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Yoga et satanisme : lu dans L'Orient le Jour (Liban)

27 Janvier 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme

Pour se relaxer, Satan ferait... du yoga !

"L'affaire de l'interdiction d'une « rave party » organisée à la Saint-Sylvestre à Yahchouch (après avoir été interdite une première fois à Baïssour), qui a donné lieu à une véritable chasse aux « adorateurs du diable », a récemment pris une nouvelle tournure. L'un des organisateurs de la fête, durant l'une des sessions d'interrogatoire, a dû répondre à une question insolite : pratiquez-vous le yoga ? En répondant par l'affirmative, il semble qu'il ait accru les soupçons de satanisme qui pèsent sur lui, sans aucun fondement bien sûr. On aura tout vu...

Ce qui a apparemment suscité la réaction des policiers à cet égard est une idée présentée par un prêtre dans un article, qui place le yoga – pratiqué par de très nombreux Libanais comme sport, rappelons-le, et enseigné dans de nombreux centres – dans le cadre de « croyances hindoues et inventions sataniques insolites » (sic ! ). C'est ce qui a été dénoncé dans un article virulent écrit par un blogueur, Gino Raïdy.

L'avocat du jeune homme questionné, entre autres, sur ses pratiques de yoga, Me Khaled Merheb, donne de plus amples détails, sans nommer son client. « Concernant l'origine de toute cette affaire, c'est-à-dire l'interdiction de la rave party, je ne connais toujours pas les mobiles qui ont motivé cette campagne, dit-il à L'Orient-Le Jour. Mon expérience me dit que ce dossier n'a aucune base juridique qui devait autoriser l'interrogatoire de mon client et d'autres. En effet, il n'y a aucune mention de ce qu'on appelle l'adoration du diable dans la loi libanaise. Bien au contraire, la Constitution protège la liberté de croyance. À mon avis, ceux qui sont à l'origine de cette campagne ne veulent pas s'avouer vaincus après la première vague d'interrogatoires qui n'a rien donné, et cherchent par tous les moyens à aggraver l'affaire. »

Sur la question du yoga, l'avocat affirme « n'avoir rien vu de tel au cours de toute (sa) carrière ». « Un prêtre a prétendu qu'il y a un lien entre le yoga et le satanisme, et voilà qu'on interroge les gens sur cela, souligne-t-il. Le yoga est, à l'origine, une pratique liée à une religion donnée, dont de nombreux adeptes vivent au Liban même s'ils ne sont pas libanais. Attaquer le yoga de cette façon équivaut donc à une entorse à la Constitution qui protège la liberté de croyance. Ces gens-là commettent, par conséquent, un délit. »
Nous avons tenté de contacter à cet égard le père Abdo Abou Kassem en sa qualité de directeur du Centre catholique d'information pour avoir son avis sur cette affaire, mais sans succès.

Me Merheb ajoute que son client est un étudiant très instruit, qui termine un master. « Pourquoi la police perd-elle son temps et celui des jeunes en se basant sur une illusion ? se demande-t-il. Je comprends que des autorités religieuses se sentent menacées, mais qu'en est-il de la police ? »
Et d'ajouter : « Je suis convaincu qu'il faut contre-attaquer, du moins par une campagne pour sensibiliser le public et les législateurs. D'un autre côté, si l'une des personnes lésées dans cette affaire désire porter plainte, el
le peut le faire. »"

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La mystique Sainte Marie des Vallées

