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Universalité de la morale

30 Janvier 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Philosophie

Extrait de Pour en finir avec Dieu de Dawkins (p. 232 - 235) :

"Si notre sens moral, comme notre désir sexuel, est profondément enraciné dans notre passé dawrwinien, antérieurement à la religion, on devrait s'attendre à ce que la recherche sur l'esprit humain mette au jour des universaux moraux, au delà des barrières géographiques et culturelles, et aussi, c'est crucial, des barrières religieuses. dans son livre Moral Minds : How nature designed our universal sense of right and wrong, le biologiste de Havard Marc Hauser a exploité à fond un thème fructueux d'expériences de pensée suggéré à l'origine par des philosophes moralistes (...). On présente un dilemme moral hypothétique, et notre difficulté à y répondre nous renseigne sur notre sens du bien et du mal. (...) Les dilemmes moraux typiques de Hauser sont desvariations sur le thème du camion fou, ou du "wagonnet" fou sur des rails de chemin de fer, qui menace de tuer un certain nombre de personnes. Dans la version la plus simple, on imagine une personne, Denise, à côté d'un aiguillage et susceptible de détourner le wagonnet vers la voie de délestage, sauvant ainsi la vie de cinq personnes coincées en amont sur la voie de délestage. Malheureusement, un homme est coincé sur la voie de délestage. Mais comme il est seul, en infériorité numérique par rapport aux cinq de la voie principale, la majorité des personnes interrogées s'accordent à dire qu'il est moralement permis, sino obligatoire, que Denise actionne le levier pour suver les cinq en tuant celui qui est seul. Nous ne prenons pas en considération des possibilités hypothétiques, comme le fait que l'homme sur la voie de délestage pourrait être Beethoven ou un ami proche.

Les élaborations de cette expérience de pensée présentent une série de cas de plus en plus aigus. Et s'il est possible d'arrêter le wagonnet en faisant tomber (...) un énorme bonhomme assis sur le pont (...). Ce que veut montrer Hauser, c'est que ces intuitions morales ne procèdent souvent pas d'une rélexion bien élaborée, mais qu'elles se font quand même forteùent sentir du fait de notre héritage dans l'évolution.

Dans une curieuse incursion dans l'anthropologie, Hauser et ses collègues ont adapté leurs expériences sur la morale aux Kuna, une petite tribu d'Amérique centrale n'ayant guère de contacts avec les Occidentaux et pas de religion formelle (...) on observe chez les Kuna les mêmes jugements moraux que chez nous."
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Antony walk this way

30 Janvier 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate

Il faudrait que je dise un mot du personnage de Marc Antoine dans la série Rome. Le fait qu'un type sur You Tube ait éprouvé le besoin et pris la peine de lui consacrer un clip sur la musique "Walk this way" est significatif (http://www.youtube.com/watch?v=awT2GIbStns). Quelqu'un dans les commentaires dit qu'il est le personnage le plus drôle de la série. Quelqu'un d'autre confesse : "On this character I was torn because he reminded me a lot of my dad when he was young." (réserve intéressante qu'il faudrait traiter à part). Il est significatif que le personnage ait été si travaillé par les auteurs de la série et qu'il touche ainsi le public (surtout sa partie jeune). Antoine exprime en effet quelque chose de la jeunesse virile et ludique que nos normes sociales répriment. J'avais, avant ce film, une image plus vulgaire d'Antoine, à cause de ce qu'en dit Cicéron notamment. Mais il est possible en effet qu'il ait été plus proche de ce qu'en fait la série, sans quoi ni Cléopatre ni le peuple ne l'eussent apprécié. Il avait adopté le titre de Neos Dionysos en Egypte. Même si c'était une épithète classique de la monarchie lagide, je pense qu'elle lui ressemblait un peu. Antoine est un Néron avant l'heure. Il exprime une tendance onirique au sein de Rome que César avait aussi - mais que César maîtrisait peut-être mieux. Une tendance que les institutions romaines (le Sénat surtout) n'ont jamais  pu assumer. Auguste a pu croire se donner le beau rôle en écrasant cette tendance à Actium. Mais il ne l'a jamais complètement éradiquée.

