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Gloria Polo aux portes de l'Enfer

27 Février 2016 , Rédigé par CC

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Une histoire secrète des Goths ?

24 Février 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire secrète, #Christianisme

Une histoire secrète des Goths ?

Je ne prétends pas pouvoir dire quoi que ce soit de pertinent sur les Goths. Et je ne suis pas sûr que les universitaires puissent en dire grand chose non plus. Quand j'ai interrogé un spécialiste du sujet membre du CNRS, sur la question de savoir si les Goths peuvent être apparentés aux Gètes, comme beaucoup de sources médiévales l'ont suggéré, il m'a sèchement répondu il y a quatre mois "les Gètes sont les Thraces et donc ne sont pas les parents des Goths".
Sauf que ça n'explique pas du tout pourquoi tant d'auteurs les rapprochent. Et puis il y a l'éternel problème : comment peut-on être catégorique sur une période où les sources documentaires font tant défaut.

Second point, je voudrais préciser que je suis méfiant à l'égard des travaux du journaliste belge Gérard de Sède, connu notamment pour ses enquêtes sur le mystère de Rennes-le-Château.

Ceci étant posé, ce n'est pas parce qu'on ne sait rien, et qu'on se méfie aussi bien de certaines sources universitaires que de certains journalistes qu'il faut s'interdire d'essayer d'avancer sur certains sujets.

Attaquons nous donc aux Goths. On sait qu'ils ont mauvaise presse dans l'univers catholique, parce qu'ils véhiculaient une hérésie religieuse, l'arianisme, qui était particulièrement brutale dans ses effets (on sait par exemple quelle violence Sébastien l'Arien, surnommé par Athanase "Sébastien le Manichéen" imposa en Egypte. Les catholiques du XIXe siècle comme Antoine-Frédéric Ozanam imputait cette violence à leur déisme (puisqu'en bon ariens ils déniaient à Jésus la nature divine, et donc refusaient d'admettre qu'un Dieu d'amour se soit incarné et soit mort sur la croix, Jésus n'est pour eux qu'une sorte de "maître ascensionné" comme dans la théosophie). Il faut rappeler cela aujourd'hui où le catholicisme a assoupli sa catéchèse et où la culture classique sur les religions s'est érodée.

Les Goths n'ont-ils fait que véhiculer l'arianisme ? Partons de cette question, et abordons là d'abord à travers De Sède, quelle que soit la méfiance qu'il nous inspire. Nous pourrons toujours corriger le tire ultérieurement.

De Sède dans "Le Mystère gothique" (Robert Lafont, 1976) nous explique d'abord qu'on ne sait pas bien d'où viennent les Goths. Jordandès, notaire goth qui se fit moine et finit évêque de Ravenne sous le règne de son compatriote Totila, dans son livre "De origine actibusque getorum" écrit vers 555 en complément d'un livre aujourd'hui disparu de Cassiodore, conseiller de Théodoric le Grand nous aurait enseigné que les Goths venaient de Scandinavie, mais, nous dit De Sève, on l'aurait mal interprété. Rien ne prouve que "l'île Scanzia" dont parle Jordandès serait cette péninsule, pas même la toponymie qui y évoque les Goths (car elle les évoque ailleurs aussi), ni les tombes muettes semblables à tant autres ailleurs que des gens comme Eric Oxternstiern ont commentées en 1948.

En relisant le passage de Jordanès, nous dit De Sède, on voit bien que Scanzia est l'endroit où ils arrivent et non d'où ils partent, et ils la nomme Gothiscanzia. Jordandès parle du goth Dicineus, philosophe harpiste, qui vivait du temps où Sylla dominait Rome. C'est lui qui aurait enseigné aux Goths les noms des étoiles, le zodiaque, l'évolution de la lune. De Sède en profite pour signale qu'Ostrogoths et Wisigoths pourraient signifier Goths brillants et Goths sages.

