheval blanc et en costume de Capitaine d'artillerie. — Aussitôt, le Prince s'étant arrêté, les cris de vive le Roi, ont éclaté, et M. le Maire a dit :

« Monseigneur,

« Henri de Béarn entrait dans Nérac. Désolées par la guerre civile, les campagnes s'étaient appauvries ; de nombreux agriculteurs, chassés par la faim, racontaient leur misère aux portes de la ville. « — Suivez-moi, dit le jeune Prince. » Il s'enquiert de la somme destinée aux solennités qui l'attendent, et, compatissant, la fait verser dans la main nécessiteuse. — Plus heureuse que Nérac, sauvée, comme le Pays, d'affreuses luttes par une haute sagesse, la ville de Pau peut à la fois vous offrir un hommage et soulager l'infortune. Oui, Prince, c'est ici la fête de tous, et ce rêve de votre Aïeul, à la simple et touchante formule, la poule au pot, est au-

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jourd'hui du moins , une réalité. Le pauvre le sait déjà. — Henri avait vingt ans alors ; Monseigneur, c'est votre âge. Laissez-nous dire que nous aimons à pressentir une heureuse ressemblance. Oui, vous aurez son humanité, l'exemple vous en vient chaque jour de bien près. Comme en lui, l'égalité vous sera une facile règle. Votre éducation libérale, cet accueil à tous dont nos Pyrénées garderont le récent souvenir, garantissent en vous ce sentiment. Vous aurez enfin ses vertus, guerrières; votre sérieux apprentissage de l'art militaire vous y prépare; et n'êtes-vous pas d'ailleurs de ce faisceau de jeunes et nobles Princes qui se battent en soldais et commandent en généraux ? — Entrez, Monseigneur, dans la Ville de votre Aïeul ; ses portes vous sont ouvertes ; nous vous y serrerons de près. »

Nous regrettons, de n'avoir pû recueillir toutes les réponses pleines de bonheur et d'à-propos, que le Prince a faites à chacun des discours qui lui ont été adressés. Nous croyons du moins pouvoir reproduire avec fidélité le sens des paroles du Prince, en réponse à la harangue de M. le Maire :

« C'est avec le plus grand plaisir, Monsieur le Maire, que je viens au milieu de vous assister à l'inauguration du Roi Béarnais, que je suis fier de compter parmi mes ancêtres. Ces souvenirs si vivans parmi vous que vous venez de me retracer avec bonheur, me causent une' émotion profonde. — J'espère que les habitans de ce beau pays voudront bien reporter sur les Fils une partie de l'affection qu'ils conservent loujours pour la mémoire d'Henri IV. — Je vous remercie, M. le Maire, de tous les voeux que vous venez de m'exprimer au nom duconseil municipal de la ville dé Pau. »

Pendant ce temps, une salve de 21 coups de canon annonçait l'entrée du petit fils d'Henri IV dans la cité Béarnaise ! L'effet de cette marche lente et solennelle présentait

quelque chose d'imposant ; l'émotion était grande à la vue de ce jeune rejeton du Béarnais s'avançant au milieu des flots pressés de la population vers l'antique demeure de son Aïeul. — Le Prince saluait de la manière - la plus gracieuse, la foule avide de contempler ses traits, sa taille svelte et élégante, sa tournure aisée, son air affable comme celui d'Henri. Il paraissait éprouver une vive satisfaction de se voir l'objet d'un pareil empressement.

Certes, M.gr le duc de Montpensier ne pouvait choisir pour faire son entrée à Pau , une route qui pût mieux réveiller en lui les souvenirs du grand-Roi. Bien avant la Croix du Prince , où il a quitté sa voiture pour monter à cheval, sa vue a dû se porter constamment sur le Manoir de Gaston-Phoebus. Delà, cet édifice se présente dans toute sa majesté. Le vieux donjon s'était paré pour le recevoir des couleurs tricolores. Un immense drapeau flottait à son sommet et de larges banderoles ondulaient sur ses murs. — L'entrée de Pau , par celle route, offre un aspect très-pittoresque} et jamais assurément cet aspect n'avait été pins beau qu'hier, avec toutes les terrasses chargées de spectateurs , des milliers de dames aux croisées et le bruit retentissant et continuel des symphonies militaires.

Le Prince a traversé ainsi la partie de la ville qui s'étend sur les terrains formant autrefois les dépendances du Château, et est allé meure pied à terre au lieu où naquit son Aïeul, il y a 290 ans.

Les autorités ont été admises quelque temps après à lui présenter leurs hommages.

Les présentations ont eu lieu dans l'ordre suivant :

Le lieutenant-général Harispe , commandant la division, avec son état-major. — La Cour Royale. — Le Préfet.— Le Conseil-général. — L'Evêque et le clergé. — L'Etat-major de la garde-nationale. — L'Etat-major

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de la division et les officiers du génie. — Les SousPréfets des arrondissemens et les conseillers de préfecture. — Le tribunal de première instance. — Le tribunal de commerce. — Le Conseil-Municipal. — Les officiers en retraite. — L'Université et le Collège. — Les Consuls, étrangers. — MM. les ingénieurs. — Les administrations des Forêts ; — des Finances ; — de l'Enregistrement ; — des Postes ; — Du Haras ; — Des Contributions directes et indirectes. — MM. les officiers de la garde nationale de Lescar. — M. le secrétaire-général de la HauteGaronne. — M. le Sous-Préfet de S.t-Gaudens.

Discours de M. Amilhau, premier présidant de la Cour royale.

« Monseigneur,

» Après les révolutions profondes qui renouvellent la face des nations, les peuples éprouvent le besoin de faire un retour vers le passé et de consacrer par les Lettres et les Arts les grandes époques de leur histoire.

» Placé entre deux mondes que séparent la Réforme et la Renaissance, un Prince né dans ces contrées fut élevé au trône par l'élément, moderne luttant au seizième siècle, La politique habile qui lui en fraya le chemin, contribua plus que tout autre cause à la chute du moyen-âge. Le vainqueur de Mayenne, le héros de la bataille d'Ivry, cette âme noble et fière sut allier au courage les vertus les plus généreuses ; il sut vaincre et pardonner, et fut de ses sujets et le Père et le Roi.

» Associé à tous les intérêts, à toutes les gloires de la France, le Roi ne pouvait céder qu'à ses fils l'honneur d'inaugurer la statue d'Henri le Grand ; dominant, à son exemple, les événemens par sa sagesse au milieu des troubles et des malheurs de la Patrie, il a eu, comme lui, le bonheur de rétablir l'ordre et d'assurer les bienfaits de la paix.

» Dans ce Palais fut le berceau de votre famille, Monseigneur ;

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chacun de vos pas foule une terre pleine de glorieux et brillans souvenirs. Deux Princes, vos frères, la parcoururent naguère au milieu des plus nobles et des plus vives sympathies. Dieu a rappelé à lui une puissante intelligence ; la France s'en est émue, l'histoire redira sa douleur et ses regrets. Là haute raison, et les qualités éminentés du Prince qui lui survit, nous donnent une légitime confiance dans notre avenir.

» Vous êtes mêlé à toutes nos espérances, Monseigneur ; animé de l'amour de la patrie, vous portez son drapeau et vous vous préparez à verser votre sang pour elle. Aux qualités de vos frères, vous joignez la bonté de votre aïeul ; vous êtes tout à nous, et dans ce solennel tribut payé par les Béarnais à la mémoire de leur Roi, vous retrouvez une fête de famille.

» La Cour Royale vient toute entière vous offrir son respectueux hommage. Dites au Roi, Monseigneur, que le plus jeune de ses Fils n'a trouvé au sein de ces populations loyales et fidèles que des sentimens d'admiration , d'amour et de reconnaissance. Dites-lui que la Magistrature , dont je suis l'organe , ne forme qu'un voeu , celui de lui exprimer plus dignement ces pensées dans le palais de son Aïeul. »

Discours de M. le comte de S.t-Cricq, Pair de France, président du Conseil-général.

« MONSEIGNEUR ,

« Le Conseil Général de ce département est heureux de se trouver appelé dans ce moment à ses travaux annuels, puisqu'il lui est ainsi donné d'apporter à V. A. R. l'hommage de son respect et de son dévouement. Il lui est doux de saluer l'un des premiers votre entrée dans cet antique palais de vos pères, restauré par une munificence toute filiale , et dont vous semblez venir reprendre aujourd'hui possession au nom de votre royale maison.

» C'est toujours pour, les Béarnais une fête de famille que la présence de leurs Princes : la vôtre, Monseigneur, nous

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devient plus chère en ce jour, par la mission que vous venez accomplir au milieu de nous.