23 Janvier 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme

On a noté qu'au début du XVIIe siècle, "un immense besoin de vie religieuse précipite les âmes vers le cloître et les austérités. Les anciens ordres religieux renaissent et se réforment, de nouveaux apparaissent; il semble qu'il n'y en aura jamais assez pour contenter tous les désirs et toutes les impatiences. Sainte Chantai passe sur le corps de son fils pour aller au couvent; Mme Acarie entraîne ses trois filles aux Carmélites et son laquais y devient sacristain; sur les conseils de M. de Bérulle, une dame mariée entre en religion aux Feuillantines, le mari se fait Feuillant, leurs valets les imitent, et en un clin d'oeil la maison est vide; Mme de Peltrie, pour échapper à ses parents qui la retiennent dans le monde, contracte un mariage fictif avec M. de Bernières qui consent à la supercherie. De tous côtés surgissent des voyantes et des prophètes : Marie des Vallées, la béate de Coutances, qui dirige le P. Eudes, a des imitatrices dans toutes les provinces. Comme il est naturel, tous les mystiques n'ont pas assez de tempérament pour se contenir dans de justes bornes; sur le mysticisme se greffe l'illuminisme. D'Espagne, où ils ont été chassés par des édits royaux, arrivent des alhumbrados, ancêtres de Molinos et de Malaval... La Picardie, la Normandie, le pays chartrain en sont infectés; Raoul Vason et Laurent
de Troyes, capucins dévoyés et apôtres de la foi nouvelle, sont enfermés à la Bastille; Pierre Guérin et ses guérinets sont poursuivis, et saint Vincent emploie plusieurs années à les
interroger et à les examiner. L'entraînement est tel qu'à un moment on put craindre que l'illuminisme ne pénétrât dans tous les couvents, et le P. Joseph dut prendre des mesures de
rigueur pour en préserver ses Calvairiennes. Enfin, sur l'illuminisme s'entent la possession et la folie : on connaît l'histoire des possédées de Loudun, de Louviers et de Chinon. Marthe Brossier fait courir tout Paris, et les écrits du Dr Marescot et de M. de Bérulle sur ce cas de possession soulèvent plus d'émotion et de tapage que ne le feront les Provinciales". Encore peut-on dire que ces livres avaient un succès d'actualité; mais la littérature pieuse de ce temps nous révèle les mêmes tendances mystiques. Les livres espagnols nous envahissent, et la Theologia Mystica de Henri Horphius, traduite en 1605, devient le bréviaire des directeurs. Parmi les écrivains pieux, les Capucins sont les plus féconds et les plus aimés du public. Le P. Laurent publie en 1631 ses Tapisseries du divin Amour, le P. Honoré de Paris son Académie évangélique, le P. Philippe-d'Angoumois ses Élans amoureux. ... Mais comme ces sentiments sublimes ne sont pas à la portée de toutes les âmes, dans d'autres ouvrages qui apparaissent bientôt en nombre incroyable, le mysticisme se colore de symbolisme aimable, où les souvenirs du paganisme et les pointes d'esprit se mêlent aux élans du coeur. Ce sont les Jésuites surtout qui les écrivent; plus mêlés à la société que les Capucins; ils ont senti le développement rapide de la « préciosité » clans le beau monde et ils cherchent à utiliser cette man
ie pour le bien des âmes." Toutes formes de religiosité auxquelles St Vincent de Paul opposera le travail et la simplicité.

Au nombre des dévotions nouvelles, il y a celle au Coeur de Jésus de la Vierge, inventée par le Père Jean Eudes, fondateur de la Congrégation de Jésus et de Marie qui lui est dédiée, et très décriée en son temps (notamment par les jansénistes). Marie des Vallées en est l'origine

(Marie-Marguerite Alacoque allait avoir les mêmes révélations sur le Sacré Coeur de Jésus).

Marie des Vallées, simple paysanne normande née en 1590, fut possédée par le diable à partir de 19 ans, à l'initiative d'un jeune homme qui s'en était allé voir un sorcier (le village qui l'adorait dut se cotiser pour la nourrir) puis elle récidiva 4 ans plus tard alors qu'elle était allée voir un guérisseur-sorcier. Le diable en elle l'ayant poussée à accuser à tort un notable, cela la conduisit à subir un procès en sorcellerie à Rouen avec diverses maltraitances, et d'être beaucoup éprouvée et détestée, alors que les exorcismes échouaient. Néanmoins elle n'eut jamais peur du diable qui lui semblait moins dangereux que les sorciers parce qu'il ne pouvait faire que ce que Dieu leur permettait et priait pour le salut de ces derniers. Vers 1615, à 25 ans, elle voulut être gouvernée directement par Dieu pour les moindres gestes comme Ste Catherine de Gênes (1447-1510) qui avait vu le Purgatoire comme Marie vit l'Enfer, ce qu'elle obtint, mais qui l'empêcha de communier pendant 33 ans et de maîtriser notamment sa mémoire (mais c'est grâce à ce "pilotage automatique" qu'elle fut obligée de communiquer à Jean Eudes tout ce qu'elle vivait).

Toujours désireuse de souffrir plus et de porter sur elle les péchés du monde, elle visita l'Enfer pendant plusieurs années, puis reçut en elle un "mal de douze ans" qui était l'Ire de Dieu contre les pécheurs, qui était selon elle bien pire que l'Enfer.

En 1646 la Vierge ordonne à Marie des Vallées de réciter chaque jour de l'octave un Magnificat (auparavant Marie Des Vallées vit aussi "le Seigneur tirant son propre cœur environné de flammes de sa propre poitrine et lui disant : Voilà notre cœur" - d'autres échanges de coeurs de ce type avaient eu lieu avec des saintes). La Trinité et la Vierge allaient lui révéler d'autres vérités supérieures notamment sur le gouvernement de Marie sur les créatures, la valeur du Rosaire, la supériorité de l'Ave Maria sur le Pater, le jugement de Dieu sur l'Eglise etc. Saint Jean Eudes, qui l'avait rencontrée en 1641, recueillit ses visions parce que Dieu ordonnait à la sainte qui n'avait aucune maitrise sur sa mémoire de les livrer ; à sa suite il soutiendra que le coeur de Marie et celui de Jésus sont un seul et même coeur. Lui et Marie créèrent ND de la Charité à Rouen.

