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Le défilé de mode nu de Robyn Coles à Londres

23 Février 2012 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur en Europe

1couv_nudite.jpgLes grands médias hier ont beaucoup parlé du défilé de chapeaux organisé par la jeune (31 ans) créatrice galloise inconnue Robyn Coles mardi dernier à la London Fashion, présentant des hommes et des femmes de tous âges (y compris une femme enceinte) nus, sur un mode plus "démocratique" en quelque sorte que le défilé nu des modèles dans le film Prêt-à-porter de Robert Altman (à rapprocher du même genre de défilé en décembre 2010 de Charlie Le Mindu mais avec chaussures et des corps plus conventionnels).

 

Je ne livrerai ici que le commentaire d'une des participantes sur son blog, la modèle italienne Alex B, posté sous le titre "Nude, pregnant and on the runaway".

 

"As I mentioned in my earlier post, on Tuesday I modelled for Robyn Coles Millinery as part of London Fashion Week. Robyn chose unconventional models, who would walk naked on the runway, wearing only her hats - most of the models were art models, such as myself . One of the models was Sophia Cahill, former Miss Wales and a glamour model, heavily pregnant with her second child.

 

The show certainly made people take notice. Nudity is always news , even more so if one of the nude models is pregnant.


Robyn admitted she did it to attract attention to the hats. We got our photos splashed on the web and in all papers within hours.  Some people were sarcastic, some people applauded Robyn. I did not expect to see my self in the Metro yesterday morning, I was sitting on a train and someone was reading about it and my picture was there. It felt weird, but he could not possibly recognise me so I did not say or do anything.

 

But the most surprising reaction was from an Italian fashion blog  with a post that was vitriolic and so very bigoted, it made me feel ashamed of being Italian. I will not translate it in full but it was a gratuitous attack on nudity. Pregnancy was viewed as if it were an illness, as if pregnant women's bodies were horrendous. It just made little sense to me. Robyn, by the way,  was mistaken for a man - it shows the bloggers had done little research.


I think Sophia was beautiful and I am really glad her picture can be seen everywhere. She looked radiant on the catwalk.

 

As for me, fifty plus with grey hair to my waist, my inspiration is the beautiful Yasmina Rossi who at 55 sports similar hair - and who has also posed nude. I feel good about my body and about myself and I love Robyn's hats. This was the reason why I accepted to be in her show.


There is absolutely nothing wrong with nudity, it is time we should really question these anti-nudity attitudes. The nude has a great tradition in art. The rounded belly, inspired by pregnancy, was regarded as a sign of beauty by Renaissance artists.  I would have thought these Italian bloggers would have some knowledge of such matters, coming as they do from a country that is steeped in  art.


But hold on, the "Berlusconi generation" is rather bigoted and to my great chagrin, incredibly ignorant..."

 

Ce billet répondait à celui d'une certaine "Anna" (présentée comme une jeune blogueuse intéressée par la mode) qui trouvait notamment "à la limite du mauvais goût" la présence de la femme enceinte nue (Sophia Cahill, ex-Miss Pays de Galles). Le billet de cette "Anna" est d'ailleurs intéressant car il estime que le défilé porte atteinte à la dignité de l'ensemble des modèles, et pose le jugement selon lequel un défilé n'est pas la même chose qu'une photo.

 

 

 

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Le sort des éléphants

20 Février 2012 , Rédigé par CC Publié dans #Notes de lecture

On attend toujours la traduction en français du livre de GA Bradshaw "Elephants on the Edge: What Animals Teach Us about Humanity"

 

Voici ce qu'en disait Publishers Weekly lors de sa parution :

 

"Ce livre très suggestif écrit par la spécialiste des traumatismes Bradshaw dessine des analogies entre les cultures humaine et animale pour illustrer la crise profonde qui frappe aujourd'hui les sociétés d'éléphant. Extraordinairement sensibles et sociaux, les éléphants pour leur survie ont longtemps dépendu de leur lignée-maintenant matriarchal disjointe par la sélection des troupeaux, qui perturbe les hiérarchie-et leurs psychés ont été brisées par l'isolement et la séparation prolongés, les crochets douloureux utilisés comme outils du dressage et la cruauté générale. Les éléphants capturés répondent aux critères du manuel DSM de psychiatrie du fait qu'ils souffrent de névroses post-traumatiques. Sur la base de la recherche sur le trauma animal, sur les survivants de camp de concentration et sur une éthologie du type de Konrad Lorenz, Bradshaw prononce une condamnation multidisciplinaire de l'exploitation abusibe des éléphants et célèbre ceux qui travaillent à remettre en état et à guérir cet animal-y compris un thérapeute spécialisé dans le massage d'éléphants et les propriétaires d'un sanctuaire d'éléphant dans les collines du Tennessee. En fin de compte, la question n'est pacs celle de l'anthropomorphisation. Bradshaw indique qu'au lieu de prêter à des animaux des sentiments humains, nous devrions observer qu'ils ont des sentiments qui se rejoignent avec ce que nous sentir nous pouvons dans les circonstances semblables. Avec ses résultats déchirants et ses conclusions irréfutables, ce livre mérite une lecture attentive et d'être pris en considération".