« Le Roi, nous, le savons de lui-même, aurait vivement

désiré de présider en personne à la solennité qui se prépare. Retenu par les devoirs, si souvent amers, de la Couronne, il

a voulu être représenté par le plus jeune de ses fils , comme pour nous dire: celui-là aussi sera digne de sa race !

» Et nous, Monseigneur, témoins heureux, avec tous les Français, des brillants services déjà rendus à la Patrie par vos nobles frères ; charmés de cette ardeur que vous faites paraître, de cette grâce" chevaleresque qui déjà vous a fait aimer dans nos contrées, nous . disons avec Votre Auguste Père : tous, ils sauront continuer notre Henri. »

Discours de Monseigneur l'Evêque.

« Monseigneur,

» Votre présence dans la cité d'Henri IV et dans le palais de ce bon Roi, fait tressaillir tous les coeurs Béarnais. Le Clergé s'associe avec empressement à cette manifestation de voeux et de sentimeus dont vous êtes l'objet, car il sait ce que promettent à la Religion et à la Patrie les éminentes qualités de Votre Altesse. Elle a reçu du Ciel, comme le premier des bienfaits, un esprit élevé, un coeur noble et généreux ; la sagesse du Roi l'a entourée de ses conseils, et par les soins d'une Mère auguste, modèle de douceur et de piété , elle a connu de bonne heure le prix de la foi et la pratique des vertus. La voix publique n'a pas tardé à nous apprendre , parce qu'une épreuve solennelle et rigoureuse l'avait constaté, combien vos progrès dans les sciences humaines ont été brillants et rapides. Ce sont là , Prince , comme de belles fleurs au printemps de votre âge; déjà elles portent leurs fruits, et la France les recueille avec bonheur. Honorez toujours la Religion comme elle vous honore ; aimez noire beau Pays comme vous en êtes aimé ! que l'Ange du Seigneur qui a délivré le Roi de tant de périls, veille sur vos destinées ,

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et qu'il sbit donné à Votre Altesse de voir jusqu'aux limites les plus reculées de la vie, la France toujours en paix et toujours heureuse ! »

Le Prince a remercié M.gr l'Évêque et s'est recommandé aux bonnes prières de sa Grandeur et de tout son Clergé. Puis, il à ajouté avec une grâce parfaite. « Le Roi m'a chargé de vous remettre ce témoi» gnage de son estime : Je suis heureux de m'acquitler » de cette mission. » Et en disant ces mots, Son Altesse déposait dans les mains du Prélat la Croix de la Légion-d'Honneur.

Discours de M. Puyào, commandant de la garde nationale.

« Chaque fois que nos Princes honorent la ville de Pau de leur présence, nous nous empressons de leur offrir nos hommages et l'expression de notre dévouement et de nos sympathies pour le Roi.

» C'est avec le même bonheur aujourd'hui que nous prions V. A. R. d'agréer la nouvelle et plus vive expression de ces mêmes sentimens qui animeront toujours la garde nationale de Pau.

» Je me sens heureux et fier d'être son interprête auprès de vous, Monseigneur, dans une circonstance aussi mémorable pour la cité qui a vu naître notre bon et grand Roi Béarnais. »

Discours de M. Lacortiade, au nom du tribunal de première instance.

« Monseigneur,

» Le tribunal de première instance de Pau vient s'associer avec empressement au sentiment général d'allégresse, et de sympathie qu'inspire la présence dé votre Altesse Royale dans nos contrées.

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» Nous sommes heureux et fiers de présenter nos hommages, auprès du Berceau du Grand Henri, à un descendant de ce bon Roi , dont le nom, cher à tous les coeurs Français, réveille dans cette enceinte de si doux , souvenirs, à un de ces jeunes Princes qui sont l'orgueil de la Patrie, la joie, la consolation de leur auguste Père, et se montrent dignes, chaque jour, de marcher à la tête d'une grande nation.

» La solennité que vous venez célébrer en l'honneur de la plus grande gloire du Béarn, a remué ici trop profondément tous les coeurs, pour ne pas y laisser des traces ineffaçables.

» Chacun de nous se rappellera avec bonheur le Prince qui en aura été le plus bel ornement, et ne , cessera de l'accompagner, de ses voeux et de son amour, dans la brillante carrière qu'il est destiné à parcourir.

» Nous n'oublierons pas, Monseigneur, que votre présence au milieu de nous, pendant ces jours de fête, est une insigne faveur, qui met le comble à toutes celles que la bienveillance Royale se plaît à répandre sur cette Cité.

» Daignez, Monseigneur, mettre aux pieds du trône, la respectueuse expression de notre reconnaissance, ainsi que les protestations bien sincères de notre fidélité et de notre dévouement. »

Discours de M. Bégué, président du tribunal de commerce.

Monseigneur ,

« Le Béarn a vu enfin ériger la Statue du plus grand de ses Rois.

» Puissant homme de guerre , négociateur heureux et habile, plus grand administrateur, Henri IV, né Roi d'un pays libre, se montra digne de gouverner une grande nation ; il comprit que le bonheur des peuples ne se consolide que par la paix, la concorde et la tolérance.

» Habitans du Midi, nous n'avons pas oublié que sous

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l'égide de son édit de Nantes, nous eûmes d'immenses prospérités, que long-temps alors nous avons été en possession de la suprématie commerciale et industrielle. » Nous n'avons pas oublié qu'après la révocation de cette sage et grande mesure, notre pays fut couvert de ruines douloureuses et imméritées.

» Retirer dé l'oubli la mémoire du grand, du bon Henri, était digne du Roi, qui, lui aussi, a su ne rien préférer à la paix que l'honneur.

» De ce Roi, qui , protecteur éclairé du travail, apprit à ses fils que s'ils sont les premiers dans l'Etat, ils ont aussi envers lui les plus grands devoirs.

» Monseigneur , dites au Roi notre profonde gratitude pour la munificence qui dota notre ville, de l'image du plus illustre de ses enfans.

» Dites-lui qu'à côté du souvenir que nos coeurs garderont de ce don, vivra tout aussi impérissable celui du Prince qu'il envoya présider à cette grande solennité. »

Discours de M. Balencie, inspecteur de l'Académie. « Monseigneur,

» Le corps Académique et les fonctionnaires du Collége royal de Pau viennent vous présenter l'hommage de leur respect et de leurs voeux.

» La présence si désirée de votre Altesse Royale dans là cité qui se glorifie d'avoir vu naître le meilleur de, nos rois, a excité , parmi ses habitans, des élans d'amour et des transports d'allégresse.

» Le malheur des temps nous avait ravi l'image chérie, de ce prince vaillant. Son digne et immortel descendant nous l'a rendue , et pour ajouter encore à notre bonheur , Sa Majesté a délégué à un de ses augustes Fils la, pieuse mission de l'inaugurer, comme si elle avait voulu nous montrer , par cette double faveur, ce que déjà nous savions tous, qu'elle a pris pour modèle son illustre aïeul, ce Roi si connu pour sa paternelle

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sollicitude pour le, peuple, et dont le peuple reconnaissant a gardé la mémoire.

» Le premier bienfait, je dirai plus , Monseigneur, la première dette de tout Gouvernement envers le peuple, c'est l'instruction primaire; qui a pour objet de le rendre meilleur, et, par conséquent, plus heureux.

» La loi qui a fait pénétrer cette instruction jusques dans les plus petits hameaux du Royaume , est une loi éminemment morale et philantropique. Elle suffirait, à elle seule , pour immortaliser le règne de Louis-Philippe.

» Je me félicite, Monseigneur, de pouvoir annoncer à V. A. R. que, dans notre contrée, cette loi a déjà porté ses fruits, au-delà de toute espérance.

» Dans, une région plus élevée , l'instruction secondaire, sous la sainte influence de la religion , sous les lois d'une sage et ferme discipline, suit aussi, parmi nous, le mouvement progressif que l'Université imprime chaque jour de plus en plus aux études classiques.

» A mesuré que les lumières s'étendent et se propagent, le besoin des études se fait vivement sentir. Aussi, jamais la nombreuse jeunesse de nos écoles ne montra tant d'émulation et d'ardeur pour le travail ; jamais elle ne fut si sérieusement préoccupée de son avenir.

Et comment n'en sérait-il point ainsi, lorsqu'on voit les dignes fils de notre Roi, après avoir reçu avec elle, au sein de l'Université , la même éducation nationale, se soumettre à la loi commune, et ne vouloir tenir un grade , dans la carrière des armes, que du mérite personnel et des épreuves publiques d'un concours.

