Une nouvelle étrange publiée en Belgique le 24 janvier sur trois femmes (dont une
mineure) arrêtées pour avoir été nues sous leur "burka" au Koweit, étrange notamment parce qu'elle parle de "burka" alors que sur la photo il s'agit d'un niqab. L'info semble provenir du
blog hilncore.com qui lui montre bien des burka en page une de ses nouvelles, et précise que les filles ont prétendu avoir
fait la fête et bu, de sorte qu'elles n'ont repris leurs esprits que dans le café où elles ont été arrêtées. Un blog républicain américain reprend la nouvelle avec plus d'infos (notamment que
deux des femmes sont non-koweitiennes, le fait que la fête à laquelle elles assistaient était une fête gay-lesbienne) mais sans citer de source, et en précisant que leur tenue était une abaya. La source première de l'info serait finalement le quotidien koweitien Al-Rai qui précise le lieu de l'arrestation. L'activiste Marwa Tarek interviewée par le journal égyptien Bikyamasr.com souligne le risque de prison pour ces femmes du fait en particulier des lois
sur l'homosexualité, et met en cause la manière dont le garçon qui les a dénoncées a pu savoir qu'elles étaient nues (il a nécessairement soulevé leur abaya). Elle ajoute que vu les températures
les femmes du Koweit sont souvent nues sous leur abaya (propos repris notamment sur le site tunisien Tunistribune). Certains commentateurs sur des blogs se demandent si l'aveu d'avoir participé à des
soirées gays n'a pas été "extorqué" aux femmes pour favoriser leur inculpation, de même que le
fait d'avoir bu de l'alcool. Il se pourrait tout aussi bien qu'elles se soient simplement promenées nues sous leur abaya et que tout le reste soit inventé pour les emprisonner.
Chose étrange aussi dans cette nouvelle diffusée à l'échelle planétaire par United Press International le nom de la blogueuse/activiste koweitienne Marwa
Tarek n'apparaît nulle part sur le Web en dehors de cet article - d'où sort-elle ?
Par ailleurs notons qu'en Egypte les mises à nues publiques de femmes étrangères se poursuivent. Après l'américaine Lara Logan et la française Caroline Sinz, c'est au tour d'un anonyme le
mercredi 24 janvier sur la place Tahrir d'après le témoignage d'un anonyme à Bikya
Masr. Un phénomène déjà observé sous Moubarak comme nous l'avions indiqué dans notre livre.
Candide, de Voltaire, n'est pas seulement un roman philosophique anti-Leibnitz. c'est surtout et avant tout un tour d'horizon voluptueux et amusé des vices et défauts universels de la
condition humaine (la veillesse, l'égoïsme, l'intolérance, la bêtise) et des cruautés qu'ils occasionnent, avec des éclairages particuliers sur son époque, qui en font, du même coup, une sorte d'
"atlas" et de livre de voyage qui nous transporte aux quatre coins de l'Europe et de l'Afrique du Nord du XVIIIe sècle.
J'y trouve un petit passage (chap 11) qui fait penser au chapitre sur la nudité humiliation de mon livre sur ce sujet :
"Nous nous embarquâmes sur une galère du
pays, dorée comme l'autel de St-Pierre de Rome. Voilà qu'un corsaire de Salé [au Maroc] fond sur nous et nous aborde ; nos soldats se defendirent comme les soldats du pape : ils se mirent tous à
genoux en jetant leurs armes en demandant au corsaire in articulo mortis.
Aussitôt on les déopuilla nus comme des singes et ma mère aussi, nos filles d'honneur et moi aussi. C'est une chose admirable que la diligence avec laquelle ces messieurs déshabillent le
monde. Mais ce qui me surprit davantage, c'est qu'ils nous mirent à tous le doigt dans un endroit où nous autres femmes nous ne nous laissons mettre d'ordinaire que des canules. Cette cérémonie
me paraissait bien étrange : voilà comme on juge de tout quand on n'est pas sorti de son pays. J'appris bientôt que c'était pour voir si nous n'avions pas caché là des diamants : c'est un usage
établi de temps immémorial parmi les nations policées qui courent sur mer. J'ai su que messieurs les religieux chevaliers de Malte b'y manquent jamais quand ils prennent des Turcs et des Turques
; c'est une loi du droit des gens à laquelle on n'a jamais dérogé".
