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"Les services juridiques des administrations centrales"

16 Mai 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Sociologie des institutions

Vient de paraître chez L'Harmattan un livre qui condense ma thèse soutenue à Paris I-Panthéon Sorbonne en juillet 2006. Le livre s'appelle tout simplement "Les services juridiques des administrations centrales", il peut être commandé sur http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=28732, et prochainement dans toutes les librairies de quartier et chez les libraires sur Internet. Je livre ci-dessous la présentation telle qu'elle figure en quatrième de couverture.

Le thème de ce livre est un peu éloigné de mes travaux actuels, et un certain nombre d'analyses sont assez marquées par l'état d'esprit du labo auquel j'étais rattaché à l'époque, entre 2001 et 2005 (le Centre de sociologie européenne) qui n'est plus tout à fait le mien aujourd'hui. Toutefois je ne regrette pas cette publication qui concerne un sujet peu exploré dans le champ des sciences sociales (j'ai toujours aimé défricher de nouvelles terres). Je pense qu'il peut être utile à la fois aux praticiens, et à un public d'étudiants qui se destinent à travailler dans le champ bureaucratique, mais aussi aux gens qui réfléchissent à la place du droit dans nos sociétés. On voit ici comment le discours juridique s'impose aux institutions françaises, du moins aux ministères - notamment les stratégies des acteurs qui concourent à cette imposition. La force du livre, je pense, tient au fait qu'il s'appuie sur une expérience de terrain, une "observation participante" comme on dit en ethnologie. Rares sont les chercheurs dans ce domaine très spécifique qui ont à la fois la possibilité d'observer et de pratiquer, en mettant en oeuvre pendant quatre ans une sorte de va-et-viens entre ces deux activités.

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Au cours des années 1990 et 2000, la spécialisation juridique de certains services ministériels français a abouti à l’émergence d’espaces de transition entre l’univers juridictionnel et les organes gestionnaires ou opérationnels de l’Etat. Représentantes de l’administration devant les tribunaux, ces structures agissent aussi comme des interprètes de la parole du juge dans l’univers bureaucratique et, comme telles, sont des acteurs importants de l’imposition d’une légalité à l’action administrative au quotidien. Le présent ouvrage, qui se nourrit d’une observation participante de quatre ans dans une administration centrale, brosse un tableau de l’émergence de ces services tout au long des vingt dernières années, et analyse les dispositions et stratégies mobilisées par les fonctionnaires juristes pour inscrire le discours du droit dans la pratique bureaucratique.
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Make the Girl Dance et l'esprit du capitalisme

13 Mai 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps

C'est un "buzz" médiatique du moment qui rejoint mes réflexions dans "La nudité pratiques et significations" sur ce qu'autrefois on eût appelé la "sémiologie de la nudité publique" : un clip de Make the Girl Dance, un duo électrorock  parisien "Baby, baby, baby", tourné rue Montorgueil. Rien de très nouveau par rapport à beaucoup de clips (non musicaux) du même genre sur Internet. Une esthétique assez froide. Mais toujours cette idée du défi à l'ordre social, un défi en même temps publicitaire, donc au service d'un ordre qui se nourrit du désordre émotionnel. Voir Boltanski sur le capitalisme.

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Barjac

7 Mai 2009 , Rédigé par CC

Je dois annuler mon déplacement à Barjac (cf ci dessous). Motif : tous les trains du retour sont complets sur l'axe Avignon-Paris dimanche soir. La dure loi de la SNCF.
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En attendant les recensions...

4 Mai 2009 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps

En attendant les recensions dans les revues universitaires (qui prennent toujours du temps), mon dernier bouquin d'anthropologie du corps semble intéresser des médias "grand public". Dans la même semaine la jeune revue Naturisme Magazine l'a mentionné dans ses pages (en me qualifiant à tort de "chercheur au CNRS" ce que je ne suis pas, mais ils m'ont dit qu'ils vont le corriger), et Le Mague et Télépoche m'ont interviewé au sujet du livre. Vous trouverez mes réponses au Mague en cliquant sur ce lien. A l'approche de l'été, le corps redevient d'actualité, je suppose que cela explique cet intérêt des médias à son endroit. Mais on ne devrait pas dire "le corps", ni d'ailleurs parler d'une anthropologie ou d'un sociologie du corps, comme si celle-ci était coupée du reste (un "reste" qui pourrait être l'esprit). Tout est corps, y compris mon corps penché l'hiver sur une feuille de papier à rédiger un compte rendu d'ouvrage.

