Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Encore un mot sur Hermas

24 Novembre 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Médiums, #Histoire des idées

Un précision à la suite de notre précédent article sur Hermas. En 1900, Daniel Voelter (1855-1942), professeur de théologie à Amsterdam, publiait à Berlin une brochure de 54 pages expliquant que les visions I et II du Pasteur, selon lui, étaient des visions de la sibylle de Cumes et non de l'Eglise. Il s'agissait seulement de révélations sibyllines à un particulier, écrites pour cela en prose, qui n'ont été christianisées que tardivement. Et Hermas serait un prosélyte juif, d'où le fait qu'il cite dans sa IIe vision un Clément, Clément de Rome dont la tradition a fait un pape, qu'un fragment des Homélies clémentines (IV, 7-IV, 26) présente comme un converti au judaïsme et non au christianisme (revue L'Université catholique 15 janvier 1901 p. 303).  Mais dans un rapport annuel à l'Ecole pratique des hautes études évoqué dans la revue archéologique de 1902 (p. 140), Jean Réville (1854-1908), lui aussi théologien protestant, démentait l'idée qu'il pût s'agir d'une adaptation d'un original juif.

Aimé Puech (1860-1940) dans son Histoire de la littérature grecque va dans le même sens et conteste qu'Hermas fût juif d'origine. Il estime (tome II 1928 eds les Belles lettres p. 92) que le nom d'Hermas est grec "et le rattache même à cette Arcadie où il a placé la scène de la neuvième Similitude". Pour lui Hermas pourrait venir de là, et il note que sa maîtresse à Rome a un nom grec. Il note que la liste des vertus d'Hermas fait songer au tableaux de Cébès, qu'elles ont des noms grecs (Synesis, Aletheia, Homonoia) En suivant Richard August Reitzenstein, Puech suppose, à cause de similitudes sur sa liste des vices, qu'Hermas a pu connaître une rédaction primitive du livre hermétique intitulé Poimandrès, mais estime que l'influence hermétique porte sur le style mais non sur le fond. Il trouve ce style populaire, simple, avec quelques incorrections, mais parfois élégants et ne traduisant pas une origine étrangère (par exemple sémitique). Il souligne que son texte ne porte à ucune référence à Jésus, et que sa référence aux anges l'a fait traiter d'idiot par St Jérôme.

Jusqu'au concile de Rome de 497 sous le pape Gélase on n'a pas su si Le Pasteur avait sa place dans le canon des Ecritures. Irénée de Lyon (Contra hoereses,1,IV,c,xx), Clément d'Alexandrie, Origène (comme le faisait déjà remarquer Leibniz dans ses Opera theologica p. 632) et Cassien ont traité le Pasteur sur le même plan que les saintes écritures et lui trouvaient une inspiration divine.

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article