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C. Colera cité sur Konbini.com

31 Mars 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Interviews en rapport avec mon livre "La nudité"

Un extrait d'une de mes interviews pour l'Obs est cité ici.

 

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Sappho et la basilique néo-pythagoricienne

27 Mars 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Pythagore-Isis

En 1917 fut découvert près de la Porta Maggiore à Rome, un édifice souterrain rectangulaire "précédé d'une partie antérieure appelée pronaos  l'espace principal est divisé en trois nefs au moyen de six pilastres soutenant des voûtes en berceau - la nef central fermée, quant à elle, par une abside -, qui conserve les traes de l'existence d'une série d'autels et de sièges. Les parois et la voûte sont complètement revêtues d'une décoration en stuc blanc qui part d'un large socle rouge. C'est  seulement dans l'atrium que les décorations en stuc blanc se détachent sur un fond coloré " (cf La peinture romaine de l'hellénisme à l'Antiquité tardive, Ida Baldassare, Angelo Pontrandolfo, Agnès Rouveret, Actes Sud-Motta, 2006 p.. 179). L'édifice est daté entre le règne d'Auguste et celui de Claude. Il est du même style quant aux stucs que la maison d'apparat d'Auguste sur le Palatin.

 

sappho.jpgLes thèmes des décorations apparemment religieuses : bandelettes, guirlandes, hermès, jeux et exercices d'enfants à la palestre, scènes d'éducation intellectuelle, scènes de genre et tableaux mythologiques, plus une foule de motifs plus petits tant sur la voute que sur les parois : gorgoneia, figures de divinités et de dévots, tables avec objets de culte. Dans la partie centrale sont disposés trois panneaux, les deux premiers représentent l'enlèvement des Leucippides par les Dioscures, le troisième un personnage humain transporté par un personnage ailé. L'identification de ce dernier tableau avec l'apothéose de Sappho, la célèbre poêtesse, prêtresse d'Artemis Agrotera d'Artemis Thermia à Lesbos a justifié le lien établi entre cette "basilique" et le pythagorisme par l'inventeur de l'édifice. Récemment on a cependant avancé qu'il pouvait aussi s'agir d'Inno-Leucothée se jetant dans la mer avec le petit Mélicerte-Palémon ce qui invaliderait l'hypothèse pythagoricienne.

 

Dans les Histoires naturelles Pline l'Ancien livre 4 chapitre 2 : "Now called Capo Ducato or Capo tis Kiras. It is situated at the extremity of the island of Leucas, and opposite to Cephallenia. Sappho is said to have leapt from this rock on finding her love for Phaon unrequited: the story however is devoid of all historical truth."

 

Le saut de Sappho dans la mer évoquerait la libération de l'âme du poids du corps et sa métamorphose en une vie différente.

 

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Nigidius Figulus le néo-pythagoricien et Lucain

25 Mars 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Pythagore-Isis, #Histoire secrète

A la suite de Cicéron, les historiens attribuent au sénateur Nigidius Figulus (98-45 av JC), médium et voyant, la renaissance du pythagorisme à Rome (dont l'école après lui allait se réunit dans une basilique souterraine près de la porte majeure).

 

Cicéron dit de lui:

 

« Cet homme fut à la fois paré de toutes les connaissances dignes d'un homme libre et un chercheur (investigator) vif et attentif pour tout ce que la nature dissimule (quae a natura involutae videntur). Bref, à mon avis, après les illustres pythagoriciens dont l'enseignement s'est de quelque façon éteint après avoir fleuri pendant plusieurs siècles en Italie et en Sicile, il est l'homme qui s'est levé afin de le renouveler. » (Timaeus, I, 1, 2)

 

Quand César franchit le Rubicon, Lucain dans le livre I de la Pharsale décrit la terreur qui s'empare de nombreux Romains ("Oh ! Qu'aisément les dieux nous élèvent au comble du bonheur ! Que malaisément ils nous y soutiennent !").

