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Trésors de Gisors

6 Novembre 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Christianisme

Trésors de Gisors

A partir de 1158 Gisors a été administré quelques années par les Templiers (PFD Hersan) car il était censé constituer la dot de Marguerite fille de Louis VII future épouse du fils d'Henri II d'Angleterre qui n'avait que 10 ans. Entre 1158 et 1161, 3 chevaliers de l'Ordre du Temple seraient restés dans la forteresse. Ils s'appelaient Richard de Hastings, Toestes de Saint Omer et Robert de Pirou.

Dans les années 1180, diverses réunions eurent lieu entre le roi de France et celui d'Angleterre qui se disputaient le Vexin, sous l'orme des conférences de Gisors. En 1183, Philippe Auguste rencontra Henri II, puis à nouveau en 1185 et en 1187. Pour contrebarrer la forteresse de Gisors contrôlée par les Anglais, Philippe Auguste fit élever un château fort au Val-Corbin, entre Gisors et Trye, non loin de l'orme des conférences, en 1186, selon le témoignage de Benoît de Peterborough. Un nouveau parlement eut lieu entre Trye et Gisors en 1188 entre Henri II et Philippe II pour y parler de l'appel à la croisade lancé par le pape, après la conquête du Saint Sépulcre par Saladin.

Selon le récit de PFD Hersan "Sous les tentes de différentes couleurs et placées de diverses manières, brillaient les écus et les armoiries de Richard, duc de Guyenne, de Philippe, comte de Flandre, de Thibaud, comte de Dreux, des comtes de Soissons, de Bar, de Clermont, de Beaumont, de Jacques d'Avesne, du brave Guillaume des Barres, de Philippe de Dreux, évêque de Beauvais, etc

On se trouva réuni à Gisors, en parlement solennel, en plein champ, le jour de Sainte Agnès, dans les kalendes de février 1188. Il faisait un froid excessif et les barons étaient couverts de leurs hermines. On était en train de discuter sur les hommages, les redevances et les possessions de Gisors, de Fretteval et du Vexin normand, lorsqu'on vit s'avancer, vers le lieu de la réunion, deux prélats, précédés de a croix. Ils étaient montés sur des mules ainsi que le cortège qui les accompagnait. Après eux venaient plusieurs vieux chevaliers du Temple.

Par l'ordre de Philippe Auguste, des hérauts d'armes allèrent à leur rencontre et revinrent dire au camp que Guillaume, archevêque de Tyr, Henri, cardinal d'Albano, légat du Saint-Siège et quelques Templiers échappés au désastre des Lieux Saint venaient raconter les malheurs de Jérusalem". Des témoignages qui selon Benoît de Peterborough, provoquèrent une grande exaltation des auditeurs, et tous les présents prirent la croix à commencer par Henri I, mais chacun gardant sa couleur : la croix rouge pour le roi de France, blanche pour les Anglo-normands, verte pour les Flamands. Le lieu où le parlement de Gisors fut réuni, près de l'orme gigantesque, reçut le nom de Champ sacré et l'on y construisit une chapelle, ce qui n'empêcha pas cependant de nouvelles querelles entre les princes croisés puisque le suzerain d'Henri II, Richard, duc de Guyenne, allait peu de temps après attaquer le comte de Toulouse allié du roi de France, et il fallut une nouvelle entrevue sous l'orme près de la porte de Cappeville pour apaiser les esprits. On était sur le point de conclure un accord quand, selon Guillaume-le-Breton, dans sa Philippide chant III, Henri II se reposa sous l'immense orme tandis que Philippe Auguste et ses hommes devaient supporter un soleil très lourd. Les Anglais se moquèrent d'eux (p. 81). Les soldats français furieux chassèrent les Anglais et firent abattre l'Orme ferré par les Anglais (qui rappelle l'orme de justice de Boury). Cela donna lieu à une bataille rangée. Les choses ne s'apaisèrent qu'en 1189 avec le décès d'Henri II, rongé par le remord d'avoir fait assassiner Thomas Becket et par le conflit entre ses fils Richard Coeur de Lion et Jean Sans terre.

La reine Blanche de Castille, mère de Saint Louis, se retira au château de Gisors en 1226. La reine Blanche de Navarre, veuve de Philippe de Valois, s'y retira à son tour en 1359 à 28 ans, et devait mourir en 1398 à Neaufles à une lieue de Gisors. On dit que la tour de Neaufles communiquait avec le château de Gisors par un long tunnel qui passait sous la rivière la Levrière. Une tradition affirme qu'un trésor s'y trouve.

D'après Jean-Pierre Legrand, l’entrée se trouverait à la Grange, près de l’église, rue de la Grange Courcelles.

Hersan p. 135 cite un extrait des "Lettres sur Gisors" de "M. de la Mairie"

"Le jour de Noël, à l'instant où le célébrant lit la généalogie, les obstacles qui s'opposent aux efforts de ceux qui auraient voulu s'enfoncer dans cette merveilleuse caverne se dissipent comme par enchantement, les flammes diaboliques s'éteignent, le gardien infernal du magique trésor s'endort et toutes les richesses sur lesquelles il veille comme un autre Argos peuvent devenir la proie du plus audacieux qui aura tenté l'aventure". Une autre tradition veut que la reine Blanche (celle de Castille ou celle de Navarre, on ne sait pas laquelle), s'y serait réfugiée après être sortie imprudemment avec son armée du château de Gisors au milieu d'une bataille.