Puis, en partant de la Jewish encyclopedy tome VII, il note que pour les Pères de l'Eglise dans la Bible Gog (le roi de Magog) ce sont les Goths. Et, puisque Cassiodore et Jordanès nomment les Goths "Gètes", il remonte aux Massagètes des bords de la Caspienne cités par Hérodote, voit dans leur nom via le sanskrit le mot "mère des Gètes" et l'origine du mot Mesech, sur les bords de la Mer Noire où, selon Ezechiel, était le royaume de Gog,tandis que Tubal, où régnait aussi Gog, en Asie mineure, peut être le royaume des Amazones auxquelles les Gètes s'unirent selon Strabon et Jordandès pour conquérir la région du Danube.

Tout cela est un peu tiré par les cheveux vu qu'Hérodote et Strasbon n'ont pas une rigueur scientifique, ni Ezechiel, mais c'est un élément versé au débat.

De la religion initiale des Goths on ne connait que les Eddas ("grands mères") dont il existe deux versions tardives : un Edda poétique islandais recueilli au 11e siècle et un prosaïque, Edda de Snorri, du 13e siècle.

Les Eddas nous parlent de dieux réunis en deux clans : Ases et Vanes. Ils finirent par se réconcilier après la guerre. L'Ase suprême, Wotan (Odin) possède les runes (écritures magiques). De Wotan se détache Thor, l'Ase au marteau, dieu du tonnerre, et Freyr, l'Ase de la fécondité au sanglier d'or. Godh signifie dieu, qui peut s'écrire Goth. Les Goths se nomment aussi Gutan, c'est-à-dire Wotan, avait noté Pierre Borel au 18e siècle. Et les Jettes (les géants de la mythologie), cela peut s'écrire Gète. Dumézil a remarqué l'analogie entre Eddas et Mahabharata, notamment sur la mort de Baldur fils de Wotan, ce qui pourrait indiquer une origine dans le Pamir.

En 251 les Goths conquièrent la ville de Philippopoli en Macédoine. Au IVe siècle Hermanaric, surnommé par les Romains l'Alexandre des Goths quitte les rives du Dniepr et fonde un empire de la Baltique à la mer noire. Il meurt à 40 ans en 375 après être passé sous la vassalité des Huns. Son petit fils Theodoric, né juste après la mort d'Attila et élevé à Byzance, avec 250 000 hommes remonte le Danube, passe les Alpes, vainc le roi Hérule Odoacre et devient roi d'Italie en 493.

De Sède nous présente un Theodoric raffiné, religieusement tolérant et protecteur des arts (passant sous silence l'assassinat de Boèce) et accuse les chrétiens orthodoxes d'avoir accaparé son tombeau (devenu Ste Marie de la Rotonde) et d'avoir laissé son cadavre dans un cimetière voisin (ce serait le squelette casqué d'or retrouvé en 1854).

Dans la même veine enthousiaste il vante la prise de Rome par Alaric le wisigoth en 410, l'amour fou de son successeur Ataulf pour la sœur de l'empereur fantoche Honorius, Placidia, qu'il épouse en 414 à Narbonne, le royaume de Toulouse ville prospère quand Paris n'est qu'un bourg, la mort courageuse de Theodoric aux champs catalaunique contre Attila, le Missorium (un joyau) qu'Aetius offre à son fils Thorismond. Sur la base de Sidoine Apollinaire de Sède décrit une Toulouse grouillante de peuples varié (y compris les ambassadeurs de Perse) entre le Palais Narbonnais (actuel palais de justice) et l'église la Daurade couverte d'or (édifice décagonal à coupole ouverte sur le ciel). Tous les citoyens sont en armes quand le royaume est attaqué y compris les prêtres ariens qui troquent les chapes de fourrure contre des cuirasses. Les rois jurent fidélité aux coutumes du peuple. Pour de Sède, c'est l'ancêtre des fors.

