La nudité s'invite dans la campagne électorale française sur Facebook. Sur un mode parodique avec un slogan digne de la campagne de Vladimir Poutine en Russie : "Si tu veux voir nos nichons vote Mélenchon". Mais l'affiche n'émane pas du Front de gauche (qui affiche son féminisme ces derniers temps). Plutôt de sympathisants plaisantins (ou des sympathisants d'autres partis) qui font du sexisme humoristique au troisième degré, si l'on interprète correctement les commentaires sur Facebook (d'ailleurs ils ont ajouté en bas de photo "si tu veux voir mon z* vote Sarkozy" - blague de potaches censée montrer qu'en fait ce ne sont pas des femmes, et donc qu'il n'y a pas de sexisme).
Pas sûr que cela fasse le "buzz" comme on dit... Si c'est le cas il sera intéressant de suivre les réactions (*)... (les premières partent un peu dans tous les sens, beaucoup prenant la photo au premier degré, le Modem a commencé à se saisir de l'image en fin de matinée, à suivre...).
NB : L'original est en fait une affiche de PETA "we'd rather go naked than wear fur !. Les filles qui posent sont le groupe Danity Kane. Pour en savoir plus sur PETA je vous renvoie au livre de Michelle Julien.
(*) D'après mon premier tour d'horizon sur les 100 premiers commentaires que je rencontre sur Facebook (sans sélection particulière). Je trouve
- 28 commentaires de femmes et 72 d'hommes (signe peut-être que les hommes sont plus enclins à réagir à la photo, ou bien l'image circulme surtout dans des groupes où il y a des hommes, ceux ci sont d'aileurs encore plus majoritaires parmi ceux qui cliquent sur "partage").
- Les hommes se partagent à peu près à parts égales entre ceux qui émettent un commentaire plutôt bienveillant et ceux qui formulent un avis hostile ou très neutre. Notons que parmi ceux qui émettent un avis bienveillant il s'en trouve qui ont compris que l'affiche était du deuxième degré (image détournée, petite phrase sur le z*, etc) et valorsient l'idée de faire un "fake" avec les codes Internet qui vont avec, et d'autres qui la valorisent au premier degré. Idem chez les hommes hostiles.
- Chez les femmes 17 commentaires hostiles sur 28 : cela va des femmes qui, comme certains hommes, ne comprennent pas que c'est du second degré (quelques une dénoncent le machisme du FdG et exigent par exemple au candidat du Front de Gauche de prendre position pour désavouer cette affiche), à celles qui tout en saisissant l'effet d'humour et de décalage recherché le trouvent de mauvais goût. Une minorité prend à la fois l'image au premier degré (en la prenant pour anti-féministe) et en rit. Une autre minorité saisit tous les effets recherchés et valorise le travail de recherche et de détournement des codes.
Et pour en savoir plus sur la nudité dans l'espace public, notre livre (voir aussi les diverses interviews dans
les médias - liens sur ce blog) :
Et en dessous quelques variantes du montage ci-dessus (nées dans la foulée de sa diffusion sur Facebook, je ne fais que les copier depuis les réseaux sociaux)
ps : fuck les medias nationaux (je ne citerai pas de noms mais ils sont connus) qui ont utilisé des infos de ce billet sans le citer
Communauté : Les blogs républicains - Ecrire un commentaire



Il y a quelques années j'ai écrit quelques recensions sur le
Néolithique au Proche-Orient. Je signale cette interview récente très intéressante sur un
A côté de mes travaux en sociologie du corps, je n'ai jamais
cessé naturellement de suivre, même de loin, la sociologie des institutions à laquelle j'avais consacré ma thèse de 2006.
Je parlais cet après-midi avec un
libraire des beaux quartiers spécialisé dans les livres de photos. Il me disait que le livres de nu de vendaient très bien, qu'il ne lui en restait jamais sur les bras (à la différence des photos
de paysage par exemple), mais que les éditeurs ne peuvent pas mettre n'importe quel type de nudité sur leur couverture. Il fallait que ce soit féminin pour que ça se vendre, et de la nudité qui
suggère sans montrer. Par exemple une femme de dos dont les seins sont cachés, car sinon les libaires n'osaient pas afficher ça dans leur vitrine. Lui même a eu trois vitrines cassées à coups de
batte de baseball parce qu'il est situé non loin de lycées catholiques de tendance assez dure. "Il faut dire que les ados sont, comme de mon temps, il y a 30 ans, prêts à se tordre le cou pour
mieux voir et rouges pivoines dès qu'il y a des livres de nus visibles depuis la rue", me disait-il, ce qui me faisait penser aux adolescentes dans le RER il y a quelques mois gagnées par des
réflexes de rejet et de rire devant une photo de Spencer Tunick.
Je me lance dans la rédaction d'un
livre qui sera une sorte de galerie de portraits. Il y aura là des personnalités très connues que j'aborde sous un angle un peu particulier, d'autres qui n'ont laissé leur nom dans l'histoire que
pour une anecdote, des gens de toutes les époques, de toutes les conditions. Ca fera un peu pendant à mon
Derniers Commentaires