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Nicolas Flamel

27 Novembre 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Alchimie, #Christianisme

Nicolas Flamel

"L'alchimie et les alchimistes, essai et critique sur la philosophie hermétique" par Louis Figuier (Librairie Hachette et Cie 3eme ed 1860) p. 195 et suiv., professeur à l'école de pharmacie de Paris, fait l'effort de nous présenter en détail la vie de Nicolas Flamel qu'il situe comme le plus grand des alchimistes, celui qui ne rencontre que du succès alors que

Paul Lucas au début du 18e siècle rencontra un alchimiste au nord-ouest de l'Asie mineure, à Bursa (ou à Bounrous-Bachi), un derviche Uszbeck qui paraissait avoir trente ans mais en avait plus de cent. Il avait rencontré Nicolas Flamel en Inde (p. 19), disait-il. Rappelons qu'il existe un Usbek dans les Lettres persanes de Montesquieu publiées peu de temps après les voyages de Paul Lucas qui dit avoir eu la pierre philosophale. Lui et son frère sont mentionnés par un de ses contemporains dans Description de Paris de Guillebert de Metz écrite en 1434, qui évoque son soutien aux pauvres. Né selon la tradition à Pontoise probablement autour de 1330, d'une fortune très médiocre, il reçoit une éducation libérale. Il s'établit à Paris comme écrivain public. A partir d'une date inconnue il tient une échoppe comme d'autres confrères au cimetière des Innocents. Puis sa corporation s'établit sous les piliers de St Jacques-la-Boucherie et il y ouvre deux échoppes. Une pour ses copistes une, exiguë (2,5 pieds X 2), pour lui, qu'il ne quitta jamais. Il épouse une riche veuve que l'on croit née à Paris, dame Pernelle, sage économe, prudente, encore plutôt belle quoique de plus de 40 ans, pourvue d'une bonne dot, sans enfants. Ils font bâtir une maison en face de l'échoppe à un angle de la rue de Marivaux (dans le 2e arrdt, métro Richelieu Drouot, Goya allait y vivre aussi). Enseigne "La Fleur de Lys". Il y fera commerce des livres.

Une nuit, comme il dormait profondément, un ange lui apparut et lui montra un beau livre ancien. "Flamel, lui dit l'ange, regarde bien ce livre, tu n'y comprends rien, ni toi ni bien d'autres, mais tu y verras un jour ce que nul n'y saurait voir". Flamel tend la main, mais l'ange et le livre disparaissent dans un nuage d'or.

Rien ne se passe ensuite jusqu'à un certain jour de l'année 1357 où il achète à un inconnu pour deux florins un livre de cuivre doré fait d'écorce d'arbres tendres qu'il reconnut dès la première inspection comme celui de son rêve (p. 199). La couverture était gravée de caractères de langes anciennes, raconte-t-il dans "Le livre des figures hiéroglyphiques" qui lui est attribué. Au septième feuillet étaient peints une verge et des serpents s'engloutissant, au 14ème une croix et un serpent crucifié, au 21ème des déserts, des fontaines en leur milieu d'où sortaient des serpents. Au dernier feuillet, en capitales dorées : "Abraham le Juif, prestre, lévite, astrologue et philosophe, à la gent des Juifs, par l'ire de Dieu dispersée aux Gaules salut" avec ensuite des exécrations et malédictions et le mot "maranatha" (p. 207), souvent traduit par "viens seigneur".

Flamel décide alors de demander à un Juif de l'éclairer sur tout cela. Pour trouver le bon interlocuteur en Espagne il fait vœu de pèlerinage à St Jacques de Compostelle et un vœu St Jacques de Galice. En 1378 selon la tradition, il porte le bourdon et l'habit de pèlerin et un extrait des peintures du livre. Il resta en Espagne près d'un an sans trouver le bon interlocuteur. Léon il trouve un marchand originaire de Boulogne qui avait pour ami un Juif converti au christianisme, Maître Canches, "cabaliste consommé, très versé dans les sciences sublimes". (p. 208) Maître Canches, qui s'exprimait en latin, fut tout de suite émerveillé par les reproductions des peintures du livre et lui en expliqua le contenu.C'était un livre d'un maître de la kabbale dont on ne connaissait plus que le titre. Me Canches suit Flamel mais tombe malade à Orléans et meurt au bout de 7 jours. Le copiste le fait enterrer à l'église Ste croix d'Orléans. Flamel travaille 3 ans sur les instructions incomplètes qu'il a reçues de Canches avec l'aide Pernelle et parvient à composer la pierre philosphale. Le 17 janvier 1382 (p. 209) il transforme du métal en argent pur. Puis, "avec la pierre rouge sur semblable quantité de Mercure", toujours en présence de Pernelle (qui n'ignorait aucun de ses secrets), le 25 avril 1382 à 17 h il obtient de l'or pur.

A partir de ce moment là sa fortune s'accroît, il possède plus de 30 maisons et domaines. Flamel et sa femme font de leur maison un asile pour les veuves et les orphelins en détresse. Ils fondent des hôpitaux, bâtissent ou réparent des cimetières, font relever le portail de Ste Geneviève des Ardents, dotent d'établissement des Quinze-Vingts "qui en mémoire venaient chaque année à l'église St Jacques la Boucherie, prier pour leurs bienfaiteurs" jusqu'en 1789. On a trouvé dans les archives de cette paroisse le testament de Flamel et plus de 40 actes de donation.

Lui même dit qu'en 1413 après le décès de Pernelle (morte en 1397 ou 1403) elle et lui avaient fondé et renté 14 hôpitaux. Au charnier des Innocent il a fait exécuter des représentations de l'alchimie. Partout où il accorde ses bienfaits il laisse une image ou un écusson de lui. Devant le portail de Ste Geneviève des Ardents et sur d'autres monuments il fait sculpter une statue de lui à genoux. La maison au 51 rue de Montmorency (3e ardt, métro Rambuteau) faite en 1407 portait encore au XIXe siècle la dédicace à Flamel qui mourut en 1418 et fut enterré à l'église St Jacques de la Boucherie.

Charles VI en son temps envoya un maître des requêtes, Cramoisy, pour s'assurer qu'il ne pratiquait pas l'usure et vivait pauvrement. Figuier écarte aussi la possibilité que Flamel ait pu faire fortune sur le dos des trois persécutions des Juifs survenues de son vivant (p. 222). Il exclut aussi, comme Valet de Viriville, que Flamel ait pu être l'auteur des livres qu'on lui attribue. Des légendes ont couru ensuite sur la survie de Flamel et Pernelle en Asie, et sur le trésor caché sous sa maison rue de Mariveaux.

En 1819 (p. 230) rue de Cléry un alchimiste prétendit faire de l'or et être Nicolas Flamel. Le personnage inspira toutes sortes d'écrivain jusqu'à Harry Potter.

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