Alaric II est vaincu en 507 à Vouillé par Clovis. Toulouse est envahie. Carcassonne fortifiée est sauvée avec son trésor par l'aide des ostrogoths de Théodoric le Grand. La Septimanie reste gothe, l'Espagne aussi. Sur l'Espagne gothe, De Sède reprend les idéalisations de Desdevies du Dézert de 1891.Il fait l'éloge de la simplicité de ses lois, de la pureté de ses moeurs quoique la femme y soit très libre. Les serfs disposent par testament de la moitié de leurs biens sept siècles avant que cela ne se fasse en France, la non hérédité des charges. Toujours partial De Sède ne dit rien de la fille de Clovis battue jusqu'au sang par son mari roi wisigoth d'Espagne. "En 589, croyant désarmer l'hostilité de l'Eglise catholique, le roi Reccared renoncera à l'arianisme, le royaume tombera peu à peu sous la tutelle des évêques à Rome, ce qui précipitera sa chute cent vingt huit ans plus tard" écrit de Sède dans sa veine anti-cléricale. Il accuse le clergé catholique espagnol d'avoir été si inculte qu'il aurait cru qu'Ildefonse avait reçu l'apparition de la Vierge. Il reproche aux catholiques d'avoir persécuté déjà à cette époque les Juifs que Titus avait installés en Espagne, ce qui les fit s'allier aux musulmans.

En 710 l'armée de Roderic (Rodrigue) renverse le roi Wititza dont les deux fils vont chercher l'aide du khalife Moussa en Afrique. En 711, à la bataille de Jerez une partie de l'armée gothe derrière le comte Julian passe aux Musulmans. C'est la fin du royaume wisigoth.

Les Goth depuis le début sont une confédération de peuples qui se déplacent en chariot et suivent les étoiles. On les surnomme amaxoluoï en grec, hommes du chariot mais aussi de la petite et de la grande ourse (amaxa, constellations du chariot). L'ours est leur emblème, bär, qui veut aussi dire "né" et donc noble. on peut dater leur religion du Ve s av JC parce qu'ils font naître les Ases sur le bord du fleuve Don. La rune pour ase désigne aussi lestuaire (donc le Don). Quand les Goths sont en Scandinavie, Thor dieu au marteau surclasse Odin. Puis c'est la conversion à l'arianisme.

Le message culturel des Goths aurait été transmis par leur orfèvrerie. A côté du Trésor royal (les recettes fiscales), le Trésor ancien (l'ancien butin) était magique et inaliénable. Il comprenait la Table d'Emeraude (Roderic de Tolède dit qu'elle était soutenue par 365 pieds d'or massif) et le Missorium, un vaisseau (vase ou plat) d'or massif enrichi de pierreries de 50 livres. Ce trésor était gardé par le Comte des Secrets (selon l'Histoire générale de l'Espagne de Menendez Pidal). Le chroniqueur marocain Aben Adhari parle de 64 serrures protégeant ce butin. Dagobert en 625 aurait poussé jusqu'à Saragosse pour le prendre à Swinthilla. Son successeur Sisenand, protégé des Francs, livre le Missorium à Dagobert, mais selon la Chronique de Frédégaire 23 des Wisigoths indignés attaquent le convoi et ramènent le Missorium à Tolède. Tariq ramena le Trésor à Damas au khalife Walid.

Un trésor gothique fut trouvé à Petroasa en Roumanie en 1837 qui allait connaître une histoire rocambolesque. Il pourrait s'agir du trésor du wisigoth païen Athanaric, poursuivi par les Huns, qui l'enfouit en 380 tandis que, selon Ammien Marcellin, le prince goth chrétien Fritigern allait se fixer au sud du Danube comme vassal de Constantinople.