Le récit de ses exorcisme fait penser à celui, à la même époque, du père Sébastien Michaëlis prieur de Saint Maximin : Histoire admirable de la possession et conversion d'une pénitente [Madeleine de Demandouls, autrement de La Pallud] séduite par un magicien... conduite à la Scte Baume pour y estre exorcizée l'an 1610... soulz l'authorité du R. P. F. Sebastien Michaelis ... commis par luy aux exorcismes et recueil des actes le R. P. F. François Domptius ,... Ensemble la Pneumalogie, ou Discours des esprits du susdit P. Michaelis ... corrigé et augmenté par luy-mesme, avec une apologie explicative des principales difficultez de l'histoire... Édition seconde - 1613

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L'Aphrodite nue de Praxitèle à Cnide

22 Janvier 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps, #Généralités Nudité et Pudeur, #Histoire secrète

L'Aphrodite nue de Praxitèle à Cnide

Dans "La Nudité, pratiques et significations", j'ai évoqué ce passage de Pline (Histoires naturelles, chap IV du livre XXXV, publiées vers l'an 77), dont voici le texte intégral :

"Lorsque l'on parle des statues, nous avons déjà indiqué la période au cours de laquelle Praxitèle a prospéré; un artiste, qui, dans la gloire qu'il a acquise par ses œuvres en marbre, s’est même surpassé lui-même. Il existe quelques œuvres de lui au Keramikos à Athènes; mais, supérieure à toutes les statues, non seulement de Praxitèle, mais de tout autre artiste qui ait jamais existé, est sa Vénus de Cnide; pour l'admiration de laquelle, de nombreuses personnes dans le passé ont entrepris exprès un voyage de Cnide. L'artiste a fait deux statues de la déesse, et proposé les deux à la vente: l'une d'elles était représenté avec des draperies,et pour cette raison les gens de Cos, qui avaient le choix, l’ont préférée; la seconde leur a été a offerte pour le même prix, mais, pour des raisons de convenances et de pudeur, ils ont jugé bon de choisir l'autre. Sur ce, les Cnidiens achetèrent la statue refusé, et elle a toujours été tenue immensément au dessus dans l'estimation générale. A une période plus tardive, le roi Nicomède souhaita acheter cette statue de la Cnidiens, et leur fit une offre pour rembourser la totalité de leur dette publique, qui était très grande. Ils préférèrent, cependant, de se soumettre à n’importe quelle extrémité, plutôt que de se séparer d’elle; et avec raison, par cette statue de Praxitèle a perpétué la gloire de Cnide. Le petit temple dans lequel elle est placée est ouverte sur tous les côtés, de sorte que les beautés de la statue admettent d'être vues de tous les points de vue; un arrangement qui a été favorisé par la déesse elle-même, est-il généralement admis. En effet, de quelque point qu’on la considère, son exécution est tout aussi digne d'admiration. Il est dit qu’un certain individu, est tombé amoureux de cette statue, et, se cachant dans le temple pendant la nuit, la gratifié de sa passion lubrique, dont les traces sont visibles dans une tache laissée sur le marbre. "

Dans son "Nudité et pudeur" HP Duerr voit dans l'histoire de l'homme qui s'accouple avec la statue d'Aphrodite une preuve que la nudité des statues féminines n'allait pas de soi. J'ai longtemps adhéré à ce jugement, mais aujourd'hui je ne crois pas que l'on puisse tirer une telle conclusion de cette anecdote, parce qu'elle s'inscrit dans un tout autre contexte que celui de la pudeur. Et ce contexte, je viens de le trouver, tout à fait par hasard, hier, dans Amours ("Erotes") du pseudo-Lucien, un texte de la fin du IIe siècle (au plus tôt). Ce qui est très étonnant dans ce texte c'est qu'il reprend exactement l'ordre du propos de Pline l'Ancien. En voici le texte intégral pour la partie qui nous intéresse.

"Nous résolûmes de relâcher au port de Cnide, pour y voir le temple et la fameuse statue de Vénus, ouvrage dû à l’élégant ciseau de Praxitèle, et vraiment plein vénusté[12]. Nous fûmes doucement poussés vers la terre par un calme délicieux, que fit naître, je crois, la déesse qui dirigeait notre navire[13]. Je laisse à mes autres compagnons le soin des préparatifs ordinaires, et, prenant de chaque main notre couple amoureux, je fais le tour de Cnide, en riant de tout mon cœur des figures lascives de terre cuite[14], qu’il est naturel de rencontrer dans la ville de Vénus. Nous visitons d’abord le portique de Sostrate[15] et tous les endroits qui pourraient nous procurer quelque agrément, puis nous nous rendons au temple de Vénus. Nous y entrons, Chariclès et moi, avec un grand plaisir, mais Callicratidas, à contre-cœur, comme si cette vue sentait trop la femme. Je crois qu’il eût échangé volontiers la Vénus de Cnide pour l’Amour de Thespies[16].