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"What is more enlightened"

25 Janvier 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate

Une remarque très juste que je trouve dans les commentaires sur you Tube sous http://www.youtube.com/watch?v=599AzvrUqo0 et qui me fait penser aux lignes d'Octave Mirbeau sur le massacre de la famille royale de Ceylan par les anglais :

Actually, only Caesarion was executed.Out of the rest of Cleopatra's children, Caesarion was a threat because not only does he bear Caesar's name, but also stands in the way of legit rule as son of Caesar. the rest of Cleo's children were cared for and raised by Octavia. Cleopatra Selene herself became a royal queen. Seriously, imagine if they existed during the 19th c. english rule. None of them would stand a chance. Comes to show what is more enlightened, the romans or the english. 
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La série "Rome" 2

25 Janvier 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate

C'est peu dire qu'il y a des inexactitudes dans Rome. Wikipedia en relève de nombreuses (sur la psychologie des personnages, notamment Atia la mère d'Auguste), sur le cours des événements (notamment une victoire militaire des pompéiens importante carrément à la trappe). Une série qui aurait été plus intéressante si elle avait suivi à la lettre les récits (fort circonstanciés) des historiens. Mais si elle contribue à intéresser le public à la "vraie Rome" par delà les clichés sur les gladiateurs, c'est déjà ça. J'avais gardé de mon enfance, un bon souvenir de la série "Moi, Claude empereur" (I Claudius) dont Wikipedia m'apprend qu'elle date de 1976 - j'ai dû le voir en 1978 ou 1982, évidemment je ne peux pas le voir avec les mêmes yeux aujourd'hui qu'à 12 ans. 

Un extrait de "Moi claude empereur" (en anglais) :


Un extrait de "Rome" (en anglais) :


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La série "Rome"

17 Janvier 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Otium cum dignitate

Je regarde en ce moment en DVD la série "Rome", une co-production HBO-BBC, qui fut diffusée sur Canal+. Il faut louer l'intention des auteurs de cette série qui ont entrepris de mettre en scène la fin de la République, sujet passionnant et complexe assez peu traité à l'écran. La série a du charme, elle échappe heureusement à de nombreux clichés des péplums pour restituer un certain exotisme de Rome (dans le rapport à la religion notamment, mais aussi le machisme, la violence, la prégnance des hiérarchies sociales, autant d'éléments étrangers à nos cultures, ou en tout cas très atténués).

Quelques défauts cependant. Diverses particularités de la mentalité romaine sont complètement passées sous silence, surtout le rapport à la famille élargie (gens) et aux ancêtres (dont les effigies trônaient à l'entrée des maisons patriciennes) sans lesquels on ne peut pas comprendre la politique de cette époque. Certains partis pris contestables sont adoptés (par exemple dans la valorisation de la sexualité : celle-ci était présente à Rome comme partout, mais avec certains tabous dont le film ne rend pas compte). Surtout, le parti pris "pro-césarien" de Rome (qui va bien avec l'esprit de notre temps) va à l'encontre du témoignage des principaux historiens de l'époque ou immédiatement postérieurs. Caton n'était pas ce vieil homme intégriste et pervers que décrit le film, et le déclenchement de la guerre civile n'est nullement imputable à un outrage à la fonction tribunicienne de Marc-Antoine voulu par Caton (Caton était au contraire le défenseur des fonctions républicaines, quelles que soient la couleur politique et la personnalité de celui qui la porte, même les césariens de l'époque n'ont pu lui dénier ce mérite). Il est aberrant que le film fasse l'impasse sur toutes les basses manoeuvres de César pendant et après sa victoire en Gaule. D'une manière générale il existe un grand aveuglement sur les intentions "démocratiques" de ceux que leurs adversaires appelaient les populares, et dont César était le leader après ses succès gaulois. Une série qu'il ne faut donc pas prendre au pied de la lettre, mais qui reste agréable à regarder.
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