» Je m'estime heureux, Monseigneur, qu'il m'ait été donné , en l'absence du chef de l'Académie , de rendre devant V. A. R. , ce public et juste témoignage , que dans les trois départemens du ressort, élèves et maîtres, tous rivalisent de zèle et d'efforts, pour répondre dignement à l'attente du Roi et du Pays. »

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Le général Larriu, en présentant MM. les officiers retraités au Prince, s'est exprimé en ces termes :

« Monseigneur, les officiers retraités vous présentent leur respect et prient Votre Altesse de recevoir , par mon organe, la nouvelle assurance de leur dévoûment sans borne à votre auguste famille.»

Le Prince a répondu :

« Je la reçois avec plaisir de votre bouché. »

Ensuite M. le lieutenant-général Harispe a présenté au Prince MM. les colonels Oiivet et Lèbre.

Immédiatement après les réceptions , le Prince s'est rendu aux Courses, dans une calèche escortée par la garde nationale à cheval. A sa rentrée au Château , S. A. R. a présidé un banquet offert par Elle aux principaux fonctionnaires et notabilités du Département.

A 9 heures du soir, le Duc de Montpensier a assisté au Concert et au Bal donnés, par la ville.

C'était dans la vaste enceinte de la Halle que le Concert avait été disposé. Une immense estrade en gradins avait été dressée pour l'orchestre. Près de trois cents exécutans, choristes et instrumentistes, conduits par M. Habeneck, étaient là attendant le signal. L'auditoire se composait d'environ dix mille personnes.

Tout l'intérieur de la Halle était éclairé comme une salle de théâtre. Un lustre occupait le milieu de la voute. Les murs étaient tapissés de guirlandes de feuillage ; c'était partout de la verdure, de la lumière. Les personnes invitées pour le bal occupaient les galeries et les escaliers. Au bas se pressait une foule innombrable. C'était un océan de têtes !

Deux transparens , représentant les portraits en pied d'Henri IV et du Roi des Français, occupaient le fond de ce tableau.

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A l'arrivée du Prince, des acclamations enthousiastes, et répétées à dix ou douze reprises différentes, par ces dix mille spectateurs, ont salué le descendant du Béarnais. S. A. R. témoignait par des gestes d'affectueuse reconnaissance toute sa satisfaction, son bonheur, et les cris de vive le Roi ! vive le Duc de Montpensier ! retentissaient aussitôt avec plus de force.

Un roulement de tambour a donné le signal du concert. L'orchestre a exécuté d'abord la Bataille d'Ivry. Puis les voix et les instrumens ont dit avec un magnifique ensemble le choeur de Judas Macchabée et la Cantate de MM. Liadières et Auber.

L'effet de ces deux derniers morceaux a été surtout admirable. Nous en appelons à M. Habeneck lui-même, et nous sommes persuadés que ce sera là un des souvenirs les plus précieux de sa vie artistique,

La Cantate est, sons le rapport musical, digne de l'auteur de tant de chefs-d'oeuvre. Elle porte le cachet de son style. Les paroles sont dignes de la circonstance ; on voit qu'elles partent du coeur d'un véritable Poëte, d'un bon Béarnais. Les strophes en ont été chantées avec une chaleureuse énergie par M. Lafage, de Tarbes, lauréat du conservatoire de Paris.

Le Bal du Cercle offrait un coup-d'oeil magnifique ; mais les salons,, décorés avec autant de goût que d'élégance, étaient tellement encombrés , il y avait tant d'empressement pour suivre les pas du Prince, que la chaleur était accablante.

A 10 heures, les quadrilles se sont formés.

Le Bal a été ouvert par un quadrille dans lequel figuraient : LE PRINCE ; M.lle Azevedo, — M. le Préfet ; M.me Mezin. — M. Daguenet, député ; M.me Lamothe-d'In-

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camps. — M. Pèdré La Caze, ancien député ; M.lle d'Uhart. — M. Lacoste, sous-préfet d'Orlhez ; M.llee Viard. — M. le général Janin ; M.lle La Gaze.

Lé Prince a ensuite dansé plusieurs contredanses avec M.lle Drouin de Luiz , M.me Pardeilhan-Mezin ; M.lle Lamarque; M.lle Pèdre La Caze ; M.lle Lavielle.

S. A. R. s'est retirée à une heure.

Le portique de la Halle était orné avec beaucoup d'élégance. De belles illuminations, que le vent a malheureusement contrariées, décoraient cette façade. On lisait sur un transparent : Vive M. le Prince de Montpensier !

Dans l'après-midi, des orchestres et des tréteaux de bateleurs avaient été dressés à la Haute-Plante et à la Porte-Neuve.

Lorsque le Conseil municipal a été admis au Château à, présenter ses hommages au Prince-, S. A. R. lui a témoigné à plusieurs reprises toute la satisfaction que lui faisait éprouver l'accueil cordial et sympathique de la Cité Béarnaise. Le Prince s'est fait ensuite présenter M. Raggi, et il l'a félicité sur la beauté de son oeuvre. C'est M. Raggi qui a sculpté la Statue. M. Latapie, architecte du département, lui ayant été présenté ensuite, S. A. R. l'a complimenté sur sa participation à l'érection dé ce monument, ainsi que sur les magnifiques travaux exécutés aux établissemens des Eaux-Bonnes et des Eaux-Chaudes.

La Garde nationale à cheval d'Oloron est venue se joindre à celle de Pau, pour servir d'escorte au Prince durant les fêtes de l'inauguration.

Le Prince est parti ce matin pour Coarraze.

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JOURNEE DU 26.

Excursion a Coarraze. — Nay. — Gelos.

Le Prince est parti vers les 9 heures pour aller parcourir la belle plaine de Nay, et déjeuner au Château de Coarraze, chez M.Dufau, procureur-général de la cour royale. S. A. R. était escortée de la garde nationale à cheval , qui l'a constamment accompagnée dans toutes ses courses, et suivie de plusieurs voitures.

En passant à Bizanos, le prince s'est détourné de sa route pour visiter la fabrique à la Jacquart et la blanchisserie de M. Bégué. Tous les ouvriers étaient à leur poste ; le Prince a tout examiné avec la plus grande attention , et après avoir témoigné toute sa salis-, faction, à M. Bégùé , il s'est retiré en lui disant qu'il serait charmé de pouvoir dire au Roi qu'il avait vu dans tous ses détails la fabrique qui fournissait le plus beau linge de sa table.

Le Prince a continué sa route rapidement au milieu des flots empressés des populations, en traversant ces jolis villages à l'entrée desquels ou avait élevé des arcs de triomphe de verdure ; S. A. R. à remarqué surtout là forme élégante de: celui de Coarraze, autour duquel était rangée la garde nationale avec le conseil municipal, et une affluence encore plus considérable. M.gr le duc de Montpensier avait exprimé le désir de déjeuner à dix heures ; il est arrivé à l'heure précise ; il a été reçu au bas du perron par M. et M.me Dufau.

Entré un moment au Château, le Prince en est ressorti presqu'aussitôt pour examiner les environs; il s'est informé avec empressement de la vieille-tour , et a voulu y monter; parvenue sur la plate-forme, S. A. R. a té-

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moigné toute son admiration à plusieurs reprises sur la beauté dit paysage; profondément émue à la vue de ces lieux tout remplis des souvenirs de la jeunesse de son Aïeul, elle ne se lassait pas d'entendre les moindres particularités, et sa piété filiale se manifestait par les expressions les plus touchantes.

Le Prince a dû s'arracher à ces douces contemplations, lorsqu'on est venu lui, annoncer que le déjeûner était servi. — S.A. R. avait à sa droite M.me Dufau, et à sa gauche M. le général Harispe. — M. Dufau était vis-àvis le Prince , ayant à sa droite M. le comte de S.tCricq, et à sa gauche M. Amilhau , premier président de la cour royale. — La table était de 25 couverts. On y comptait : M. Azevedo , préfet du département ; — M. le général Jacobi, commandant du département des BasSesPyrénées ; — MM. La Gaze et Daguenet, députés du département ; — M. Fould, député des Hautes-Pyrénées ; — M. le général Rachis ; — M. de Latour, secrétaire des commandemens ; — M. le vicomte Daru , député ; — M. Manescau, maire de Pau ; — M. de Boisle-Comte , aide-de-camp de M. le général Harispe ; — M. Puyoo , commandant de la garde nationale de Pau ; — M. le baron Bernadotte, commandant de la garde nationale à cheval de Pau ; — M. Palengat, maire de Coarraze ; — M. Pujoulet, curé de Coarraze.

A une autre table, se trouvaient avec les fils de M. Dufau, les officiers de service et les gardes nationaux à cheval de l'escorte.

M. et Mme Dufau ont fait les honneurs de leur château avec une magnificence splendide ; le Prince leur en a témoigné tous ses remerciemens, de la manière la plus aimable. — il s'est ensuite rendu à Nay.