A Toulouse et en Espagne il y eut au total 33 rois goths. Selon le chroniqueur arabe Al Kazarazdji 25 couronnes sont dans le trésor de Tolède en 711, une par roi avec son nom. 8 ont donc dû être cachées nous dit De Sède (p. 87). En 1859 un trésor est trouvé par des paysans à la Fuente de Guarrazar. Selon de Lasteyrie, le ministre des beaux arts de Napoléon III put mettre la main dessus rapidement pour son installation au musée de Cluny. Il s'y trouvait sept grosses couronnes, quatorze moindres, une colombe d'or, des vases etc. La plus grande couronne était du roi Receswinthe (653-672) 28ème roi qui réunit en un seul code les rois gothiques et romaines. Un recéleur en avait fait fondre une partie. Un autre avait restauré les couronnes. Un officier d'artillerie français lui racheté son butin. Mais une partie du trésor restait enfouie. S'y trouvait la couronne de Swinthilla (620-626) qu'un paysan allait redonner à la reine d'Espagne tandis que Pétain donna celle de Receswinthe à Franco en 1940.

Il y a aussi le trésor issu du sac de Rome par Alaric, dont l'Arche d'Alliance. El Maxin voit la table des pains d'oblation du temple de Salomon dans le trésor ramené à Damas en 711 mais la confond avec la Table d'Emeraude. Wallia, troisième roi wisigoth (415-419) a caché un temps le Trésor ancien à Carcassonne. Peut-être la partie héébraïque y est-elle restée. C'est l'avis d'Abadl de las Vinhyas et de Gaston Jourdanne. Les fouilles n'ont rien donné de ce côté là. De Sède pense qu'Amalric enterra le trésor sur le littoral languedocien. A Narbonne en 531 les Francs ne trouvèrent rien. Reste la forteresse de Rhedae, Rennes-le-Château...

Wotan fut pendu à l'arbre Ygdrasil qui est l'axe du monde. Il y resta pendant neuf nuits, puis le jour se leva, il regarda la terre, vit les runes. Aussitôt il fut dépendu et se mit à grandir, il acquit le don d'ubiquité, celui de prendre la forme des animaux, de paralyser de terreur l'ennemi, racontent les Eddas. C'est un récit gnostique (p. 115).

Les runes sont des caractères magiques. Il y a des runes amères et des runes secourables, victorieuses, médicinales etc. Le magicien Egin guérit une fille folles après que des rues aient été mal écrites par un paysan sur des ouïes de poisson pour la guérir. "Que personne ne prene sur soi de tracer des runes s'il ne sait pas les disposer" dit-il. Le paysan avait en fait placé des runes d'amour (Mannrune) mal écrites dans le lit de la belle. on pouvait prédire l'avenir en agitant avec art et dans le bon sens des bâtons sur lesquels étaient gravés des runes (ce serait les ancêtres des baguettes magiques). Tacite l'affirme. Ces baguettes magiques "scythales" étaient peut-être des baguettes de déchiffrement. Runa veut dire secret. C'est une écriture hiéroglyphique que les Goths auraient pu recevoir des Egyptiens via les Sémites selon de Sède.

Bryljufsen les déchiffra en 1823 et Grimm écrivit sur elles. La première lettre faihu désigne le bérail et la dernière othal la propriété foncière (et Wotan). Cet alphabet a été simplifié au IXe s. La rune Othal fut supprimée et la rune maléfique pour grêle fut remplacée par poisson d'eau douce et qui forme aussi le monogramme du Christ apparu à Constantin. Et la rune de ase devient celle de frêne. Homme est remplacé par tombe pour rappeler le caractère mortel de l'homme, arc par calice (p. 126). Le collier d'or de Petroasa porte en runique l'inscription "du temple des goths sacrés je suis".

Le chanoine de Bayeux du 12e s Robert note que Wotan c'est Mercure-Hermès. H. Léo en 1822 nota qu'il était ignoré des Alamans, des Francs, des Burgondes. Les Goths le leur ont apporté avec les runes. James W Marchand en 1959 nota que les Goths ne parlaient plus runique au Ve s. De Sève pensent que les runes ont été cachées après la christianisation, mais Moreri en 1789 et un mémoire de Perpignan de la même époque font état d'écritures hiéroglyphiques sur écorce d'arbre dans les archives de Carcassonne (brûlées en l'an II de la République).