Qu'on pense aux essais d'Helvetius sur le droit des gens à la mode à cette époque. La charge contre les chevaliers de Malte équivaut là, je pense à ce que serait une attaque du même ordre
aujourd'hui contre le Sidaction ou la fondation Bill Gates. Quelqu'un qui écrirait comme cela aujourd'hui devrait faire face à un procès en diffamation qui le ruinerait... Y a-t-il encore place
pour des Voltaire de nos jours ?
On peut aussi s'amuser à y repérer un mot sur les coupeurs de fesses qui aurait eu sa place dans la Brève histoire des fesses de Jean-Luc Hennig mais je ne suis pas sûr que celui-ci ait
pensé à y faire référence.
Etonnant tout de même que nous ayons eu à lire ce livre quand nous étions lycéens (en seconde). Il y avait une culture aseptisante des professeurs de lettres à l'époque qui en anesthétisaient les
passages les plus dérangeants je suppose.
On ne peut faire de la sociologie de la nudité sans dire un mot de cette stripteaseuse strasbourgeoise, Cindy Lee (Isabelle Laeng), qui a créé le "Parti
du plaisir" en 2001 à Paris et qui depuis lors se présente à toutes les élections des cantonales aux présidentielles. Cette année encore la cadidate se promène en petite culotte pour faire
campagne et annonce un plan de lutte contre la crise.
Accueil mitigé pour cette candidate qui n'a jamais obtenu ses 500 signatures de maires. L'abus de silicone lui
est reproché, de même que le côté un peu lacunaire de son programme évidemment, malgré des efforts notoires pour le compléter au fil des années : cette année le programme du Parti du plaisir
parle non seulement d'un programme pédagogique scolaire, mais aussi d'environnement, de quotas de logements sociaux, de taxation des transactions financières, de relocalisation des entreprises
etc.
Cette candidature semble s'inscrire dans le sillage de celle de la bimbo Marlène Mourreau en 1995 au nom du "Parti de la liberté et de l'amour" (PLA),
poussée par l'animateur Patrick Sébastien. On pense aussi au Parti d'en jouir de Bercoff en 1992.Le parti de Cindy Lee se réclame du précédent italien de la Ciccolina et du Parti radical qui en
avait fait sa figure de proue dans les années 1980.
Que l'hédonisme puisse nourrir une vision politique aussi bien des alternatives économiques que des relations internationales ou des politiques de solidarité ne fait aucun doute si l'on tient
compte de l'histoire de ce mouvement que l'on peut faire pratiquement remonter à Aristippe de Cyrène. Pour autant on peut s'étonner que son expression politique se limite à des effets d'image
sans référence intellectuelle aucune (ni Reich, ni Marcuse, ni Onfray ne sont mobisés dans les campagne politique, seule la Ciccolina faisant office de maître à penser). Est-ce à dire que
l'hédonisme et ses références culturelles est davantage présent dans les autres partis politiques (mais éventuellement en lutte contre des tendances opposées qui l'empêchent de donner toute se
dimension) ? ou que au sein du courant hédoniste "officiel" les tendances sont si contradictoires que le seul programme politique consensuel en son sein ne peut être que minimaliste et
fragmentaire ?
Je pourrais faire un blog plus personnel, vous
parler de "Paris" de Depardon, du "Président" de Jeuland, de ma conception du silence. Au lieu de cela j'ai fait un blog "professionnel", pubicitaire, avec mes interviews dans la presse, mes
bouquins, juste quelques billets philosophiques au milieu pour faire chic. Un blog pas libre parce qu'il n'y a pas de liberté possible sur Internet quand on écrit sous son vrai nom. Pourtant
l'envie de fiche en l'air le cadre de ce truc me travaille aujourd'hui.
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