Là, S. A. R., après avoir été reçue par M. le maire , à la tête du conseil municipal, est allée à l'hôtel-de-

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ville, où M. le curé l'a complimentée. Elle a visité ensuite la fabrique de calicot de M. Lombré ; la fabrique de berrets béarnais de M. Fouard, et celle de MM. Lussagnet et Fould pour la filature du coton. — Le Prince s'est long-temps entretenu avec ces honorables industriels , a examiné avec le plus grand soin les produits de ces divers établissemens, et a prouvé par des paroles pleines de bienveillance tout l'intérêt que sa famille prend aux progrès du commerce.

Le Prince s'est ensuite retiré par la rive gauche du Gave; il a trouvé partout sur son passage les mêmes préparatifs et le même empressement. Arrivé au haras départemental de Lezons, M. de Perpigna, directeur de cet établissement, a fait passer sous ses yeux nos belles jumens et quelques-uns de leurs produits. S. A. B. a mar nifesté tout ce qu'une pareille fondation pouvait exercer d'influence pour la régénération de la race Navarrine ; il a surtout remarqué Valetine qui a déjà remporté de si beaux triomphes.

De là, le Prince s'est rendu au dépôt d'étalons de Gelos, qu'il a examiné dans les mêmes détails. Il a paru satisfait de la tenue de cet établissement, et a fait espérer qu'il contribuerait de toute son influence à lui faire obtenir d'autres beaux chevaux qui, réunis à ceux que nous avons obtenu depuis quelque temps, auront pour résultat de placer bientôt ce dépôt à là hauteur qu'il mérité d'occuper dans nos contrées.

Rentré à Pau vers trois heures après-midi, S. A. R. après s'être reposée pendant quelques instans, a fait prévenir M. le Proviseur du Collége que la distribution des Prix pour laquelle on l'avait attendue, pouvait commencer, qu'elle ne tarderait pas à s'y rendre. Aussitôt, M. le Proviseur a prononcé d'une voix ferme et sonore

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un discours élégamment écrit, où se trouvent ramenées, avec un rare' bonheur de pensées, les principales considérations qui doivent graver à jamais, dans le souvenir de la jeunesse Béarnaise, le souvenir des journées mémorables dont notre Pays vient d'être le témoin. — M. le Proviseur venait à peine d'achever une allocution aux élèves, lorsqu'un mouvement électrique qui s'est manifesté dans l'assemblées annoncé l'approche de Monseigneur. Aussitôt la musique du régiment a fait entendre une marche mititaire, les principaux chefs du Collége sont allés audevant du Prince , et bientôt il a paru accompagné du même cortège de notabilités, auxquelles était venu se joindre M. le duc Decazes , qui a voulu venir de Bordeaux pour assister à nos solennités. S. A. R. a dû être agréablement surprise, après des courses si fatigantes, de se trouver, sous la voûte d'un grand bosquet de chênes séculaires, où l'on avait ménagé, avec beaucoup de goût, une salle d'un nouveau genre, pour la distribution. Plus de douze cents dames, des pères de famille, s'y trouvaient commodément assis. Toute l'assemblée s'est levée à l'arrivée de S. A. R. , et l'a saluée des cris de vive le Roi ! Parvenue à la place qui lui avait été préparée, le Prince a. daigné décerner de sa main le Prix d'honneur de Philosophie. D'autres élèves ont été couronnés par les, principaux dignitaires qui accompagnaient le Prince. Après avoir assisté à la distribution des prix jusqu'à la 3.e, et témoigné toute sa satisfaction de ce qu'il avait vu, le Prince s'est retiré avec le même cérémonial.

Son Altesse est allée ensuite visiter l'Hospice, et là, elle a donné de nouvelles preuves, auprès du lit des malades, de sa générosité, de la bonté de son coeur. C'est surtout dans cet asile des souffrances, en s'entretenant avec les soeurs respectables de St-Vincent de Paule, qu'on a pu reconnaître un petit-fils d'Henri IV.

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Une dernière visite: restait à faire à celui qui vient nous rendre son image vénérée ; c'était l'humble maisonriette où ce grand : prince suça d'une paysanne de Bilhère le lait des héros. Après avoir rempli ce devoir religieux avec tout le respect que peut inspirer la piété filiale ; S. A. R. s'est rendue à la caserne et enfin est rentrée pour dîner à la Préfecture, pouvant dire qu'elle n'avait pas perdu sa journée.

Dans la matinée, M. Castetnau, adjoint, avait réuni au Cercle tous les enfans des Ecoles de la ville, afin de distribuer aux 4 sujets de ces écoles reconnus les plus mérilaus , les livrets de la caisse d'épargne accordés par le Conseil Municipal. Cette cérémonie a été fort intéressante. M. Gastetnau a adressé à ces enfans une touchante allocution, dans laquelle il leur a donné de: sages conseils, d'excellens préceptes, qui certainement ne seront pas perdus pour l'avenir.

Dans raprès-midi, il y a eu spectacle gratis, orchestres de danse à la Porte-Neuve et à la Haute-Plante, exercices de saltimbanques, mât de cocagne sur la place Henri IV, et ascension de ballon, dans. la. soirée. Tous ces divertissemens avaient attiré de nombreux spectateurs.

Bal du Château.

Parmi les fêtes brillantes auxquelles l'inauguration de là statue d'Henri IV vient de donner lieu, celle-ci a été une des plus magnifiques.

Quand on songe au délabrement dont le Château de Pau donna pendant tant d'années l'affligeant spectacle, et à la riche transformation qu'il a subie, grâce à la munificence d'un Roi, protecteur éclairé de tout ce qui

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se recommande au culte des souvenirs nationaux, on est amené à une bien respectueuse reconnaissance envers le souverain qui a déjà tant fait: pour notre ville.

C'était en 1787 , que fut donnée au Château la dernière dès: fêles qui précédèrent la révolution. Elle avait eu lieu à la rentrée d'exil du Parlement de Navarre. Entre cette fête et celle offerte aux habilans de Pau par le prince de Montpensier, 60 ans s'étaient écoulés , toute une génération s'était éteinte.

 

 

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Le pèlerinage roumain de Ste Parascheva

10 Octobre 2020 , Rédigé par CC

Le gouvernement roumain interdit, pour cause de Covid 19, le pèlerinage en Moldavie roumaine à Iasi auprès des reliques de Sainte Parascheva du 14 octobre, pèlerinage très populaire qui en 2019 attirait 40 000 personnes.

Parascheva (aussi appelée Petka dans le monde slave) a vécu dans la première moitié du XIe siècle. Le premier enseignement sur la vie de cette Sainte se trouve dans le «Manuel roumain» du métropolite Varlaam de Moldavie, en1643. St. Parascheva est née à Epivata, aujourd'hui Selimpaşa, sur les rives de la mer de Marmara, près de Constantinople. Les parents de sainte Pieuse Parascheva étaient des gens fidèles, vivant dans la crainte de Dieu, la poussant à pratiquer la prière, le jeûne et l'aumône. Un des frères de Parascheva, après avoir appris le livre, est devenu moine sous le nom d'Eftimie et a été élu évêque à Madite. La légende raconte qu'à l'âge de dix ans, la sainte entendit la parole de l'Évangile : «Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. »(Marc 8:34). La pieuse s'est alors retirée "dans les profondeurs du désert" et a distribué tous ses vêtements aux pauvres. La sainte a ensuite hérité d'une grande fortune de ses parents avec son frère, et la sainte a donné sa part aux pauvres, «laissant la beauté de ce monde» et se retirant dans «les profondeurs du désert». A Constantinople, où il a entendu les enseignements de moines et de nonnes notamment pendant 5 ans au monastère de Notre-Dame d'Héraclée du Pont, et de là, puis en Terre Sainte, dans un couvent de religieuses dans le désert du Jourdain.  un ange lui apparut dans ses rêves, lui disant de retourner dans sa patrie d'origine. Elle retourna à Constantinople, et vécut dans le village de Kallikrateia, dans l'église des Saints Apôtres. Elle mourut à l'âge de 27 ans.  Elle fut enterrée comme une étrangère, personne ne savait qui elle était vraiment, mais Dieu, voulant la glorifier, a révélé le visage de cet étranger.

La tradition raconte qu'un marin étant mort sur un bateau, son corps a été jeté à la mer. Les vagues l'amenèrent sur le rivage et un ermite qui vivait demanda à des chrétiens de l'enterrer. Ils creusèrent une fosse et découvrirent le corps incorrompu et plein de parfum. A côté d'elle, ils mirent le corps du marin, celui qui sentait mauvais. Mais la nuit suivante, l'un des chrétiens qui avaient creusé la fosse, Georges, vit une reine en rêve, assise sur une chaise éclairée et entourée de nombreux anges. Elle lui dit: "Georges, pourquoi n'avez-vous pas ** le corps de Saint Parascheva? Ne savez-vous pas que Dieu aimait sa beauté et voulait la glorifier sur terre?"