 

Je songeais à ce livre en lisant la semaine dernière (El Mundo du 17 février 2012) que 200 éléphants ont été abattus depuis mi-janvier dans le parc de Bouba Ndjida (soit un tiers des effectifs du parc) au  nord du Cameroun par des braconniers et guérilleros soudanais qui l'utilisent pour financer par le trafic d'Ivoire leurs actions armées selon la porte-parole de l'ONG IFAW Celine Sissler-Bienvenu. Un chiffre à ajouter aux 500 éléphants tués dans le parc de Viruga au Congo depuis 2010.

 

Un journal camerounais précise:

 

"A l’origine de ces massacres en série, un réseau de braconniers dont des sources crédibles révèlent qu’ils seraient d’origine soudanaise, et opèreraient avec des complicités locales. Une cinquantaine de malfrats lourdement armés, mais qui ne seraient, de sources sécuritaires, que les maillons d’un vaste réseau de trafic d’ivoire, à destination de pays asiatiques. La base arrière de ces groupements se trouverait au Tchad voisin où ils ont déjà presque intégralement éliminé l’espèce. Et lors de leurs opérations, ces braconniers ont récemment abattu six militaires tchadiens qui essayaient de leur faire barrage lors de leur repli. Les animaux abattus ont eu uniquement leurs défenses prélevées, les carcasses étant abandonnées au bénéfice des populations riveraines qui les consomment. Ainsi que le relève le témoignage d’un responsable du lycée de Mandingring, d’énormes morceaux de viande d’éléphant sont vendus depuis ces dernières semaines aux abords des routes départementales de la zone.

Pour le gouverneur de la région du Nord, Gambo Haman, cet assentiment tacite des riverains s’explique par les préjudices que leur causent régulièrement les pachydermes. Des récoltes ont en effet été saccagées par les éléphants, sans que des réponses appropriées ne soient apportées. Beaucoup voient donc d’un œil plutôt favorable le travail des braconniers, au grand regret des autorités administratives de la région. Ces dernières essaient autant que possible de combattre ce braconnage transfrontalier. Mais face à la modicité des moyens disponibles face à des groupes remarquablement bien organisés, ce sont des mesures plus globales, et la mise en place de réponses sous-régionales qui sont attendues pour mettre fin à la saigné" (Eric Elouga | Cameroon Tribune). Sur l'ensemble de l'Afrique voir le dossier ici.

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"Le plaisir et la transgression en France et en Espagne aux XVIe et XVIIe siècles"

11 Février 2012 , Rédigé par CC Publié dans #Notes de lecture

plaisir-et-transgression.jpgPuisque j'évoquais récemment l'ouvrage de Maurice Daumas sur Brantôme, signalons aussi ce livre collectif dirigé par le même historien Le plaisir et la transgression en France et en Espagne aux XVIe et XVIIe siècles. Orthez, éditions Gascogne, 472 p, Actes d'un colloque de l'université de Pau et des pays de l'Adour qui a eu lieu en mai 2005. Les amateurs d'histoire des idées y trouveront moins d'analyses que dans le livre précité. Il s'agit plutôt ici de comptes-rendus de recherches dans les archives.

 

Une exception cependant, le très suggestif article de Didier Foucault : "L'amoralisme hédoniste et libertaire des Libertins spirituels combattus par Calvin" (p. 271-305). Nous aurons peut-être l'occasion d'en reparler.

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"Le système amoureux de Brantôme" de Maurice Daumas

8 Février 2012 , Rédigé par CC Publié dans #Notes de lecture

brantome.jpgRécemment j'évoquais (en forçant un peu le trait) sur le présent blog ce petit "atlas du monde du XVIIIe siècle" qu'est Candide de Voltaire, et mon livre sur la nudité parle à plusieurs reprises du Décaméron de Boccace. Entre les deux il y a les Dames Galantes de Pierre de Bourdeille dit Brantôme rédigé en 1582, ouvrage licencieux décortiqué chez L'Harmattan en 1998 par l'historien Maurice Daumas.