 

On consulte le vieux devin étrusque Arruns de Luca, dit Lucain, qui lit dans le mouvement des oiseaux et émet un oracle au vu des entrailles d'un taureau : "O dieux ! Dois-je révéler au monde tout ce que vous me laissez voir ? Non, Jupiter, ce n'est pas à toi que je viens de sacrifier, j'ai trouvé l'enfer dans les flancs de ce taureau. Nous craignons d'horribles malheurs, mais nos malheurs passeront nos craintes. Fasse le ciel que ces signes nous soient favorables, que l'art de lire au sein des victimes soit trompeur, et que Tagès qui l'inventa nous en ait imposé lui-même."

 

Le second devin que l'on consulte, c'est Figulus qui est chargée de l'expliciter :

 

"Figulus (49), qu'une longue étude avait admis aux secrets des dieux, à qui les sages de Memphis l'auraient cédé dans la connaissance des étoiles et dans celle des nombres qui règlent les mouvements célestes, Figulus éleva sa voix : "Ou la voûte céleste, dit-il, se meut au hasard, et les astres vagabonds errent au ciel sans règle et sans guide ou, si le Destin préside à leur cours, l'univers est menacé d'un fléau terrible. La terre va-t-elle ouvrir ses abîmes ? Les cités seront-elles englouties ? Verrons-nous les campagnes stériles ? les airs infectés ? les eaux empoisonnées ? Quelle plaie, grands dieux ! quelle désolation prépare votre colère ? De combien de victimes un seul jour verra la perte ! Si l'étoile funeste de Saturne dominait au ciel, le Verseau inonderait la terre d'un déluge semblable à celui de Deucalion, et l'univers entier disparaîtrait sous les eaux débordées. Si le soleil frappait le Lion de sa lumière, c'est d'un incendie universel que la terre serait menacée ; l'air lui-même s'enflammerait sous le char du dieu du jour. Ni l'un ni l'autre n'est à craindre. Mais toi qui embrases le Scorpion à la queue menaçante, terrible Mars, que nous réserves-tu ? L'étoile clémente de Jupiter est à son couchant, l'astre favorable de Vénus naît à peine, le rapide fils de Maïa languit ; Mars, c'est toi seul qui occupes le ciel. Pourquoi les astres ont-ils abandonné leur carrière, pour errer sans lumière dans le ciel ? Pourquoi Orion qui porte un glaive, brille-t-il d'un si vif éclat ? La rage des combats va s'allumer ; le glaive confond tous les droits ; des crimes qui devraient être inconnus à la terre obtiennent le nom de vertus. Cette fureur sera de longue durée. Pourquoi demander aux dieux qu'elle cesse ? La paix nous amène un tyran ! Prolonge tes malheurs, ô Rome ! traîne-toi d'âge en âge à travers des ruines. Il n'y a plus de liberté pour toi qu'au sein de la guerre civile."

 

Et une matrone qui, habitée par Phébus, va compléter :

 

"Telle des sommets du Pinde descend la bacchante pleine des fureurs du dieu d'Ogygie, telle à travers la ville consternée s'élance une matrone révélant par ces mots le Dieu qui l'oppresse. "Où vais-je, ô Péan ! Sur quelle terre au-delà des cieux suis-je entraînée ? Je vois le Pangée et ses cimes blanches de neiges, et les vastes plaines de Philippes au pied de l'Hémus. Phébus, dis-moi, quelle est cette vision insensée ? Quels sont ces traits, quelles cohortes romaines en viennent aux mains ? Quoi ! une guerre et nul ennemi ? Où suis-je ailleurs emportée ? Me voici aux portes de l'Orient où la mer change de couleur dans le Nil des Lagides. Ce cadavre mutilé qui gît sur la rive du fleuve, je le reconnais. Je suis transportée aux Syrtes trompeuses, dans la brûlante Libye, où la cruelle Erinys a jeté les débris de Pharsale. Maintenant je suis emportée par-dessus les cimes nuageuses des Alpes, plus haut que les Pyrénées dont le sommet se perd dans les airs. Maintenant je reviens dans ma patrie. La guerre impie s'achève au sein du Sénat. Les partis se relèvent ; je parcours de nouveau l'univers. Montre-moi de nouvelles terres, de nouvelles mers, Phébus, j'ai déjà vu Philippes (50)." Elle dit, et tombe épuisée sous le dernier effort de sa fureur."