Une fidèle, Eftimia (Eutymie), eut la même vision la même nuit, et le lendemain, ils racontèrent les deux l'histoire à tout le monde. Les fidèles comprirent que c'était un signe divin et transférèrent le corps de la sainte à l'Église des Saints Apôtres d'Epivata. Sans le savoir ils auraient construit çà cet effet une église là même où vivaient les parents de la sainte. De nombreux miracles s'y produisirent. En 1218-1241, les reliques de la Pieuse Parascheva furent déplacées d'Epivata à Tarnovo, la capitale de l'empire roumano-bulgare, ville devenue entre-temps la résidence patriarcale.Elles y restèrent 160 ans. Puis fuyant l'avancée turque, on les plaça à Belgrade, où elles furent jusqu'à l'invasion turque de 1521. Elles circulèrent ensuite d'église en église. Le 13 juin 1641, elles séjournèrent dans l'église du Monastère des Trois Hiérarques à Iasi jusqu'à ce qu'elles réchappent miracueusement à un incendie, puis un sanctuaire fut construit en 1884.

La tradition populaire interdit aux femmes de faire les tâches ménagères et de repasser ou coudre le jour de la Sainte Parascheva. On dit que si elles ne tiennent pas compte de cela, les femmes auront des maux de tête et des douleurs oculaires, et des verrues sortiront de leurs mains si elles cousent. Les tailleurs des vêtements de Sainte Parascheva jeûnent généralement avant de commencer à travailler sur le vêtement dans les ateliers de l'archidiocèse. Les reliques de Sainte Parascheva sont habillées selon les rituels de l'église, auxquels participent seuls les prêtres de l'Église métropolitaine de Moldavie et de Bucovine.  Sous les vêtements dans lesquels la sainte est habillée, les reliques portent encore une autre tenue, qui ne se détache jamais. La tenue a un sceau sur lequel est écrite la malédiction du souverain Basile le Loup, mais aussi du métropolite Varlaam, qui a dit: "Maudit soit celui qui dispersera jamais les reliques de la Sainte Pieuse Parascheva". Les vêtements du Pieux Parascheva sont changés cinq fois par an et sont donnés par le Métropolite de Moldavie Teofan à certaines églises dédiées à Sainte Parascheva.

La sainte est associée à St Jean Baptiste, et qualifiée d' "ange sur terre" comme lui.

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Au delà du naturisme... l'occultisme et l'unification planétaire

9 Octobre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps, #Généralités Nudité et Pudeur, #Histoire secrète, #Histoire des idées

Un prêtre dans une conférence du Club 44 sous le titre "La naturisme, un style de vie", le 17 avril 1980, le père Dominique Biondi, habitué de Montalivet,défend le naturisme, puis dit du bien de l'alchimie, du spiritisme, de la prière commune avec toutes les religions à travers le monde (dans l'esprit de ce que la Société de Théosophie et le Lucis Trust ont inspiré au niveau de l'ONU par exemple avec La Journée de la Terre), lâche, à la minute 1h20mn :"C'est comme une mission qui m'a été donnée, mais c'est une mission accessoire. J'ai parlé du naturisme ce soir parce que vous me l'avez demandé, mais il n'empêche que dans mon message naturiste je pense que vous avez compris qu'il y a autre chose et qu'il y a davantage dans ma tête que le fait de se mettre à poil dans un coin de plage, n'est-ce pas ?"

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Le Saint Suaire et le décès de Jésus par infarctus

6 Octobre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme

J'ai présenté il y a plus de trois ans les travaux d'Arnaud-Aaron Upinsky sur le Suaire de Turin. Il faut aussi se reporter à la intervention du Dr Piero Pescetelli à la conférence "La Sindone: un mosaico di ricerche", le 11 mars 2017.

Il s'agissait d'une conférence dont l'intitulé peut se traduire par "Le Suaire: une mosaïque de recherches - Approche multidisciplinaire de l'étude du Linceul". Elle était organisée par l'Académie Pontificale Alphonsienne (une académie pontificale romaine qui dispense une formation en théologie morale, qui était la puissance invitante), les Amis romains du Linceul et In Novitate Radix.

Pietro Pescetelli, chirurgien intermédiaire, est diplômé de l'Université catholique du Sacré-Cœur de Rome, spécialiste en cardiologie et médecine interne, directeur émérite des unités opératoires de gériatrie et de soins de longue durée de l'hôpital d'Agnone.

La conférence est en italien, mais se comprend assez bien avec une oreille française. Un des apports intéressants de la conférence est le décès par infarctus sur la croix et non par étouffement de Jésus, qu'on déduit du suaire de Turin, comme il se manifeste aussi dans les maculations de sang des hosties consacrées (il est maintenant possible de savoir de quoi est mort celui dont les cellules sanguines sont prélevées sur les hosties). Je vous laisse écouter la conférence ci-dessous.

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Les Cercles qui se réclament du Padre Pio

30 Septembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Médiums, #Histoire secrète

On a évoqué il y a six mois sur ce blog les Cercles Bruno Gröning (1906-1959) qui organisent une sorte de présence du grand médium guérisseur dans les assemblées qui se réclament de lui et par lesquelles le fondateur mort poursuit son oeuvre de guérison. Sans doute les chrétiens diraient-ils que les hérétiques ne font qu'imiter les oeuvres de Dieu, mais j'ai été surpris d'apprendre hier en écoutant une émission sur You Tube de l'association "Le Sentier de la Croix Glorieuse" (lié à Dozulé) que, dans le giron de l'Eglise catholique il existe autour de Padre Pio (1887-1968), le même genre de cercle très discret et confidentiel qui se réunit dans les monastères de capucins à travers le monde (par exemple, à date fixe à Paris, le deuxième samedi de chaque mois dans l'après midi, 32 Rue Boissonade, dans le 14ème arrondissement et le 3ème vendredi de chaque mois à St Nicolas des Champs).

L'émission renvoyait au livre "Le Secret de Padre Pio", paru en 2013, que je me suis empressé d'acheter.

Comme le met en exergue la quatrième de couverture du livre, «le 13 mai 1981, Ali Agca tire sur Jean-Paul II. C'est un excellent tireur et pourtant cet assassinat échoue. Le tueur turc révèle alors : " (...) à côté de moi, il y avait une sœur qui, à un certain moment, m'a pris le bras droit, c'est pourquoi je n'ai pu continuer à tirer. Autrement, j'aurais tué le Pape."
Antonio Socci, en lisant ces mots, est saisi : qui est cette sœur ? Il mène alors l'enquête et remonte à sœur Rita, fille spirituelle de Padre Pio. Comment obtint-elle le « salut » d'un grand pape ?».

Antonio Socci, journaliste à la RAI, rappelle qu'une des deux premières balles, celle qui a touché le pape, a filé en zigzag dans le ventre et a évité de très peu l'aorte du pape. Ce que le pape a attribué à l'intervention de Notre Dame de Fatima, dont on célébrait l'anniversaire de la première apparition.

Socci s'est intéressé à la religieuse qu'Agca a vue à côté de lui au moment où il tirait. En rangeant des dossiers, il tombe sur l'histoire de Cristina Montella (soeur Rita Montella), "la petite fille du Padre Pio", stigmatisée en 1935, décédée en 1992 et qui avait le même âge que le pape. Il a enquêté en Toscane auprès du père Franco d'Anastasio, recteur du sanctuaire de Saint Gabriel de l'Addolorata (le saint patron des Abruzzes, mort en 1862). Tout de suite après 1981, soeur Rita confia au père Franco, lors d'un entretien - en lui faisant promettre d'en garder le secret jusqu'à sa mort), qu'elle avait été présente, en bilocation, sur la place Saint-Pierre, le 13 mai 1981. Elle avait ajouté : "Avec la Sainte Vierge, je déviai le coup de l'auteur de l'attentat contre le pape". Ce témoignage a déjà été cité dans 3 livres en Italie dans les années 2000).

Une autre fois soeur Rita dit à son amie Gabriella Panzani : "Comme il me fut difficile de faire en sorte que ce ne soit pas plus grave." Socci l'interprète ainsi (p. 18) : c'est à force de prières et de lourdes pénitences que soeur Rita obtint de pouvoir empêcher l'assassinat du pape, parce que la souffrance volontaire peut "faire violence à la justice de Dieu" (Mt 11:12, Romains 12:1).

Ali Agca a parlé de cette soeur qui retenu son bras, et Adriano Sofri dans la revue Panorama en 1997 a aussi évoqué cette religieuse qui s'est ensuite volatilisée.