À peine étions-nous dans la première enceinte, que nous sommes caressés par la douce haleine des, zéphyrs amoureux. Le sol de la cour n’est point stérile ni revêtu de dalles de pierres ; il abonde, ainsi qu’il convient à un lieu consacré à Vénus, en arbres fruitiers, dont la tête verdoyante, s’élevant jusqu’aux cieux, enferme l’air sous un épais berceau. En outre, le myrte, chargé de fruits, pousse un abondant feuillage, sous l’influence de la déesse, tandis que les autres arbres déploient à l’envi leurs beautés naturelles. Jamais la vieillesse ne vient les dessécher et les blanchir ; une verdure éternelle règne sur leurs jeunes rameaux toujours gonflés de sève. Il s’y mêle bien quelques arbres qui ne produisent point, de fruits mais leur beauté les dédommage. Le cyprès et le platane s’élèvent au plus haut des airs et parmi eux l’on voit se réfugier aux pieds de Vénus le laurier, l’arbre de Daphné, qui, jadis, se dérobait à la déesse. Le lierre amoureux rampe autour de chaque tronc, qu’il tient embrassé. Des vignes entrelacées et touffues sont chargées de raisins, car Vénus unie à Bacchus a plus de volupté[17] ; on doit allier les plaisirs qu’ils procurent : séparés, ils flattent moins nos sens. Dans les endroits où le bocage épaissit l’ombre, des lits de verdure offrent un doux repos à ceux qui voudraient y faire un festin. Les citoyens distingués, y viennent quelquefois, mais le peuple s’y porte en foule aux, jours de solennité, et fête réellement Vénus.

Après avoir suffisamment goutté la douceur de ces ombrages, nous rentrons dans le temple même. La déesse en occupe le milieu : c’est une statue du marbre de Paros, de la plus parfaite beauté. Sa bouche s’entr’ouvre par un gracieux sourire ; ses charmes se laissent voir à découvert, aucun voile ne les dérobe ; elle est entièrement nue, excepté que de l’une de ses mains elle cache furtivement sa pudeur[18]. Le talent de l’artiste se montre ici avec, tant d’avantage, que le marbre, naturellement dur et roide, semble s’amollir pour exprimer ses membres délicats. À cette vue, Chariclès, transporté d’une espèce de délire, ne put s’empêcher de s’écrier : « Heureux Mars, entre tous les dieux, d’avoir été enchaîné pour cette déesse ! » En disant cela, il court à la statue, et, serrant les lèvres, tendant le cou autant qu’il le pouvait, il lui donne un baiser. Callicratidas regardait en silence et concentrait son admiration. Le temple a une seconde porte pour ceux qui veulent examiner avec attention la déesse, la voir par le dos et l’admirer tout entière ; en entrant par cette autre porte, on peut aisément contempler sa beauté postérieure.

Ayant dessein de voir la déesse en entier, nous faisons le tour de l’enceinte. Une femme, à qui la garde des clefs est confiée, nous eut à peine ouvert la porte, qu’un étonnement subit s’empara de nous à la vue de tant de beautés. L’Athénien qui, jusque-là, avait regardé avec indifférence, considérant les parties de la déesse conformes à son goût, s’élève avec un enthousiasme plus violent que celui de Chariclès : « Par Hercule ! que ce dos est bien proportionné ! Que ces flancs charnus offrent une agréable prise ! Comme ces chairs[19] s’arrondissent avec grâce ! Elles ne sont point trop maigres ni sèchement étendues sur les os ; elles ne se répandent pas non plus en un embonpoint excessif ! Mais qui pourrait exprimer le doux sourire de ces deux petits trous creusés sur les reins ? Quelle pureté de dessin dans cette cuisse et dans cette jambe qui se prolonge en ligne, droite, jusqu’au talon ? Tel Ganymède, dans les cieux, verse, le doux nectar à Jupiter : car, pour moi, je ne voudrais pas le recevoir de la main d’Hébé. » À cette exclamation, passionnée de Callicratidas, peu s’en fallut que Chariclès ne demeurât immobile de surprise, et ses yeux, flottant, dans une langueur humide, trahirent son émotion.

