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La Tunique de Jésus

18 Mars 2016 , Rédigé par CC

L’ostension de la Sainte Tunique du Christ commencera le Vendredi Saint 25 mars prochain dans la basilique Saint-Denys d'Argenteuil (95), à l'issue du Chemin de Croix (vers 16h30).

La Tunique a quitté Jérusalem et traversé les siècles pour se trouver en possession de l’impératrice Irène de Constantinople au début du IXe siècle, sans que l’on sache par quel itinéraire précis ni à quelles dates. A cette époque, l’impératrice prévoit pour consolider son empire sous le feu de multiples menaces, d’épouser Charlemagne, empereur d’Occident, veuf. En signe de bonne volonté, elle lui aurait offert l’une des reliques les plus précieuses en sa possession, la Tunique du Christ.

Aujourd’hui la Tunique est conservée dans un reliquaire, enroulée, dans la basilique Saint Denys d’Argenteuil. Traditionnellement, elle n’est déployée et montrée que deux fois par siècle, au cours d’un événement limité dans le temps, qu’on appelle une « ostension solennelle ». Les deux dernières ostensions ont eu lieu à Argenteuil en 1934 et 1984.

Saint Jean évoque la tunique de Jésus dans son chapitre 19, aux versets 23 et 24 : « Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C’est bien ce que firent les soldats. »

Le Moyen-Âge a été le théâtre de fabrication de fausses reliques. C’est pourquoi, à partir du XVIIème siècle, l’église catholique a souhaité lever les doutes possibles quant à l’authenticité de la Sainte Tunique. Elle l’a fait tout d’abord en étudiant les textes, qui attestaient de la présence pluriséculaire du vêtement à Argenteuil.

À partir du XIXème siècle, plusieurs examens scientifiques de la Tunique ont été menés à l’initiative des autorités ecclésiastiques, grâce aux nouveaux moyens techniques disponibles. Ils ont démontré :
•que la relique est en laine de mouton (1893) ;
•qu’elle a été colorée selon des procédés en vigueur au Moyen-Orient au début de notre ère ;
•qu’elle est bien tissée d’une pièce, sur un métier primitif (1882 & 1892) ;
•qu’elle correspond au type de tissage identifié en Syrie et au Nord de la Palestine au premier siècle ;
•qu’elle est tachée de sang (1892 & 1932) ;
•que le sang figure dans le dos et sur les épaules, à l’endroit où aurait reposé la croix portée par le Christ lors de l’ascension au Calvaire (1932 & 1934) ;
•que le sang présent sur la Tunique est du groupe AB (1986).


En 2004, une datation au Carbone 14 a été effectuée : elle déclare que la Tunique aurait été tissée entre 530 et 640, et ne corrobore donc pas les résultats des examens scientifiques précédents. Cependant, il semble que la technique de datation au Carbone 14 manque de fiabilité pour les tissus anciens dont on connaît mal les états de conservation au cours des siècles. C’est le cas de la Tunique d’Argenteuil, qui a été longtemps enfouie et probablement mise au contact de matériaux organiques en décomposition au cours de son histoire tumultueuse. Il faudrait donc relativiser ces résultats. Il s'agit de sang de groupe AB comme pour le suaire de Turin, le suaire d'Ovideo et pour les hosties examinées par Dr Ricardo Castañon Gomez. La comparaison des pollens présents sur les trois reliques est troublante : sept sont communs aux reliques de la Tunique d’Argenteuil, du Linceul de Turin et du Suaire d’Oviedo. Mieux encore, deux proviennent uniquement de Palestine : ceux d’un pistachier, Pistacia palaestina et d’un tamarin, Tamarix hampeana.

Ainsi, différents examens scientifiques menés sur la Tunique d’Argenteuil plaident pour qu’elle ait été portée par un homme soumis à de grandes souffrances, en Palestine, au 1er siècle de notre ère. Tous ces éléments sont empruntés au site de la Sainte Tunique.