Dans l'Echo de Bergame du 10 janvier 2006, Soeur Lucia Giudici, la soeur qui a arrêté le tueur et que Socci a pu interviewer en 2007, a confirmé qu'elle était à 10 m derrière lui quand il a tiré et que donc ce n'est pas elle qui a retenu son bras.

L'histoire de Soeur Rita permet de mieux comprendre la postérité du Padre Pio et son secret. Lucia Forentino, tertiaire franciscaine, morte en 1934 à 45 ans, qui avait des locutions intérieures et s'était offerte comme victime pour l'apostolat de Padre Pio a témoigné que Jésus en 1923 lui a dit que Padre Pio était l'arbre qui recouvrirait le monde entier qu'il lui avait annoncé en 1906. Maria Francesca Foresti (1878-1953), franciscaine qui connut Padre Pio en 1919, affirme que Jésus en rêve lui dit qu'il sauva l'Italie d'une révolution communiste grâce à la prière de Padre Pio (qu'il qualifie de "parfait imitateur" de sa vie) en 1920 (p. 27). Padre Pio lui-même a fait savoir à Giovanni Bardazzi (un ancien communiste qui amenait toutes les semaines des gens au Padre Pio) qu'il donnerait plus après sa mort. Le rôle de Soeur Rita s'explique d'autant plus qu'en avril 1948, Padre Pio avait dit à Wojtyla, 30 ans avant qu'il ne devînt pape : "Tu deviendras pape, mais je vois aussi sur toi du sang et de la violence".

Avant sa disciple Rita, Padre Pio avait été un habitué des bilocations. Il avait même précisé ceci à ses frères en 1922, veille de la fête de St Antoine : sans savoir si c'est le corps ou l'âme qui se déplace (bilocation objective/subjective), ils se sentent se déplacer. Resté à San Giovani Rotondo, en méditation, il avait été vu ailleurs et des gens avaient parlé avec lui. Le 18 janvier 1905, alors qu'il est étudiant en philosophie dans un couvent de Pianisi, vers 23 h tout en discutant avec un frère il est transporté das une maison seigneuriale où un père meurt et une enfant nait. La Sainte vierge la lui confie en disant que cette enfant très pure ira vers lui à Saint Pierre de Rome. Le Padre Pio le note dans son journal un mois plus tard (que le père Agostino de San Marco allait conserver).

C'est la marquise Rizzani Boschi. Sa mère lui raconta qu'effectivement quand elle accoucha dans la cour de leur château en 1905 avant le dernier soupir de son mari, elle aperçut un capucin.  La marquise chercha à se confesser en vain auprès d'un capucin (qui était Padre Pio mais elle l'ignorait) en 1922 à Saint Pierre de Rome puis alla le voir à San Giovani Rotondo. Quand elle devint franciscaine tertiaire Padre Pio la nomma Jacopa du nom d'une femme qui avait vu mourir St François d'Assise, et lui annonça qu'elle assisterait à sa mort, ce qui se passa en septembre 1968 (puisqu'elle entendit la voix du père, ce qui la poussa à se rendre à San Giovani Rotondo, puis le 22 septembre elle eut la vision de la mort du capucin, avec les gens qui y étaient présents, elle se réveilla brusquement, se rendit à sa cellule et apprit qu'il était mort. Elle avait donc assisté elle aussi à son décès par une forme de bilocation.

Le Padre Pio avait fait plusieurs bilocations à Lourdes sans jamais sortir de son couvent, et pouvait en décrire le sanctuaire. Il priait fréquemment en bilocation avec soeur Rita Montella. Il apparut au général Cardona, chef d'Etat major catholique de l'armée italienne en Vénétie quand celui-ci voulut se suicider après la défaite de Caporetto. A partir de 1949 il assista aussi le primat de Hongrie incarcéré par les communistes dans sa geôle et lui apporta ce qui était nécessaire pour qu'il dise sa messe.

Les disciples du Padre Pio partagent les mêmes charismes. Mais à la différence des cercles de Bruno Gröning, ils le paient d'un prix élevé : ils se font "victimes" expiatoires pour le reste de l'humanité, comme Antonietta Vona (1886-1949) qui vivait allongée sur un lit, le corps recouvert de multiples plaies, ou une certaine "Laura" (pseudonyme), née en 1988, future mère de famille que le journaliste a rencontrée en 2005. Ces charismes se payent au prix fort : des souffrances horribles notamment au moment des célébrations des messes où les "victimes" revivent les souffrances de Jésus-Christ sur la croix.

A l'été 1994, une femme "victime", et employée d'un hôpital, qui était sous la guidance spirituelle du père Gabriele Amorth (1925-2016), exorciste du diocèse de Rome, annonça qu'aux portes de Rome une statuette de la Sainte Cierge (celle qu'avait achetée à Medjugorje le curé de Pantano et qu'il offrit à une famille de Civitavecchia en septembre 1994) pleurerait des larmes de sang, ce qu'elle fit à plusieurs reprises à partir du 2 février 1995, mais qu'avec des prières l'Italie éviterait la guerre civile. Selon Socci, le sacrifice de ces victimes joue un rôle cosmique spécial pour l'Italie, la papauté, et le monde. C'est, à n'en pas douter, un des aspects les moins connus de l'histoire contemporaine, et même de celle qui s'enseigne dans les milieux catholiques.

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Les "guides" qui interdisent les doutes...

29 Septembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Médiums

Il y a peu je signalais que Saint Augustin sur certains points mettait en doute le fait que les expériences spirites puisse procéder uniquement de simulacres créés par des "esprits familiers", du moins lorsqu'elles sont involontaires.

En revanche pour ceux qui en font leur métier (les médiums) le soupçon à ce sujet peut quand même être maintenu, semble-t-il. Je crois que le dernier message du médium Reynald Roussel à ce sujet plaide dans ce sens.

A la minute 5'27 de la vidéo intitulée "Le contact spontané du médium" posé le 12 septembre 2020 (cf ci-dessous), il explique : "A un moment donné de ma vie, il y a pas très longtemps j'ai douté, je me suis dit est-ce que tout ça ça sert vraiment à quelque chose, est-ce que tout ça ce n'est pas fait exprès ? Et comme j'ai douté, je me suis fait rappeler à l'ordre par mes guides. Ha ! Ils m'ont dit 'on va tout te couper. Tu n'auras rien plus rien du tout, ça va te manquer'. Mais j'ai eu une période de doute, ça veut dire que je suis humain. Voilà".

Des "guides" qui menacent le médium qui ne croit pas que les morts qu'il voit sont vraiment des morts et qui soupçonne une mise en scène... Peut-on croire en une "vérité" imposée sous la menace ?

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"Une souris verte" : lecture alchimique/lecture nazaréenne

24 Septembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Histoire secrète, #Alchimie

Il existe au moins deux versions de la comptine "Une souris verte" que chantent nos enfants depuis le XVIIIe siècle. L'une est alchimique (démoniaque, d'un point de vue chrétien), l'autre biblique (divine) explicitement conçue pour neutraliser les effets pervers de l'occultisme actuel sur les âmes jeunes.

Commençons par la version alchimique, présentée notamment par Patrick Burensteinas et reprise sur You Tube par l'auteur du Blog Mysteria (cf ci dessous) en octobre 2018.

En alchimie le vert est la connaissance des choses cachées. "Une souris verte", c'est "le vert vous sourit" (dans la "langue des oiseaux") . La première phrase signifie donc : "il y a une chose cachée, ça se situe à tes pieds".

"Je l'attrape par la queue" : attrape la pierre (dans les cuisines il y avait des maîtres queue, qui aiguisaient les couteaux avec une queue de rat, en pierre, donc la queue c'est une pierre).

"Je la montre à ces messieurs" : regarde la nature et apprends d'elle (car messieurs, ce sont mes cieux, c'est à dire le divin naturel)

"Ces messieurs me disent" : la nature te dit

Trempez la dans l'huile, trempez la dans l'eau : travaille sur tes émotions, élève ton esprit l'huile est un soufre, visqueux, et l'eau un mercure, donc l'une symbolise les émotions, l'autre l'esprit)

"Ca fera un escargot tout chaud" : tu trouveras la pierre philosophale. Une escarre c'est une brûlure. Gal veut dire pierre, comme dans galet. La pierre brûlée est la pierre des philosophes quête ultime des alchimistes.

Qu'en disent les nazaréens (qui veulent restaurer le christianisme hébraïque des apôtres - en fait ils récusent même l'expression christianisme) ? L'enseignant Ezra de Nevilot Olam précise qu'il cherche à contrer là le "conditionnement" par les alchimistes et par les francs-maçons (notamment leurs jeux de mot sur le "colimaçon bâtisseur" qui est souvent avancé par eux).