Quand notre admiration satisfaite se fut un peu refroidie, nous aperçûmes, sur l’une des cuisses de la statue, une tache semblable à celles d’un vêtement. La blancheur éclatante du marbre faisait ressortir encore plus ce défaut. D’abord je me figurai, avec quelque vraisemblance, que ce que, nous voyions était naturel à la pierre. Les plus belles pièces ne sont point à l’abri de ce défaut, et souvent un accident nuit à la beauté d’œuvres qui, sans cela, seraient parfaites. Croyant donc que cette tache noire était un défaut naturel, j’admirai l’art de Praxitèle, qui avait su dissimuler cette difformité du marbre dans l’endroit où l’on pouvait le moins l’apercevoir. Mais la prêtresse qui nous accompagnait nous détrompa en nous racontant une histoire étrange et vraiment incroyable : « Un jeune homme, d’une famille distinguée, nous dit-elle, mais dont le crime a fait taire le nom, venait fréquemment dans ce temple ; un mauvais génie le rendit éperdument amoureux de la déesse. Comme il passait ici des journées entières, on attribua d’abord sa conduite à une vénération superstitieuse. En effet, dès la pointe du jour, avant le lever de l’aurore, il accourait en cet endroit et ne retournait à sa demeure que malgré lui et longtemps après le coucher du soleil. Durant tout le jour, il se tenait assis vis-à-vis de la déesse ; ses regards étaient continuellement fixés sur elle ; il murmurait tout bas je ne sais quoi de tendre, et lui adressait en secret des plaintes amoureuses.

« Voulait-il donner le change à sa passion, il disait quelques mots à la statue, comptait sur une table quatre osselets de gazelle, et faisait dépendre son destin du hasard. S’il réussissait, si surtout il amenait le coup de Vénus[20], aucun dé ne tombant dans la même position, il se mettait à adorer son idole, persuadé qu’il jouirait bientôt de l’objet de ses désirs. Mais si, au contraire, ce qui n’arrive que trop souvent, le coup était mauvais, et si les dés tombaient dans une position défavorable, il maudissait Cnide entière, s’imaginant éprouver un mal affreux et sans remède ; puis, bientôt après, reprenant les dés, il essayait, par un autre coup, de corriger son infortune. Déjà, la passion l’irritant de plus en plus, il en avait gravé des témoignages sur toutes les murailles ; l’écorce délicate de chaque arbre était devenue comme un héraut proclamant la beauté de Vénus. Il honorait Praxitèle à l’égal même de Jupiter. Tout ce qu’il possédait de précieux chez lui, il le donnait en offrande à la déesse. Enfin la violence de sa passion dégénéra en frénésie, et son audace lui procura les moyens de la satisfaire. Un jour, vers le coucher du soleil, à l’insu des assistants, il se glisse derrière la porte, et, se cachant dans l’endroit le plus enfoncé, il y demeure immobile et respirant à peine. Les prêtresses, suivant l’usage, tirent du dehors la porte sur elles, et le nouvel Anchise est enfermé dans le temple. Qu’est-il besoin de vous dire le crime que cette nuit vit éclore ? Ni personne, ni moi ne pourrais l’essayer. Le lendemain on découvrit des vestiges de ses embrassements amoureux, et la déesse portait cette tache comme un témoin de l’outrage qu’elle avait subi. À l’égard du jeune homme, l’opinion commune est qu’il se précipita contre des rochers ou qu’il s’élança dans la mer ; le fait est qu’il disparut pour toujours. »

La prêtresse parlait encore, que Chariclès, l’interrompant, s’écria : « Une femme se fait donc aimer, même lorsqu’elle est de pierre ? Eh ! que serait-ce si l’on voyait vivante une beauté si parfaite ? Ne préférerait-on pas une seule de ses nuits au sceptre de Jupiter ? » Alors Callicratidas se mettant à sourire : « Nous ne savons pas encore, Chariclès, dit-il, si, en arrivant à Thespies, nous n’apprendrons pas une foule d’histoires semblables. En attendant, ceci est une preuve manifeste, qui dépose contre la Vénus que tu préfères. — Comment donc ? » repartit Chariclès. Callicratidas lui répondit avec assez de raison, ce me semble : « Ce jeune homme amoureux, dit-il, avait le loisir d’une nuit entière et pleine liberté pour satisfaire complètement sa passion ; cependant il s’est approché de la statue à la manière philopédique, et il eût voulu, je pense, ne point trouver de femme de l’autre côté. »