 

Je tiens Lucain pour un esprit inspiré et sans doute néo-pythagoricien lui-même. Neveu de Sénèque, né à Cordoue comme lui (mais il n'y vécut qu'un an, puis fut un protégé de Néron). Surdoué comme son condisciple Perse, il fut contraint au suicide à 26 ans en raison de ses idées républicaines et de sa participation à la conjuration de Pison (en 65) - pour savoir tout le mal que Néron fit à la philosophie et au pythagorisme il suffit de lire la Vie d'Apollonios de Tyane.

 

Pour moi le seul fait qu'il ait écrit une Katabasis (une descente aux Enfers) est le signe qu'il bénéficiait d'une inspiration mystique comme tout le pythagorisme et cette inspiration traverse toute la Pharsale.

 

On peut se demander pourquoi lorsque la Rome républicaine s'effondre face à César, il confie à deux devins étrusques et à une femme possédée par Apollon la révélation sur son avenir.

 

Lucain a eu un condisciple illustre étrusque plus âgé que lui de 5 ans et qui mourut fort jeune aussi trois ans avant lui ce qui l'a peut-être sensibilisé à l'importance de la divination étrusque dans le dispositif républicain romain. Ils eurent tous deux pour maître stoïcien le libyen de Leptis Magna Cornutus (ce qui explique peut-être le fait que Lucain dans l'épisode sur le déserte des Syrtes parle de l'Afrique comme la terre chérie d'Athéna, cela devait être mis en valeur à Leptis Magna et lui avait peut-être été transmis par Cornutus).

 

Dans Bottéro (Au commencement étaient les dieux p. 22) on lit : "Nous avons pu retrouver jusqu'en Etrurie des foies de bronze ou d'argile, directement imités de ceux de Babylone, utilisés pour l'aruspicine". Mais si Arruns en tant qu'aruspice se situe dans la tradition sumérienne-babylonienne, Bottéro situe Lucain dans la veine de l'Egypte (et d'Isis), ce qui sera prolongé par Apulée dans les générations suivantes.

 

Le culte de Figulus a-t-il été entretenu dans l'école stoïcienne du poête philosophe Cornutus ?

 

Que sait-on de cette école ? Cornutus était un affranchi du clan des Annaei auxquels appartenait Sénèque. Dans une thèse soutenue à Bucarest en 1968, Eugen Cizek écrivait  "Annaeus Cornutus ne fut du reste pas un brillant amateur de culture comme Sénèque, mais un professionnel quasi obligé, de par son humble condition, à faire de son école l'un des plus remuants cercles littéraires". Selon Cizek, l'école fut moins innovante que l'oeuvre de Sénèque, mais beaucoup de nobles romains venaient y entendre les vers de Cornutus et de ses disciples.

 

Carcopino a parlé d'une véritable secte républicaine résistante dans l' "église" néo-pythagoricienne, mais la thèse est contestée (voir wikipedia). Est-ce que l'école de Cornutus pouvait s'y rattacher ?

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Kecak

21 Mars 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps

Un style de danse inventé à Bali en 1998, le Kecak, inventé par les villageois d'Ubud à bali pour les touristes (Jennifer C. Post Ethnomusicology: A Contemporary Reader p. 58). Une pièce de théatre sur le Ramayana accompagnée de percussions vocales (empruntées au sanghyang - transes - traditionnels) avec l'aide de l'artiste allemand Walter Spies et de la chercheuse en chorégraphie Katherine Mershon.

 

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Dilmun, le paradis des Sumériens

10 Mars 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Ishtar

gilgamesh.jpgDans  Dilmun and its neighbours, Harriet E. W. Crawford (Cambridge university Press, 1998) démontre en quoi l'identification entre Dilmun et le Bahrein est juste, bien qu'il n'y ait jamais eu de mines de métal au Bahrein, mais il était un entrepôt du cuivre de la péninsule d'Oman (Magan), à laquelle il est souvent associé dans les tablettes cunéiformes d'Akkad, ainsi que Meluhha (la culture de l'Indus). Dilmun est aussi associée à la pêche et aux perles.