La souris du point de vue de la Torah n'est pas un rongeur, mais un ruminant, comme tout animal qui remange plusieurs fois sa nourriture, or la souris mange ses excréments. Elle symbolise les gens dans le monde : les gens pas sauvés. Elle est dite verte, qui est la couleur associée à la mort, à ce qui pourrit, comme le cavalier vert pâle de l'Apocalypse. Elle est verte dans une herbe verte, donc complètement indiscernable, spirituellement perdue dans un monde qui va vers sa mort.

En hébreu la nature se dit en hébreu talmudique "teva' " ou hateva si l'on en croit le site judaïsme.sdv.fr (les nazaréen rejetant le talmud il est bizarre qu'ils aient recours à ce terme, mais bon...) dont la racine est "tb" qui dans diverses langues sémitiques fonde le verbe qui renvoie à l'idée de se noyer (Exode 15:4), s'enfoncer (I Samuel 17: 49).

La souris est l'incroyant mort dans cette eau du monde. D'où le sens de la tevila ou t'vilah (immersion au mikveh dans l'Ancien testament, baptême d'eau chez les chrétiens), qui symbolise la sortie de l'eau (Colossiens 2:12), c'est pourquoi Yeshoua/Jésus dit que les apôtres doivent être des pêcheurs d'hommes (Matth 4:19) parce que l'homme doit être sorti de l'océan où il meurt : noyé dans la nature, il devient surnaturel en en sortant. C'est pourquoi Jésus marche sur l'eau tandis que Pierre coule lorsqu'il ne croit pas. La souris court parce qu'elle est perdue, elle n'a pas le temps d'écouter. C'est pourquoi la voix de Dieu s'entend dans le désert où on ne court pas.

"Je l'attrape par la queue" est symbole de la conversion, de la techouva, תשובה (metanoia en grec). techouva signifie qu'on se retourne (שׁוּב (shuv). La souris est retournée avec la tête en bas. L'évangélisateur (insiré par l'Esprit) qui attrapé par la queue, va la montrer à ces messieurs : le Beit Din ( בית דין) tribunal religieux (Deutéronome 16:18) qui évalue la sincérité du repentir et de la conversion.

Le Beit Din dit à l'évangélisateur de la tremper dans l'huile et dans l'eau. Normalement c'est l'inverse, on commence par l'eau sauf dans Actes 10 où le centurion Corneille reçoit le baptême de l'esprit avant celui de l'eau. L'huile est le baptême de l'esprit, après la tevila d'eau qui correspond à la repentance.

Ezra reprend ensuite escarre-gal comme l'alchimiste, et lui donne le sens de pierre blessée (qui est plus rigoureux que pierre brûlée chez l'alchimiste car une escarre est une blessure et non une brûlure). Cela renvoie à Nombres 10:11 : "Puis Moïse leva la main et frappa deux fois le rocher avec sa verge. Il sortit de l'eau en abondance. L'assemblée - kehilla קהילה  -  but, et le bétail aussi." "Ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ" (1 Cor 10:4). L'escargot ressemble à une pierre, et il laisse de la bave derrière lui, qui est de l'eau et d'ailleurs la bave de l'escargot redonne vie aux cellules, elle les regénère. L'escargot ne court plus, il est posé. Et il est chaud comme du pain frais est chaud. Il est tout nouveau, comme le pain de vie qui descend du ciel. Le rocher est comme le pain (le pain hébraïque avait la forme d'un rocher).

L'interprétation de l'enseignant nazaréen porte aussi sur la strophe suivante que n'examinait pas l'alchimiste : elle est dans un tiroir  obscur qui est la nuit spirituelle, la tentation, la confrontation aux Ténèbres, comme Jésus au désert pour tester la teshouva. Elle a chaud dans le chapeau : ça c'est le test physique par les persécutions. Les trois petites crottes dans la culotte ne sont plus mangées, la souris ne mange plus ses excréments comme au début. Trois crottes parce qu'il y a une triple sanctification "esprit-âme-corps" (1 Thessalonicien 5:23). Ezra remarque aussi que la spirale de la coquille de l'escargot est aussi celle de la galaxie ("pierre de l'axe", pierre de fondation du Temple dans Psaume 118:22 qui est Jésus rejeté par les francs-maçons bâtisseurs).

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Encore un mot sur le texte de Saint Augustin et les nécrophanies

22 Septembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Médiums, #Christianisme

Je repense à ce texte de Saint Augustin que je citais la semaine dernière.

Je veux bien adhérer à sa conclusions : qu'il ne faut pas chercher à savoir (encore que je peine à comprendre pourquoi il ne donne pas de raison à cet impératif, qu'il semble avoir découvert sur le tard). Mais tant qu'à ne point savoir, je dois au moins me défaire de la fausse connaissance que je traînais au cours des dernières années sous la foi de ce que disait un personnage à maints égards très suspect : Allan Rich. En écoutant ses enseignements, je m'étais mis en tête que les esprits des morts qui apparaissent aux spirites sont des "esprits familiers" "obh". Et ils étaient connotés négativement pour nous égarer. Mais cela semble trop simpliste.

L'âme du père de mon amie ivoirienne ne lui a rien fait faire de blâmable, ni du point de vue musulman qui était sa religion, ni du point de vue chrétien, quand il lui a enseigné où se trouvait sa tombe et comment lui rendre des honneurs mortuaires. Cela n'a détourné mon amie d'aucune bonne action, ni d'aucune bonne croyance (elles est au contraire devenue plus religieuse après cela), et elle n'est pas du tout devenue "accro" au spiritisme : elle ne s'est pas du tout tournée vers cela une fois qu'elle s'est acquittée de ce devoir. Elle a repris une existence de labeur vertueuse orientée vers la vie et l'avenir.

C'est exactement le même cas de figure que lorsque St Augustin évoque les morts sans sépulture qui apparaissent pour en obtenir une. Il n'y a tellement rien de blâmable à cela (et notez que cela n'a rien à voir avec la nécromancie), que même l'évêque d'Hippone en vient à la conclusion que l'apparition du mort dans ce cas peut être une "intervention d'un ange"... Mais si c'est un ange, pourquoi l'ange se dissimule-t-il sous les traits du défunt plutôt que d'annoncer directement la couleur sous son identité véritable ou même sous les traits d'un inconnu ?

Le Goff signale que le Moyen Age allait en venir à l'idée que le mort bénéficiait d'autorisations spéciales de sortie du purgatoire pour délivrer ce genre de message. On sent bien qu'il y a là quelque chose de mystérieux, qui peut faire signe éventuellement à une "démultiplication du mort" (entre la part qui reste sous la sentence du jugement et celle qui rôde encore près des vivants).

Notez que ce n'est pas plus simple à concevoir que, pour les vivants, cette notion du "double éthérique" que pointe aussi Augustin à propos des manifestations des vivants à d'autres vivants...

Tout cela renvoie aussi à cette complexité des expériences de mort imminente, toutes très diverses, entre ceux qui se retrouvent aux portes de l'Enfer comme le prof d'histoire de l'art accidenté à Paris dans les années 1980 ou la colombienne frappée par le foudre Gloria Polo (pour la plus grande joie pédagogique de l'Eglise), et ceux qui, entourés de leurs chers disparus, ont l'impression qu'il n'y a pas d'enfer du tout.

J'entendais tantôt le témoignage de René Volken, qui raconte comment son épouse récemment défunte lui a "préparé" une relation avec une autre femme peu de temps après sa mort, en le lui disant une expérience de mort imminente, tout en provoquant aussi quelque chose chez l'autre femme au moment de l'EMI. Là pour le coup on peut se demander si ce n'est pas un esprit mauvais ou un démon qui arrange ce genre de combinaison qui n'a pas vraiment l'aval de la morale chrétienne. Mais si je cite ici cette histoire, c'est parce qu'elle réunit en elle les deux dimensions du texte d'Augustin : celle de l'apparition du mort au vivant (encore que le vivant ne soit plus trop vivant puisqu'on se trouve en situation d'EMI), et celle de la manifestation d'un vivant à un autre vivant : puisque juste après que sa femme morte lui eut parlé, il "voit" la nouvelle femme (vivante) censée prendre la relève qui lui pose la main sur le front, et lui même apparaît à la femme qui se trouve en vacances à l'étranger...

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La position de Saint Augustin sur les "apparitions des morts"

16 Septembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Médiums, #Christianisme, #Histoire des idées

J'ai évoqué dans mon livre sur les médiums le cas de cette amie ivoirienne que le  fantôme de son père défunt guida jusqu'à sa tombe dont elle ignorait la localisation en 2015.