Je passe sur l'évocation des jardins d'Aphrodite, qui rappelle le propos de Philostrate quand il décrit la visite du pythagoricien Apollonios de Tyane aux jardins de la déesse à Paphos (Chypre), bien que cette douceur de la nature qui entoure la statue soit indissociable du charme du marbre lui-même. L'ordre du récit de Pline est suivi en tant que le pseudo-Lucien, avant de raconter l'anecdote précise que le temple a une seconde porte (mais il ne dit pas qu'il est ouvert de tous côtés - la seule ouverture d'une porte à l'arrière dans le saint des saints devait être une grande nouveauté pour l'Antiquité si l'on en croit Helena Petrovna Blavatsky qui, dans la doctrine Secrète Tome 3 p. 16 note que toutes ces parties de temples païens n'ont qu'une ouverture), ce qui est fait pour que le visiteur puisse admirer la statues sous tous ses angles (ce que ne manquent pas de faire les visiteurs), et éventuellement qu'ils voient ses fesses avant son ventre et sa poitrine ou en tout cas que les fesses soient à la lumière du jour. Cette similitude dans la structure du récit n'est selon moi pas due au fait que Pline se sentait "obligé de copier" Pline, mais sans doute y avait-il une manière "canonique" dans les écoles de littérature (de grammaire et de rhétorique) grecques de parler de Cnide, manière que Pline et le pseudo-Lucien connaissaient tous deux ("il est dit qu'un individu", le "il est dit" le "on raconte" fait référence chez Pline à une manière conventionnelle de raconter) et qu'ils étaient eux-mêmes obligés de reproduire (en n'y ajoutant que quelques variantes stylistiques en ce qui concerne le pseudo-Lucien) pour recevoir l'approbation de leurs lecteurs et de leur public.

Le pseudo-Lucien ne va pas jusqu'à suggérer comme Pline que c'est la déesse elle-même qui aurait demandé la pluralité des ouvertures du temps dans une vision extatique aux prêtresses (zacore et neacore). En revanche il est plus précis que son prédécesseur sur cet aristocrate qui s'enferme avec la statue pendant la nuit. Il est authentiquement possédé par Aphrodite, à l'initiative d'un malin génie. Sa dévotion est obsessionnelle, au delà de la tendre confiance que l'honnête homme (les Grecs refusent l'excès) doit éprouver pour la déesse lorsqu'il est protégé par elle sur les flots, ou lorsqu'il bénéficie de la douceur de ses jardins et des rêves érotiques qu'elle lui inspire. Cette possession mystique est à l'origine de la hiérogamie nocturne avec la statue sacrée, et du suicide au petit matin (dans la mer parce qu'Aphrodite est née de l'écume des flots).

Voir dans le "malin génie" le signe que la société cnidienne n'est pas accoutumée à la nudité des statues féminines est réducteur. Ça ne tient pas la route. A la rigueur ont l'eût admis si l'événement s'était passé juste après l'acquisition de la statue par la ville. Mais ce n'est pas le cas. Le pseudo-Lucien dit lui-même que les statues érotiques abondent à Cnide, et que celle de Praxitèle doit son pouvoir de fascination non pas au fait qu'elle soit dévêtue mais à la finesse de ses traits et à la justesse de ses proportion. La lecture de Duerr n'est donc pas la bonne.

L'Aphrodite nue de Praxitèle à Cnide
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Une actrice de X pose pour PETA à Londres

13 Janvier 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur en Europe

PETA ne s'arrange pas : l'association eu recours aux services de l'actrice X Samantha Bentley pour poser aujourd'hui nue devant l'ambassade de Russie à Londres en signe de protestation contre un projet russe d'envoyer des singes sur Mars. Il est vrai que Mme Bentley, 28 ans, a des talents diversifiés puisqu'elle a joué dans Game of thrones.

Une actrice de X pose pour PETA à Londres
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La Matrone d'Ephèse chez La Fontaine et chez Pétrone

2 Janvier 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Philosophie, #Anthropologie du corps

La Matrone d'Ephèse chez La Fontaine et chez Pétrone

Le thème de l'inconstance des sentiments et de la futilité de la chasteté et de la fidélité n'est pas seulement un sujet politique sur la difficulté de soumettre l'humaine à la morale civique (dans le discours républicain) ou d'enfermer la femme dans des principes rigoureux (selon la version machiste). Il touche plus profondément au problème de l'animalité humaine et de ce qu'il faut en faire (vous savez que beaucoup de spiritualités de la non-violence, asiatiques ou néo-platoniciennes notamment ont pour essence un retour au végétal, et je crois que même la prophétie 66 d'Isaïe a quelque chose à voir avec cela...).

Je suis tombé hier par hasard sur cette histoire maintes fois racontée pendant 2 000 ans, celle de la matrone d'Ephèse. J'ai commencé par la fable de La Fontaine. Elle a le mérite de gommer ce qui, dans l'original de Pétrone, rend le conte le plus vraisemblable et le plus fort, tout en le chargeant de considérations "élégantes" à la mode du siècle de Louis XIV qui, par contraste, permet ensuite de pousser un soupir de soulagement quand on découvre la version originale du récit.