Soeur Anne-Catherine Emmerich raconte d'après ses visions p. 278 qu'on rendit à Jésus les vêtements lavés qu'on lui avait ôté pendant la flagellation après la proclamation de sa condamnation à mort comme c'était la coutume chez les Romains en pareil cas. On lui mit autour du cou son scapulaire de laine. "La tunique, travaillée par sa mère, ne pouvait passer à cause de la couronne d'épines qui était trop large. Ils la lui arrachèrent, les blessures qu'il avait à la tête se rouvrirent et le sang coula en abondance. Après sa tunique, ils lui mirent sa large robe blanche, sa ceinture et son manteau. Enfin il lui attachèrent au milieu du corps la large ceinture à laquelle étaient réunies les cordes par lesquelles on le tirait." P. 316 elle explique qu'après avoir retiré ses vêtements sur le Golgotha au terme du chemin de croix, en milieu de journée, comme les bourreaux (pour la plupart des esclaves égyptiens) ne pouvaient faire passer sa tunique eu dessus de sa tête à cause de la couronne d'épines, ils lui arrachent à nouveau la couronne. "Puis tirant violemment la tunique, ils la furent passer sans la moindre précaution au dessus de sa tête ensanglantée". Ils lui replacent la couronne après avoir dénudé le torse, puis dénudent le bas (un homme au dernier moment lui donne un linge pour protéger sa pudeur devant les femmes dont sa mère p. 317, il s'agit de Jonadab de Bethléem, neveu de St Joseph - resté en retrait de l'histoire de Jésus, il avait été animé de colère au moment de la flagellation puis porté par une force surnaturelle à songer à la nudité du Christ comme les bourreaux étant des descendants de Cham qui insulta celle de Noé). Après l'élévation de la croix (p. 330), les vêtements sont partagés en lots que les bourreaux décident de tirer au sort. Le manteau est déchiré en longues bandes et ils se le partagent. De même pour la longue tunique blanche garnie de franges, de l'étole, de la ceinture, du scapulaire, et de la tunique de dessous qui était toute pénétrée du sang du Sauveur. "Comme ils ne pouvaient s'entendre au sujet de sa robe sans couture, dont les lambeaux n'auraient pu leur être utiles, ils prirent une tablette avec des cases marquetées par des chiffres et des dés en forme de fèves qu'ils avaient avec eux ; et, les jetant sur la tablette, ils tirèrent la robe au sort". Il s'agit en fait de la tunique et non d'une robe (elle la cite aussi p. 124). Puis Soeur Emmerich dit (p. 331) qu'un messager envoyé par Joseph d'Arimathie et Nicodème vint dire qu'il y avait près de là des gens qui leur achèteraient volontiers les vêtements du Sauveur. Ils les réunirent, coururent les vendre. "Ce fut ainsi que les chrétiens demeurèrent en possession de ces précieuses reliques" conclut Soeur Emmerich.

Trèves revendique aussi d'avoir la vraie Sainte Tunique, dont elle a fait l'ostention en 1996. Les deux étaient en concurrence au 19e siècle. Aujourd'hui le Pèlerin parle de parties différentes des vêtements de Jésus. L'Eglise allemande reconnaît elle-même que l'origine de la pièce de Trèves est loin d'être établie. Selon un site non-croyant, en ce qui concerne la tunique de Trèves : "Un "examen archéologique" de la tunique a eu lieu en 1890-1891 qui disait vaguement que le tissu avait toutes les apparences à du lin et du coton mais aucune étude scientifique sérieuse n'a été réalisée. Les analyses effectuées sur l'étoffe ont conclu qu'elle a été entièrement restaurée autour de 1500. L'historienne du textile Mechthild Flury-Lemberg, qui a examiné la tunique dans les années 1970 aurait constaté qu'une grand part de la tunique était composée de tissu ajouté au cours des restaurations de 1512 et de 1891, mais qu'elle contenait également quelques lambeaux de laine qui remontaient au début de l'Empire romain, ce qui est très difficile à dire sans datation au carbone 14. Mais, elle a par prudence conclu que l'âge et l'origine de la tunique "ne peuvent pas être déterminées exactement." D'aspect gras et brunâtre, elle se compose de satin de soie, de tulle et de taffetas agglutinés au fil des réfections successives, Mechthild Flury-Lemberg n'a pas pu y identifier clairement des fibres remontant jusqu'à l'an 33."

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