 

En 1878, le capitaine Durand décrivit un pied de statue retrouvé dans une mosquée (mais détruit dans le blitz de Londres en 1940) portant une dédicace cunéiforme au dieu Inzak d'Agarum par un certain Rimum. Ce dieu est généralement présenté comme le principal dieu de Dilmun, et le fils du dieu de l'eau mésopotamien Enki.

 

Dès 2 200 av JC une ville de 30 ha existe au Bahrein derrièe des murailles, avec un Etat centralisé - voir le mémoire d'Ashkanani Diss "Interregional Interaction and Dilmun Power in the Bronze Age: A Characterization Study of Ceramics from Bronze Age Sites in Kuwait" University of South Florida in Spring 2014). Vers 2 000 les habitants de Dilmun ont colonisé l'île de Falaka au large du Koweit, qui éclipsa le Bahrein vers 1 500 et peut-être même le domina (cf Pott, 1983). Dans la seconde moitié du deuxième millénaire, elle devient une province de l'empire babylonien, dont les ressources sont exploitées, notamment le lapiz-lazuli.

 

Les textes du deuxième millénaire mésopotamiens décrivent Dilmun comme un paradis d'eau et de végétation. C'est là que Gilgamesh rencontre Ziusudra, survivant du déluge, rendu immortel pour avoir sauvé l'humanité. Cette idéalisation, nous dit Crawford, dans des traditions antérieures à 2800 av JC résulte peut-être d'une perte de contact avec Dilmun avant 3 200. Il ne réapparait que vers 3 000. Certaines thèses étendent Dilmun au delà du Bahrein à toute la côte de la péninsule arabique.

 

Gilgamesh apprend qu'il doit trouver des plantes ou des fleurs qui poussent sur le lit de la mer. Il attache des pierres à ses pieds ce qui évoque la tradition des pêcheurs de perles du Bahrein (cf Robin A. Donkin, " Beyond price - pearls and pearl fishing Origins to the Age of Discoveries, 1998, Publisher: American Philosophical Society p. 48). Les "fleurs d'immortalité" peuvent être des perles. En Sanskrit on les appelle manjari, fragments de bourgeons (cluster of blossoms). Il faut penser aux vertus médicinales des perles. Et les perles des huitres apparaissent là où l'eau salée s'est mélangée aux jets soys marins d'eau douce (superposition de deux eaux qui a donné le nom du Bahrein - bahrani). A moins que ces "fleurs" soient des coraux.

 

Mais Gilgamesh s'endort et un serpent vole ses fleurs d'éternité.

 

Pour Brigitte Lion (dans Représentations du temps dans les religions : Actes du colloque organisé p par le Centre d'Histoire des Religions de l'Université de Liège, dir Vinciane Pirenne-Delforge et Öhnan Tunca, Presses universitaires de Liège 2003), le paradis de Dilmun, figurant au début du mythe d'Enki et Ninhursag serait un monde à venir plus qu'un paradis originel. Elle exclut que ce mythe ait influencé la Genèse car il n'a pas eu d'écho après 1900 av JC (à la différence du Poème babylonien de la Création Enuma Elis, qui lui était lu à chaque fête du nouvel an à l'époque néo-babylonienne). Et d'ailleurs la notion de paradis seraitune invention hellénistique transformant le mot perse "gan" (jardin). Les premiers temps chez les sumériens n'auraient rien d'idylliques

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Le culte de la lune chez les Albaniens

7 Mars 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées

lune.jpgTémoignage de Strabon sur le culte de la Lune chez les Albaniens (Azerbaïdjan actuel) :

 