La bible de Wulfila est lieu de l'invention d'une synthèse de runique, grec et latin, ancêtre de l'alphabet gothique. Chaque lettre de l'alphabet wulfilien a une valeur numérique comme en grec et en hébreux, mais pas forcément la même. Son ordre diffère aussi des autres alphabets. Peut être s'est il agi de garder une possibilité d'interprétation kabbalistique à travers cet alphabet. Deux signes qui ne sont pas des lettres conservent la rune de l'Ase Wotan et celle de l'Ase Tyr (dieu de la guerre).

Le nom de Wulfila, le louveteau, et ses origines d'Asie Mineure (selon Pilostorge) font penser à la Lycie et à Lycaon premier roi d'Arcadie (où se trouve la cité d'Asea). Le loup (symbole de l'hiver) cosmique Fenfir fut vaincu par les Ases qui l'enchaînèrent. Il attent le Ragnarokr ("crépuscule des dieux" dans Wagner). Pour de Sède, Wulfila assume le rôle du loup Fenfir qui engendrera un nouveau Wotan (Vidar) en tuant le premier (d'où le fait que son logos lui survive sous forme de rune), ce qui fait de l'arianisme un renouvellement de la vieille religion et non une rupture.

Certes les Goths n'ont rien à voir avec les ogives gothiques du 12e siècle, mais la sculpture romane doit tout aux barbares comme l'a montré Véronique Schiltz à propos de l'exposition "l'or des scythes" de 1975, et les symboles asiatiques de nos cathédrales furent peut-être apportés par les Goths (qui d'ailleurs n'étaient pas barbares - de Sède s'oppose explicitement à Fulcanelli et Leduc Viollet là dessus). Les fibules franques digitées trouvées dans les tombes mérovingiennes mais aussi gothiques ont suivi le parcours des Goths dans le Caucase, en Hongrie etc et ne sont pas franques mais gothiques, tout comme bien d'autres bijoux.

Le Gothique vient des Goths par l'influence méridionale transmise des église espagnoles au roman, et par les Vikings adorateurs de Wotan.Tous les évêques architectes des cathédrales ont des noms à consonnance scandinave et même des noms d'initiés odinistes (p. 157) : Runfar de Carcassonne, Aetternwald d'Evreux, Frodomond de Coutances, Chrodegand de Sées etc (entre 5é- et 1133). En 1431, au concile de Bâle, évêques scandinaves et espagnols se disputent la préséance au nom de leur ascendance gothique, vantant la foi des rois goths.

St Jean dans son Apocalypse mentionne les Goths sous les noms de Gog et Magog (XX, IX) pour une régénérescence cosmique identique au Ragnarokr.