Je tombe ce soir sur ce que Saint Augustin disait de ce phénomène dans la seconde partie du "De cura pro mortuis gerenda" (telle que traduite par Jacques Le Goff dans "La naissance du Purgatoire" (Gallimard, 1981) :

"On raconte certaines apparition qui me paraissent annexer un problème non négligeable à cette discussion. On dit que certains morts se sont montrés, soit pendant le sommeil, soit de toute autre manière, à des personnes vivantes. Ces personnes ignoraient l'endroit où leur cadavre gisait sans sépulture. Ils le leur ont indiqué et les ont priés de leur procurer la tombe qui leur manquait. Répondre que ces visions sont fausses, c'est paraître contredire avec impudence les témoignages écrits d'auteurs chrétiens et la conviction des gens qui affirment en avoir eues."

La thèse de St Augustin est que ce ne sont pas les morts eux-mêmes qui apparaissent. "Je serais porté à croire, au sujet de ces apparitions, à une intervention des anges qui, avec la permission ou sur l'ordre de Dieu, font savoir au rêveur que tels morts sont à ensevelir et cela à l'insu des morts eux-mêmes".

Il évoque à ce sujet une anecdote : "Etant à Milan, j'ai entendu raconter qu'un créancier, pour se faire rembourser une dette, se présenta avec la reconnaissance signée par le débiteur qui venait de mourir au fils de ce dernier. Or la dette avait été payée. Mais le fils l'ignorait et il entra dans une grande tristesse, s'étonnant que son père, qui avait fait pourtant son testament, ne lui en eût rien dit à sa mort.

Mais voilà que dans son extrême anxiété il voit son père lui apparaître en songe et lui indiquer l'endroit où se trouve le reçu qui avait annulé la reconnaissance. Il le trouve, le montre au créancier et non seulement repousse sa réclamation menteuse, mais rentre en possession de la pièce qui n'avait pas été rendue à son père au moment du remboursement. Voilà donc un fait où l'âme du défunt peut passer pour s'être mise en peine de son fils et être venue à lui pendant son sommeil pour lui apprendre ce qu'il ignorait et le tirer de sa grande inquiétude."

Il rapproche ce point de la question de l'apparition des vivants à d'autres vivants (et qui pose celle du "double éthérique", me semble-t-il) : "A peu près vers l'époque où on nous raconta ce fait, ajoute-t-il, et quand j'étais encore établi à Milan, il arriva à Eulogius, professeur d'éloquence à Carthage, mon disciple en cet art, comme il me l'a rappelé, l'événement suivant dont il me fit lui-même le récit, à mon retour en Afrique. Son cours portant sur les ouvrages de rhétorique de Cicéron, il préparait sa leçon pour le lendemain ; il tomba sur un passage obscur qu'il n'arriva pas à comprendre. Préoccupé, il eut toutes les peines du monde à s'endormir. Or voilà que je lui apparus pendant son sommeil et lui expliquai les phrases qui avaient résisté à son intelligence. Ce n'était pas moi, bien sûr, mais, à mon insu, mon image. J'étais alors bien loin, de l'autre côté de la mer, occupé à un autre travail ou faisant un autre rêve et n'avais cure le moins du mon de ses soucis.

Comment ces deux faits se sont-ils produits ? Je l'ignore".

Saint Augustin ajoute avec beaucoup de prudence : "Si quelqu'un m'avait répondu par hasard par ces mots de l'Ecriture : 'Ne cherche point ce qui est trop haut pour toi, ne scrute pas ce qui est trop fort pour toi, contente toi de méditer sans cesse les commandements du Seigneur' (Ecclésiaste, III, 22), j'aurais accueilli ce conseil avec reconnaissance. Ce n'est pas, en effet, un mince avantage, quand il s'agit de points obscurs et incertains qui échappent à notre compréhension, d'avoir tout au moins la claire certitude qu'il ne faut pas les étudier et, quand on veut s'instruire dans la pensée de savoir quelque chose d'utile, qu'il n'est pas nuisible d'ignorer."

Etrange que Saint Augustin évoque la possibilité du "hasard" dans les enseignements qu'il pouvait recevoir à ce sujet...

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Médiumnité et christianisme : la filiation de Saint Cyriaque

9 Septembre 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Médiums, #Christianisme

Dans le sillage de mon livre sur les médiums, je continue de m'interroger sur le rapport entre médiumnité et christianisme. J'ai déjà souligné certaines contradictions comme le fait que Sylvie Simon ait entendu la mystique Marthe Robin reconnaître la présence d'extraterrestres près de sa maison, ou que le Padre Pio avait encouragé Mademoiselle Bouvier à persévérer dans sa vocation de spirite.

J'en ai "parlé" par mail à un exorciste d'évêché dont je tairai le nom : on peut faire dire ce qu'on veut aux mystiques morts m'a-t-il répondu en substance. Accuser à la légère quelqu'un de mensonge même sous forme de sous-entendu est un péché grave dont ce prêtre devrait se repentir s'il ne veut pas que cela ne gâche son activité d'exorciste (au passage cela ne grandit pas à mes yeux cette profession et conforte l'idée que certains exorcistes d'évêché chassent peut-être des démons à l'aide d'autres démons !).

J'ai été à nouveau troublé la semaine dernière de constater que feu le père Mathieu, capucin exorciste franc-comtois, dans une vidéo mise en ligne sur YouTube en 2017 (cf ci dessous), tout en disant le plus grand mal des magnétiseurs, reconnaissait avoir réalisé certains de ses exorcisme avec la Soeur de Boujailles décédée en 2015 et connue pour avoir été une guérisseuse et magnétiseuse toute sa vie. Désireux d'apprendre à faire la part du sacré et du diabolique dans ces affaires après mes expériences "bizarres" que j'ai vécues entre les mains des magnétiseurs en 2015, j'en ai interrogé un qui a connu la soeur de Boujailles.

Il m'a aimablement répondu ce matin. Il observe que "la religion catholique est très fermée concernant toutes ces pratiques divinatoires, guérisseurs... tous ces courants new age y mettant une odeur de soufre, (...) il  n'empêche que dans ma pratique, j'ai déjà été consulté par des prêtres, soeurs... qui de ce fait ont une approche plus sereine..." J'avoue que l'argument en soi ne plaide pas pour la validité de la pratique car j'ai aussi un cousin qui a vu un prêtre dans une soirée échangiste, ce qui ne rend pas l'échangisme spirituellement licite pour autant.

Concernant la soeur de Boujailles il ajoute plus spécifiquement : "Le Père Matthieu connaissait parfaitement la pratique de la soeur de Boujailles, à savoir l'utilisation du pendule, les points énergétiques qu'elle pratiquait ainsi que le magnétisme, l'utilisation des plantes ainsi que le reboutement. Sa congrégation (les soeurs de la Sainte Famille à Besançon) connaissait également son activité. Sa "prescience" et son intuition, ses flashs faisaient également partie de son quotidien."

Pour creuser la question, ce magnétiseur m'a orienté vers le ministère charismatique du Père Michele Bianco en Italie, recteur du Sanctuaire de Torre Le Nocelle à Avellino en Campanie où l'on conserve le sang de l'anachorète palestinien originaire de Corinthe saint Cyriaque à qui le prêtre, avec l'aide d'un spécialiste des civilisations indo-européennes et la journaliste Patrizia Cattaneo ont consacré un livre paru en français en 2017 aux éditions du Parvis.

Peut-être un sujet à creuser...

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Mon nouveau livre : Les Nephilim

26 Août 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Publications et commentaires, #Christianisme, #Histoire des idées, #Histoire secrète, #Alchimie, #Médiums

Vient de paraître chez L'Harmattan

Christophe Colera : Les Nephilim, une lecture biblique de l'histoire des Géants

Parmi les thèmes surnaturels bibliques marginalisés par la théologie académique figure celui des Nephilim, êtres hybrides issus de l'union narrée par le Livre de la Genèse entre les mystérieux « Fils de Dieu » et les femmes humaines. Selon certaines traditions ce sont des Géants, et leurs pères étaient des Anges déchus. L'ufologie et les réseaux sociaux, dans les milieux chrétiens, notamment aux États-Unis, confèrent à cette thématique un regain d'intérêt dans une optique apocalyptique. Cet ouvrage présente les thèses actuelles de ces chrétiens, ainsi que la manière dont ils projettent cette croyance dans leur lecture du monde contemporain, et en cherchent des preuves dans des domaines comme la possession psychique, la voyance, ou les énigmes archéologiques.

Vous pouvez le commander chez l'Editeur, sur Amazon, ou chez un libraire.

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Cité dans "Elle"

17 Août 2020 , Rédigé par CC Publié dans #Interviews en rapport avec mon livre "La nudité"

Cité ce jour dans l'article "Pourquoi l’utilisation de la nudité comme geste d’émancipation continue de diviser les féministes ?" de Marine Revol dans le magazine "Elle" en ligne ici.

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