 

Derrière le tissu de fantasmes et d'anecdotes plaisantes, M. Daumas recherche l'information sur la vision du corps et des rapports amoureux qui imprègne une époque autant que son auteur. N'ayant pas lu Brantôme dans le texte, je m'en remets presque aveuglément à l'analyse de l'historien. On y découvre un soldat périgourdin catholique de petite noblesse condition (fils de baron) qui a reçu une abbaye en privilège en récompense de la mort héroïque d'un de ses frères, fasciné par la cour et les moeurs de ses grandes dames (Maurice Daumas malheureusement ne détaille pas la biographie de Brantôme et c'est ailleurs que j'ai puisé les quelques éléments que je viens de mentionner).

 

A travers l'oeuvre Daumas met tout d'abord au jour une conception de l'amour très axée sur les actes, une conception "agonistique" dit l'historien. "Faire l'amour" à l'époque signifie "faire la cour", mais en vue de l'union charnelle exclusivement. Le sentiment n'est pas encore séparé de l'union génitale comme il le sera cinquante ans plus tard, de même que la tendresse est presque absente de cet univers. "Faire l'amour" veut dire faire la cour en vue de l'acte sexuel, et copuler se dit "le faire". Les étapes qui conduisent de l'un à l'autre sont traitées sans aucune attention par Brantôme, et l'acte sexuel est lui-même siuvent très rapide (au point que certaines femmes peuvent s'y adonner devant des tiers sans que ceux-ci le remarquent). Aucune attention non plus bien sûr au détail physiologique, ni même à la description des corps comme on la trouve chez Boccace (sauf les corps monstrueux, celui de la femme naine, celle qui défèque par devant etc qui ne sont jamais les héroïnes des anecdotes principales mais avec lesquelles selon Daumas le genre féminin reste en continuité). Les héroïnes, toujours taxées des défauts que beaucoup d'époques leur ont prêtées (à commencer par l'inconstance), sont cependant toujours chez Daumas des femmes belles et de haute condition qui savent prendre l'initiative. La sexualité y est déjà plus raffinée qu'au début de la Renaissance (et se pense d'ailleurs elle-même comme plus raffinée que par le passé), et cependant la brutalité et l'esprit guerrier l'impègnent encore profondément au point que le viol est présenté comme un des idéaux possibles de la relation à homme-femme.

 

Daumas explique très bien cette idéalité du viol chez Brantôme comme rupture de la logique de la dette dont tout le monde est tributaire (tout comme l'idéal du héros a conquis son droit à la conquête par un acte de bravoure et donc ne doit rien à personne). A l'inverse le cocuage est la condition commune; celle du mari qui a pris sa femme à un autre et qui devra la rendre, objet d'échange social (les commérages), paré de toutes les vertus sociales (richesse, chance), tandis que l'adultère est a-social, solitaire et silencieux.

 

Les mots dans cette économie de la séduction à la hussarde ne jouent qu'un rôle utilitaire sur quelques échanges vifs de répliques qui désarment les résistance. Etrangement à ce résidu de brutalité les femmes sont conviées à apporter une participation active, l'auteur leur prêtant même une jouissance et une activité vaginale complice dans le viol.

 

Pour Daumas Brantôme se situe, ce faisant, à contre-courant d'une évolution qui va spiritualiser l'amour et l'isoler comme sentiment. Les Dames Galantes explicitement tournent en ridicule un sentiment qui ne s'identifierait pas complètement à la satisfaction génitale. On peut se demander si ce côté réactionnaire n'a pas quelque chose à voir avec la fidélité politique de Brantôme à la Ligue et à l'Espagne. Il faudra y réfléchir plus avant à l'occasion.

 

Daumas rend bien compte de la hiérarchie sociale dans laquelle s'insèrent les récits de Brantôme, la valorisation de la putain chez toutes les femmes, surtout lorsque cette prostitution se passe parmi les Grands (la cour étant à l'époque en effet un lieu d'échange des femmes assez intense, pour des raisons structurales aisément compréhensibles). Il rend justice à la fascination de Brantôme pour la beauté féminine, omettant toutefois de la rapporter aux déterminations psychologiques d'un homme petit-fils d'une dame d'honneur de la cour de François Ier et fils d'une des dames "devisantes" de l'Heptaméron de Marguerite de Navarre.

 

On retiendra aussi les démonstrations convaincantes sur le scepticisme religieux de Brantôme qui a malgré tout besoin d'un arrière-plan de culpabilité chrétienne pour stimuler la déferlante du désir, qui entre en concurrence avec l'honneur, fondé sur le bravoure (et non sur la maîtrise des passions comme au siècle suivant).