La trame résumons la : le mari d'une jeune veuve à Ephèse meurt. On l'enterre. Mais la femme, amoureuse inconsolable s'enferme dans le tombeau avec sa servante, résolue à mourir sur le cadavre de l'aimé (en ce sens c'est un peu comme la Chambre Verte de Truffaut). Elle tient ainsi à pleurer sans manger et son comportement fait l'admiration de toute la ville, mais voilà qu'un soldat qui garde la cadavre d'un condamné à mort près de là pour que sa famille ne le récupère pas, attiré par le bruit des pleurs, vient trouver la belle dans son tombeau. En lui faisant humer son propre souper il la persuade de recommencer à manger, puis elle devient la maîtresse du soldat. Celui-ci ayant négligé de bien garder le cadavre dont il a la charge on le lui dérobe, mais lui et son amante vont régler le problème en remplaçant le cadavre du condamné à mort par celui de la veuve.

Chez La Fontaine le récit est stupide, sans relief, et incompréhensible, ne serait-ce que parce que, par souci chrétien d'éviter la moindre accusation de blasphème (car les lecteurs malveillants auraient fait vite le rapprochement avec le Golgotha), l'auteur ne précise pas que le condamné à mort est en fait un brigand crucifié, ce qui explique que le légionnaire doive garder non pas un mais plusieurs cadavres pends au bois. La Fontaine ajoute à l'histoire une historiette absurde de Cupidon qui décoche une flèche à la veuve et au soldat, sornette qui devait faire se pâmer dans les salons de Versailles au grand siècle, mais qui obscurcit la profondeur de l'intrigue.

La profondeur on la retrouve dans toute sa force sous la plume de Pétrone. Son récit est très brut, très axé sur la violence physique des sentiments. Comme toutes les veuves du bassin méditerranéen antique, la matrone d'Ephèse a la poitrine dénudée, elle se griffe les seins avec rage, pleure sans retenue, et c'est ce qui impressionne beaucoup les gens de la ville, ce qui garantit l'authenticité de son amour et de son deuil. Elle s'enivre de douleur pour ainsi dire, de sorte que quand le soldat vient la voir au tombeau, choquée par la proposition qu'il lui fait de manger, elle se déchire encore plus la poitrine, s'arrache les cheveux par poignées et les jette sur le cadavre de son mari.

Parce que la partie physique est plus assumée, tout est plus concret, et Pétrone se fait plus précis sur la dimension biologique du drame : ce n'est pas parce que Cupidon décoche une flèche que la veuve tombe amoureuse, mais parce qu'elle a mangé ! Pétrone le dit clairement : on sait ce qu'il se passe lorsque le corps reprend des forces après des jours de privation alimentaire : le désir sexuel prend le dessus. C'est donc bien toute l'animalité des processus qui est ici mise en scène. Et Pétrone ne se contente pas, comme La Fontaine, d'évoquer les sentiments avec lyrisme : il nous dit très concrètement que la veuve et le soldat vont faire l'amour dans cette nécropole, juste après avoir refermé la porte du tombeau du mari en décomposition. Ils vont y faire l'amour pendant plusieurs jours, au milieu des sépultures, et c'est parce que le soldat revient plusieurs fois pendant une semaine apporter de la nourriture à sa nouvelle maîtresse, qu'un des crucifiés va être dérobé (probablement par une famille).

Cette précision physiologique est d'autant plus forte qu'elle intervient dans un contexte religieux païen très poignant où l'on croit aux fantômes et aux esprits. Au début le soldat a peur que la veuve éplorée soit un revenant, et, s'il est fasciné par son amour physique pour cette jolie fille, c'est aussi, nous dit Pétrone, parce que l'aventure est entourée de "mystère", c'est à dire d'un arrière plan religieux étrange et lugubre.

La Fontaine a raison de souligner que le conte pose la question du choix entre la vie et la mort, et du faible mérite d'un amour mort ou du cadavre d'un être aimée, face même à une simple aventure sexuelle avec un être vivant. Mais Pétrone pose la question de la mort en des termes beaucoup plus profonds et pourrait-on dire "sauvages".

Le soldat n'est pas seulement menacé de mort par les autorités de la ville pour avoir laissé disparaître le cadavre du condamné, dans Pétrone il propose de se suicider par le glaive sur la cadavre du mari de la veuve, et celle-ci va proposer immédiatement au soldat de crucifier son mari en lieu et place du brigand dont la dépouille a été dérobée. Cela crée des télescopages d'images extrêmement forts, entre le corps vivant du soldat qui pourrait rejoindre celui du mari mort (alors que c'est le corps de la veuve qui au début devait se "cadavériser") et entre le corps du mari aimé et celui du brigand inconnu.

Parmi les auditeurs du conte un d'eux dire que c'est la veuve qui aurait dû être crucifiée plutôt que le mari innocent. Un des membres de l'assemblée estime que cette remarque échappe au bon goût puisque le conte était censé faire rire. Ce n'est pas le jugement porté par l'auditeur qui est inconvenant mains le fait qu'il soit émis alors que l'on est censé rire.