Puis De Sède poursuite son enquête sur le gothique, va retrouver des runes dans les cathédrales (y compris Chartres), va chercher les origines de la langue des oiseaux du côté desCcagots (qui seraient une tribu qui aurait suivi les Goths) ou Gavots des Pyrénées-Atlantiques (en Béarn) et des langues sifflées des bergers, dans des villages comme Aas et Assat qui évoquent les Ases. Le Wisigoth Wititza (750-821), devenu St Benoît d'Aniane, évêque dans l'Hérault, initia le pèlerinage à St Jacques de Compostelle et fusionna l'ordre de Colomban avec les bénédictins. De cette synthèse est né "l'art roman du soleil" : à l'époque carolingienne des confréries d'artisans se développèrent autour de ces monastères, ancêtres du compagnonnage. L'emblème qui résume toute la tradition compagnonnique porte le nom de "Pendule à Salomon" ou "Chemin de Compostelle". Il comprend 32 lettres insîrées des runes. Il vient des goths par l'intermédiaire des Cagots. St Savin naquit à Barcelone au VI e siècle et se fit ermite près de Poitiers. St Sava le Goth se noya en Serbie dans le fleuve la Sava qui prit son nom. Il y a une Ste Savine à Ravennes, capitale des Ostrogoths. Savin veut dire sage en occitan. Savin est une synthèse de tout cela. Le compagnonnage resta clandestin jusqu'en 1789. Il avait été condamné au concile de Lavaur en 1368 pour son ésotérisme, puis par la Sorbonne en 1655. Etonnant que l'Eglise ait fait appel à eux pour construire ses cathédrales, nous dit de Sède, mais c'est parce qu'il avait le monopole de la main d'oeuvre qualifiée. Il cite beaucoup de points communs entre les Ases et l'alphabet des compagnons de la pendule à Salomon et révèle que l'emblème maçonnique X X (équerre et compas) engendre une série d'othal X X X X qu'on trouve dans des églises de l'aire wisigothique : Le Puy, Saintes, Lorigac, en Espagne et en Suède. Les animaux dans les cathédrales gothiques aussi sont des Ases, y compris l'âne à cause du jeu de mots Asinus-Asinius (âne-ase) mais aussi parce que pour les premiers chrétiens Jésus était un dieu-âne (d'où l'âne dans la fresque de la cathédrale de Lescar). il s'agit de créer des ponts entre les astrologies des cultures païennes et le protestantisme. Les Fêtes des Fous à l'issue des messes de l'âne furent longtemps célébrées selon Rouillard, notamment à Chartres. Les réminiscences des rites ondinistes y sont évidentes nous dit de Sède.

Voilà qui donne un peu le vertige...

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"Fashion dictated by underworld of prostitution"

21 Février 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur en Europe, #Généralités Nudité et Pudeur

Keene Wallis a traduit "Down there (là-bas) - a study in satanism" (un roman de l'écrivain français Joris-Karl Huysmans sur la magie noire écrit avant sa conversion au catholicisme, interdit à New York). Il a traduit d'Iwan Bloch "The Sexual History and Anthropology of Clothing, Nakedness and Fashion", "Erotic Paintings And Sculpture" et "Genital Deformations and Mutilations".

Iwan Bloch (né le 8 avril 1872 et mort le 21 novembre 1922) est un dermatologue allemand. Il est considéré comme le premier sexologue.

"The Sexual History and Anthropology of Clothing, Nakedness and Fashion, Fashion dictated by underworld of prostitution" est extrait de "Anthropological studies in the strange sexual practices of all races in all ages" dont il est le 12ème chapitre.

La mode et la vita sexualis sont liées. Le vêtement ne doit pas son origine à la pudeur, mais à l'inverse la seconde est développée par le premier. L'anthropologue Karl von den Steinens (1855-1929) a observé les amérindiens du Brésil et révélé les origines de leurs vêtements. Carl Heinrich Stratz ("Die Fauenkleidung, Stuttgart, 1900) a comparé les données des enquêtes ethnologiques modernes avec l'histoire de l'art européen. Selon lui (ibid p. 8) "l'objectif initial du vêtement n'est pas de couvrir mais seulement de décorer le corps nu. La personne nue n'a pas de honte ; seulement celui qui est habitué au vêtement connaît la honte, et ce seulement quand les ornements auxquels il est habitué font défaut". Cela est vrai des "primitifs" comme des "civilisés". L'exposition prescrite par la mode n'est jamais vécue comme une exposition, et Stratz remarque qu'une femme qui porte une robe à col montant dans un bal au milieu de ladies en décolletés aura honte. Les premières décorations sont les tatouages et les incisions. le tatouage ne se trouve plus en Euope que chez des classes basses : marins, criminels, prostituées (cela s'étend à quelques cas de libertins bourgeois en France - René Schwaeblé, "Les détraquées de Paris", Paris, 1904 - cg The sexual life p. 136).

Le pagne à l'origine ne devait pas couvrir le sexe. C'était seulement une ceinture. Les moules ou les peaux d'animaux qu"on y suspendaient servaient seulement à attirer l'attention dessus.