Télépoche n'a retenu de mon interview que deux lignes, ce qui n'est pas plus mal : ces deux lignes se trouvent en bas à droite p. 33 (numéro du 4 mai). Un autre point intéressant dans mon interview que le magazine aurait pu retenir était l'idée qu'il y a eu un mouvement de balancier depuis plusieurs siècles entre durcissement des normes vestimentaires et relâchement. Cette remarque m'a conduit à me demander "depuis combien de temps" et "où". C'est pourquoi dans l'interview j'ai précisé "depuis un millénaire", "en Europe". Parce que je ne suis pas dutout sûr que dans l'Empire romain par exemple les modes vestimentaires aient fluctué comme chez nous depuis mille ans. D'ailleurs, concernant l'Europe j'étais à deux doigts de resserrer la fourchette temporelle en parlant de 1400 que de l'an 1000. Mais la vérité est que de toute façon on dispose de très peu d'éléments sur les normes de pudeur avant 1600. Notez même qu'on en possède très peu aussi sur les tabous d'aujourd'hui : on ne sait jamais très bien comment cela fonctionne dans la tête des gens. J'ai dit "En Europe", parce que je ne pense pas qu'on trouve les mêmes fluctuations ailleurs. Prenez la culture arabe par exemple : les historiens nous disent que les femmes étaient déjà voilées de la tête aux pieds dès avant l'apparition de l'Islam. On n'a guère de signes d'évolution des tabous d'un siècle à l'autre comme on le constate en Europe. Ce qui nos conduit à interroger à nouveau cette bizarrerie occidentale des "modes" et des évolutions des rapports au corps. Celles-ci vont avec cette instabilité profonde des cultures européennes, leur propension à changer de normes, de systèmes idéologiques très souvent, une instabilité qui est liée je pense à la révolution grecque du VIème siècle avant Jésus-Christ, l'invention de la métaphysique, qui a fait de la remise en cause perpétuelle de la vérité et de l'arkhè, le moteur du développement humain. On a toujours trop tendance à partir de l'Europe pour penser l'humain, et à n'évoquer ensuite l'Asie, l'Afrique, les Amériques, l'Océanie qu'à titre de dépaysement, pour rêver un peu. Mais c'est le mouvement inverse qu'il faut effectuer : partir des autres continents. Et l'on découvre alors la bizarrerie de nos modes de pensée et de notre fonctionnement social, dont le rapport à l'habillement du corps n'est qu'un des aspects.

Parutions.com a aussi fait une recension. Comme je suis un de leurs collaborateurs, ils se sentent toujours un peu obligés de glisser des vacheries sur mes livres pour prouver qu'ils ne sont pas complaisants (ç'avait été le cas à propos de mon roman il y a quelques mois, un des critiques de ce site avait même jugé le commentaire de son collègue excessivement dur à mon encontre). Ici on me reproche de mettre sur le même plan des propos de philosophes consacrés et ceux de quidams. Mais en réalité la démarche anthropologique elle-même commande cette mise à plat. Je conçois - après ce que Bourdieu dit de l'habitus académique - que cela gène à titre personnel l'auteur de la recension, diplômé en philologie romane et agrégé de langue italienne, se conçoit tout à fait, mais cela colle parfaitement avec le sens profond de ce livre, qui est est de déceler le sens commun de la nudité pour tout individu sans distinction de culture ni de classe.

Naturisme Magazine, outre sa recension, m'invite aimablement dimanche prochain,au château de Barjac dans le Gard, où se tiendra le "premier festival de mots, d'images et de sons autour du nu, de la nature et du naturisme". J'y débattrai en début d'après-midi avec Marc Bordigoni, ingénieur de recherche.

Je précise que je ne pratique pas le naturisme, et c'est donc un sujet que je ne connais pas "de l'intérieur" - un sujet qui d'ailleurs n'est pas central dans mon livre, même s'il y a évidemment sa place. Mais il est normal que le mouvement naturiste s'intéresse à la nudité en général puisqu'elle est essentielle à sa pratique. Et je trouve intéressant qu'il se propose d'inviter des artistes et chercheurs de tous horizons pour discuter de cette question.

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