"Les principales divinités que les Albani adorent sont le Soleil, Jupiter et la Lune. Mais cette dernière est chez eux l'objet d'une vénération particulière. Elle a son temple tout près de la frontière d'Ibérie. Un grand prêtre, qui est après le roi le personnage le plus honoré du pays, est chargé de l'administration de la vaste et populeuse contrée qui dépend du temple et forme le territoire sacré en même temps que de la surveillance à exercer sur les hiérodules, lesquels comptent dans leurs rangs beaucoup d'enthousiastes et de prophètes. S'aperçoit-il en effet qu'un de ces hiérodules, sous le coup d'une possession plus complète, erre toujours seul dans les bois, le grand prêtre le fait enlever et charger des chaînes sacrées ; puis il le garde ainsi toute une année, ayant soin que sa nourriture soit la plus friande et la plus recherchée possible ; après quoi, le jour anniversaire de la fête de la déesse étant arrivé, il le fait oindre de parfums et conduire à l'autel pour y être immolé parmi les autres victimes. L'immolation a lieu de la façon suivante : un homme armé de la lance sacrée, instrument légal des sacrifices humains, sort de la foule et d'une main dès longtemps exercée perce le flanc du patient et lui enfonce le fer jusqu'au coeur. La victime tombe, de sa chute se tirent certains présages aussitôt publiés, puis le corps est porté en un lieu où tous viennent le toucher du pied pour se purifier à ce contact sacré."

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Lysis de Tarente et le premier pythagorisme

4 Mars 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Pythagore-Isis

L'abbé provençal Barthélémy dans Voyage du jeune Anacharsis en Grèce tome 4 (1788) rappelle le souvenir (p. 185) de Lysis de Tarente qui, rescapé de la persécution des pythagoriciens, se réfugia à Thèbes où il fut accueilli par Polymnis et fut l'éducateur d'Epaminondas, fils de Polymnis, selon Diogène Laërce. A sa mort, Epaminondas le fit enterrer dans le rituel pythagoricien à Thèbes de sorte que Théanor venu d'Italie du Sud faire rechercher son corps put se réjouir du fait que tout avait été fait dans les règles. Il évoque aussi l'anecdote d'Euryphémus de Syracuse, autre pythagoricien, qui l'avait laissé en prière au temple d'Héra et l'y retrouva le lendemain matin (cité aussi par "La vie de Pythagore" de Dacier en 1706) . Un faux  intitulé Lettre de Lysis à Hippase, cité par Jamblique, qui fait l'éloge de la purification, affirme que Lysis fut dans la maison de Pythagore incendiée (Pythagore est mort vers 495, et Lysis vers 390, Epaminondas en 362).

 

L'auteur dit avoir écrit ce livre pendant trente ans à partir de 1757. C'est lui qui l'a fait entrer à l'Académie française.

 

L'Allemand Christoph Meiners dans "Histoire de l'origine des progrès et de la décadence des sciences dans la Grèce" (traduit en France en 1798) précise que selon Plutarque "Théanor croyoit à la réalité des songes, savoit distinguer les apparitions des hommes morts de celles des hommes vivans" (Meiners méprise ce pythagorisme irrationnel auquel il rattache aussi Vatinius et Figulus à l'époque de Cicéron - il trouve l'anecdote dans un essai de Plutarque qu'il ne cite pas, en fait "Sur le démon de Socrate" mais dont il reconnaît avoir mis en cause l'authenticité dans le passé - pour lui toutes ces légendes sur le pythagorisme sont contemporaines de la décadence de cette philosophie à l'époque d'Apollonios de Tyane).

 

Pour ma part je trouve dans la dévotion de Lysis à la terre-mère comme dans les dons de médium de Theonor quelque chose de très proche du chamanisme pythagoricien décrit par Kingsley. Par effet de contraste la lecture de Meiners (qui méprisait tout ce qui était "barbare" y compris dans le pythagorisme, et qui fut un des pères du racisme scientifique) illustre tous les dangers qu'entraine l'enfermement de la philosophie dans un rationalisme et un culte du progrès étroits. Il faut refaire revivre ces premières figures du pythagorisme dans toute leur richesse et diversité mentale, ou peut-être spirituelle, pour avoir une vision plus exacte des origines de la philosophie, et de ce monde particulier qui se déployait, en Italie du Sud, entre Elée, Syracuse, Tarente et Métaponte.

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