Puis le vêtement a évolué vers la forme tropicale (manteau et ceinture) et l'arctique (pantalons et blouson). Comme le vêtement, la mode cherche à embellir le corps et accentuer son attractivité sexuelle. "La fureur de surenchérir dans la capture des hommes" dit le spirituel Friedrich Theodor Vischer (1807-1887) "est peut-être le plus virulent des éléments qui exacerbent la folie de la mode en frénésies de la nouveauté, du caprice et de la distorsion" (dans "Mode und cynismus", Stuttgart, 1888, p. 22). Selon Stratz, Moïse utilisa cet effet psycho-sexuel des habits. Il voulait augmenter la population de sa petite tribu, et ordonna donc de voiler les charmes féminins dans le but d' "exciter les sens de ses partisans masculins et d'accroître ainsi la fécondité d'Israël". La nudité qu'il rejeta comme inutile pour son propos, devint "immorale" dans la doctrine chrétienne.

Le "demi-monde" (en français dans le texte), celui des prostituées, a donné le ton à Rome, Venise et Paris (Reinhold Günther "Kulturgeschichte der Liebe", Berlin, 1900, p. 190).

Selon Bloch, la mode a introduit un facteur d'excitation sexuelle dans la mode de deux manières : soit en rendant certaines parties du corps plus attirantes en les rendant plus volumineuses, en attirant l'attention sur elles par la forme du vêtement ou un ornement, soit en dénudant une seule partie du corps. Rudolf Herman Lotze a montré dans Mikrokosmus (1856), que l'hommevoit dans le vêtement un prolongement de lui-même. En vertu de cela il trouve qu'un chapeau haut de forme accroît sa dignité. Quant à l'effet de l'exposition partielle Vischer la rattache au conflit de l'esprit et du corps en notant que les femmes latines qui donnent le sein au bébé en public prolongent une tradition remontant à des temps d'innocence qui n'ont plus cours. Jeannel (Die Prostitution in den grossen Städten im neunzehnten Jahrhundert , Erlangen, 1869) note que la morale récente a transformé le vêtement en protection et que les boucles, les corsets et les pantalons sont des gardes des harems.

Ernest Grosse dans Die Anfänge der Kunst (Freiburg 1895) rejoint l'avis que le premier vêtement n'était qu'ornement. Dans l'antiquité il n'y avait pas de mode parce que le vêtement n'était pas si identifié au corps. Schopenhauer dans ses Sämmtlische notait que les nobles portaient des vêtements plus flottants au Moyen Age. A Rome ce sont les vêtements translucides qui suscitent le désir, et les prostituées jouent sur l'androginité. La mode est une invention médiévale. Le corset est une invention chrétienne, dit Stratz. Sa première forme, le corsage, vise à oppresser les formes féminines, surtout la poitrine. Ce n'est qu'a posteriori qu'au contraire la mode utilisera le corset pour faire ressortir la poitrine en le raccourissant et en dégageant la robe.

La monstration de parties du corps était commune comme le montre un écrit de Ditmar von Merseburg de 999 cité par B. Ritter, "Nuditäten im Mittelalter" (Leipzig 1855 p. 229). A partir du 12e siècle Robert Gaguin (1433-1501) dénonce le culte de la mode comme une invention du diable. Il critique la mise en valeur des seins, des hanches et de la taille chez les femmes, et du sexe chez l'homme par le "cynisme des tailleurs". Leo Berg dans Das Sexuelle Problem In Kunst Und Leben rappelle le rôle crucial du corset dans ce processus.

Dufour signale que le décolleté est arrivé d'Italie (Sombart dans fait partir la mode du 14e siècle en Italie - W. Sombart, Domestic Economy and fashion, Wiesbaden 1902 p. 12) en France sous François Ier. on parlait des "dames à la grand'gorge" et des "robes à la grand'gorge". Les corsets sont équipés d'os de baleine ou de tiges en métal pour faire ressortir le sein. Le décolleté restera prisé dans le salles de bal jusqu'au 19e siècle.