Mais on sait combien le rire antique était à double sens. Sous la légèreté se cache la gravité. L'Ane d'Or d'Apulée par exemple en est la preuve. Le fait que le conte de Pétrone fourmille de référence à l'Enéide - car la beauté de la fidélité de la matrone est mise en parallèle avec le veuvage de Didon, la reine de Carthage.

On a dit que ce conte de Pétrone est une sorte de "milésienne" insérée dans le Satyricon, ce qui peut expliquer que l'histoire se passe à Ephèse. Le genre milésien est né à Milet pas très loin d'Ephèse au IIe siècle av JC. On n'en a guère gardé de traces mais on le présente comme un genre léger, comique, très axé sur les liaisons amoureuses, l'immoralité, et Apulée y fait allusion dans son propre conte. On sait que les soldats romains en avaient dans leurs bagages (ou plus vraisemblablement leurs officiers). A Carrhae (Harran) en Mésopotamie, où les légions de Crassus subirent un désastre en 53 av JC, les Parthes trouvèrent des milésiennes dans les affaires des Romains. Le roi des rois parthe quand on les lui montra s'en indigna et y vit un symptôme de la décadence morale de Rome, sans doute parce que ces textes n'avaient pas de portée moralisatrice,ils ne permettaient que de mettre à nus les dilemmes de la condition humaine et faire rire à son sujet pour ne pas en pleurer. Cela n'interdisait pas de philosopher dessus très sérieusement ensuite, et d'ailleurs les commentateurs du conte ne s'en sont pas privés.

A mon sens on a là un sujet très profond de méditation sur la chair vivante, l'arbitrage entre l'ici-bas et l'au-delà, la part à laisser à l'animalité humaine, sa capacité de résilience, de regenérescence, et la façon dont celle-ci peut et doit être vécue sans trahir le passé, c'est-à-dire en laissant aux morts et au mort (à ce qui est mort dans nos propres vies) la part (la part d'ombre) qui nécessairement leur revient toujours au cœur du processus vital dans son développement actuel.

On notera que le conte de la matrone d'Ephèse, qui inspira aussi Voltaire dans Zadig (ou encore Octave Feuillet dans La Veuve), eut un équivalent chinois, l'Histoire de Tchouang-tseu, qu'on appela aussi Histoire de la matrone de Soung et Abel Rémusat avança même dans une préface à des contes chinois de 1827 que la Chine avait pu avoir connaissance du conte de Pétrone. Au VIe s av JC, le futur disciple de Lao-Tseu, Tchouang-tseu rencontre une jeune veuve qui évente le tombeau de son mari défunt car il lui a fait promettre de ne se point remarier tant que l'extrémité n'en sera pas desséchée. Avec l'aide des esprits le sage fait assécher la terre d'un coup d'éventail, ce dont elle le remercie vivement. Lui même tombe malade. La femme qu'il aime, dame Tian, la troisième qu'il ait épousée et avec qui il s'était retiré dans une chaumière, lui jure fidélité et de ne jamais se comporter comme la veuve qu'il a croisée sur son tombeau. Il expire, confiant. Sa chère veuve Tian se répand en pleurs et jeûne pendant des jours. Un jeune seigneur Wang sun, petit fils du roi des Tsou et admirateur de Tchouang-tseu, la rencontre. Elle en tombe amoureuse fait transformer la chambre funèbre en salle de noces en reléguant le cadavre du mari dans une masure voisine. Elle se marie le soir même. Lors de la nuit de noces, Wang-su révèle sa maladie cardiaque. Pour le sauver, Tian doit prendre la cervelle d'un homme nouvellement tué et lui en faire avaler dans du vin chaud. Elle propose celle encore fraîche de Tchouang-tseu et va ouvrir son cercueil . Mais elle trouve le mort éveillé par le bruit de la hache. Elle doit alors expliquer à son mari pourquoi elle ne porte plus les vêtements du deuil et a paré la chambre funéraire. Wang-su, lui, est déjà parti. Tchouang-tseu se fait servir du vin chaud, écrit un poême montrant à Tian qu'il n'est pas dupe, fait disparaître et réapparaître Wang-su. Tian honteuse va se pendre avec sa ceinture de soie. Le sage la met dans le cercueil où lui-même avait séjourné, et brise les couverts de la noce en entonnant une chanson de vengeance contre Tian. Il met le feu à sa maison (seul le livre Tao-te en sera sauvé) et au cercueil de Tian, puis part en voyage en se promettant de ne plus jamais se remarier. Il rencontrera Lao-Tseu et s'y attachera pour le restant de ses jours.

Morale de l'histoire "L'affection de ceux-là mêmes que la chair et le sang unissent n'est, le plus souvent, qu'une vaine apparence". On est là sous des cieux taoïstes quand même éloignés de l'esprit milésien...

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