Blanche de Navarre avait selon la légende une réputation d’alchimiste et ses châteaux renfermaient des laboratoires. Elle aurait eu en sa possession un livre d’alchimie très rare paru en Languedoc au XIVe siècle. Ce traité serait né à la fin de la dynastie mérovingienne. Blanche d’Évreux serait la protectrice de l'alchimiste Nicolas Flamel …

Guy Tarade, auteur notamment d'une livre sur l'ordre des Antonins, estime que le principal trésor de Gisors est de nature alchimique. La preuve en serait donnée dans l'église Saint Gervais--Saint Protais qui abrite, "un Livre Muet voué tout entier à l'Alchimie" : la chapelle de l'Assomption.

Beaucoup d'auteurs se sont intéressés au trésor que les Templiers ont pu laisser à Gisors.

Victor Hugo alla même graver son nom sur une paroi de la tour du Prisonnier dans le château.

Depuis les travaux du journaliste belge Gérard De Sède a témoigné des fouilles effectuées par le gardien du site Roger Lhomoy, dont celui-ci avait tenté en vain de révéler le résultat à la municipalité en 1946. Il aurait trouvé dans une crypte, une ancienne chapelle romane en pierre de Louveciennes ; le long des murs, posés au sol, gisaient dix-neuf sarcophages de pierre de deux mètres de long sur soixante centimètres de large. Dans la nef, trente coffres de métal rangés par colonnes de dix abritaient le trésor de l'Ordre du Temple, mis en sécurité en 1307.

Depuis les travaux de de Sède, Gisors, comme Stenay dans les Ardennes, est associée aux énigmes de Rennes Le Chateau (dans l'Aude) et au mythe de la descendance cachée des Mérovingiens (et de Marie Madeleine) lancé par Pierre Plantard et popularisé récemment par Dan Brown dans le Da Vinci Code.

Après la sortie de l'ouvrage," Les Templiers sont parmi nous" de de Sède en 1961, le parc du château fut envahi par des radiesthésistes, des médiums, des touristes, et des fouilleurs clandestins.

Trois années de fouilles officielles furent furent infructueuses, les archéologues renoncèrent, mais les curieux amateurs continuèrent jusqu'aux années 80. Malraux fit intervenir l'armée en 1964 (un personnage de La Condition humaine s'appelait Gisors...) mais fit savoir que rien n'avait été trouvé.

Dans Gisors, ses mystères et ses trésors, Eddy Dasko, collaborateur de l'association Atlantis explique que le Prieuré de Sion, au coeur des spéculations sur Rennes-le-Château et du Da Vinci Code, serait né de la scission de l’Ordre de Sion avec ce qui allait devenir l’Ordre du Temple , et que cette scission fut réalisée à Gisors. A l’Ordre du Temple revenait la mission de protéger les routes de Jérusalem et la logistique de l’installation de deux cents cathédrales en Europe, d’églises et lieux de culte ; au Prieuré de Sion de protéger le descendants de la famille du Christ, mélangée aux familles Mérovingiennes qui régnèrent sur le pays jusqu'à l'assassinat de Saint Dagobert II.

Les deux ordres seraient entrés en conflit lors de la coupure de l’Orme de lumière en 1188 (dont on a cité le récit historique par Hersan). La partie spirituelle et ésotérique représentée par l’Ordre de Sion se séparait de la partie matérielle et opérationnelle (exotérique) représenté par l’Ordre du Temple. Le Prieuré de Sion nomma son premier Grand Maître après 1188 : Jean de Gisors, seigneur du château de Gisors.

En 1307 Guillaume de Gisors, Grand maître de Sion aurait facilité l'arrestation des Templiers et aurait organisé la disparition des archives du Temple et son trésor.

En 1629, alors que la confrérie des Rose-Croix était à son apogée, Robert Denyau ou Deniaud, docteur en droit canon, curé de Gisors et biographe de Louis XIV déclara dans un écrit que Jean de Gisors fut le fondateur des Rose-Croix en 1188 (mais l'Annuaire des cinq départements de la Normandie de 1909 p. 309 dénonce la présence d'erreurs nombreuses dans son Histoire de Gisors). Il était porteur du coeur d'or sur son blason comme Guillaume de Gisors (et comme le templier Jean de Gisors qui rencontra Thomas Becket en 1169) et premier Français à citer Dagobert II.

L'affirmation s'expliquerait par une conjecture sur le mot "ormus",qui serait une savante combinaison entre Ursus (ours en latin qui est une allusion aux Mérovingiens et à Dagobert II, il rappelle aussi ce moine en provenance de la Calabre et qui s’installa à Orval), « Urmus » (orme en latin), « Or » et la lettre « M » signe astrologique de la Vierge signifiant Notre-Dame.Le signe d’Ormus reprend cette symbolique. Ormus serait par ailleurs un mystique égyptien converti par Saint Marc en 46 qui serait à l'origine de la croix rouge ou rose des rosicruciens.

Dans un documentaire diffusé sur la chaîne Planète réaisé en 2008 par David Galley avec l'aide de Jean-Patrick Pourtal qui travaille depuis les années 1990 sur Gisors , Gino Sandri présenté comme secrétaire général du prieuré de Sion affirme que l'inspirateur du Da Vinci Code Pierre Plantard avait rencontré Lhomoy et aurait pu le manipuler. On trouvera le documentaire ci-dessous.

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