 

Très intéressant aussi ce que l'historien décrypte de l'amour conjugal, toujours un peu effrayant pour Brantôme et pour son époque car il ouvre la voie à une égalité entre hommes et femmes, crainte d'autant plus accentuée chez un éternel célibataire comme l'auteur des Dames galantes. Si l'on traite mieux les femmes qu'à l'époque de Louis XI (blâmée pour ne s'être intéressé à son épouse bourguignine que pour le lignage), mais point trop.

 

Les femmes aussi sont plus raffinées que cinquante ans plus tôt dans leur tenue comme dans leur engagement dans l'intrigue sexuelle. Brantôme l'impute à des emprunts à l'Italie et à l'Espagne, via la personne de Marguerite de Navarre plus que par les traités de civilité (à penser en comparaison avec la beauté moins intellectuelle, physique, blanche, laiteuse, toujour au bain, seins à demi à l'air dans une société qui valorise la nudité des jambes, de Marguerite de Valois). La conclusion de l'historien sur la foi de Daumas dans la sexualité pour maîtriser le temps, ce qui peut être aussi une vaste source de réflexion.

 

Un peu moins convaincant chez Daumas, le leitmotiv répété selon lequel il n'y a pas d' "identité" de la femme chez Daumas, mais seulement des galeries de portrait et des classifications (tout comme les religieux faisaient des classifications des saintes et des pénitentes), comme si dans ce "système" une femme avait toujours besoin d'être mis en regard d'une autre femme pour exister là où l'identité masculine elle serait claire et univoque.

 

Le livre n'en est pas moins pour autant un excellent ouvrage, à la fois dense, profond, suggestif, clair et cohérent, sur des sujets (l'évolution des désirs et des moeurs à la Renaissance, leur déplacement dans l'espace littéraire) que d'autres auteurs ont d'ordinaire l'habitude de traiter sur un mode plus anecdotique et brouillon.

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Nudité au Koweit

2 Février 2012 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur au P.O. et au Maghreb

Une nouvelle étrange publiée en Belgique le 24 janvier sur trois femmes (dont une mineure) arrêtées pour avoir été nues sous leur "burka" au Koweit, étrange notamment parce qu'elle  parle de "burka" alors que sur la photo il s'agit d'un niqab. L'info semble provenir du blog hilncore.com qui lui montre bien des burka en page une de ses nouvelles, et précise que les filles ont prétendu avoir fait la fête et bu, de sorte qu'elles n'ont repris leurs esprits que dans le café où elles ont été arrêtées. Un blog républicain américain reprend la nouvelle avec plus d'infos (notamment que deux des femmes sont non-koweitiennes, le fait que la fête à laquelle elles assistaient était une fête gay-lesbienne) mais sans citer de source, et en précisant que leur tenue était une abaya. La source première de l'info serait finalement le quotidien koweitien Al-Rai qui précise le lieu de l'arrestation. L'activiste Marwa Tarek interviewée par le journal égyptien Bikyamasr.com souligne le risque de prison pour ces femmes du fait en particulier des lois sur l'homosexualité, et met en cause la manière dont le garçon qui les a dénoncées a pu savoir qu'elles étaient nues (il a nécessairement soulevé leur abaya). Elle ajoute que vu les températures les femmes du Koweit sont souvent nues sous leur abaya (propos repris notamment sur le site tunisien Tunistribune). Certains commentateurs sur des blogs se demandent si l'aveu d'avoir participé à des soirées gays n'a pas été "extorqué" aux femmes pour favoriser leur inculpation, de même que le fait d'avoir bu de l'alcool. Il se pourrait tout aussi bien qu'elles se soient simplement promenées nues sous leur abaya et que tout le reste soit inventé pour les emprisonner.

 

Chose étrange aussi dans cette nouvelle diffusée à l'échelle planétaire par United Press International le nom de la blogueuse/activiste koweitienne Marwa Tarek n'apparaît nulle part sur le Web en dehors de cet article - d'où sort-elle ?

 

Par ailleurs notons qu'en Egypte les mises à nues publiques de femmes étrangères se poursuivent. Après l'américaine Lara Logan et la française Caroline Sinz, c'est au tour d'un anonyme le mercredi 24 janvier sur la place Tahrir d'après le témoignage d'un anonyme à Bikya Masr. Un phénomène déjà observé sous Moubarak comme nous l'avions indiqué dans notre livre.

 

 

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