Les corsets ont aussi mis l'accent sur les hanches sous l'inspiration des Venus callipyges. La féministe Mary Wollstonecraft allait s'en indigner. On les doublait de poches d'air à ce niveau ("culs de Paris). Bloch le rapproche de l'habitude des prostituées qui veulent attirer les adeptes du fouet à prendre des robes qui les font passer pour des Venus Hottentot. Certaines tenues moulent le pubis. Il y avait même dans les années 1870 des jupons en peau de daim avec une cocarde rouge au niveau du sexe, selon Vischer.

La femme au Moyen Age dans les peintures est valorisée comme maternelle, donc enceinte, jusqu'à la Vénus d'Urbin nue du Titien (1538). La mode du gros ventre se vérifiera au XVII e siècle dans toute l'Europe de l'Ouest et encore en 1760 en Angleterre au point de se doter de faux ventres selon FW Archeholtz. La robe à cerceau (hoop skirt) ou la crinoline au 16e siècle apparaît pour l'ostentation des contours dans les milieux de la prostitution. Un franciscain dira : les vertugales ont fait perdre la vertu et n'ont laissé que la gale. Son apogée sera atteint sous le Second Empire. Albert Moll dans sa Untersuchungen über die libido sexualis allait même voir un motif sexuel à la réduction des pieds des chinoises (effet sur le mont de Vénus et les lèvres). Idem pour les hommes la braguette qui, à l'origine dans les classes inférieures, recouvrent le sexe en attirant l'attention sur lui, ou les "chaussures à la poulaine" en forme de vît.

Selon Bloch, l'homosexualité, qui n'est pas innée, a pu être encouragée par les formes androgynes du vêtement lesquelles sont elles-mêmes encouragées par une recherche excessive de l'Eros à travers la femme comme au 18e siècle (il cite là Günther (op cit p. 364).

La tendance à compresser la taille et à libérer le haut va avec un refus de la procréation. JG Zimmerman, le médecin de Frédéric II, le relevait déjà. J. Ryan dans Prostitution in London (Londres, 1839 p. 382) notait que la laine ou la fourrure sur la peau produisent les mêmes effets que la flagellation et que cela a pu corrompre des esprits pieux. Ce lien entre habit et érotisme explique les phénomènes de fétichisme. La mode, en mettant en valeur une partie du corps et faisant du vêtement le prolongement de celle-ci, favorise la réduction du désir à cette seule part. Cet effet de fétichisation se retrouve aussi avec le parfum qui, comme le vêtement, est si profondément lié à la vita sexualis qu'il favorise aussi divers fétichismes.

Dans un autre livre Bloch reprendra ce thème d'une nudité non érotique en soi. Citant Westermarck (dans "History of human marriage p. 193) qui lui même reprend Lohman, il note que chez les Saliras seules les prostituées s'habillent et que "in the interior of Africa, as we learn from Barth,' the married women go entirely nude, while the young damsels, having their market yet to make, clothe themselves". Chez les Toungta les femmes ne découvrent leur poitrine que lorsqu'elles sont mères.

Il ajoute que l'idée de cacher le sexe n'est venu qu'à partir du moment où la superstition a accordé au sexe un pouvoir magique. Dürkheim allait estimer que la dissimulation du pubis chez les femmes visait à se protéger de certaines de ses émanations. Waits, Schurz et Letourneau, eux, ont attribué ce phénomène à la jalousie des maris, en insistant sur des cas contraires à ceux précités où les jeunes filles sont nues et les femmes habillées.

Bloch y reprend l'idée paradoxale que le vêtement est une "nudité idéale" parce qu'il est le reflet de l'âme idéalisée de celui qui le porte. L'idée vient de l'article de H. Bahr "Clothing Reform" dans Dolcumente der Frauen, 1902, vol 23, p. 665. Bloch enrichit son propos des remarques de H. Pudor sur la signification sexuelle du visage nu ( H. Pudor "Nackt Kutltur" Vil II p. 4-6) et de celles de Simmel sur le rapport de la mode à la stabilité intérieure des hommes et des femmes.

Plus haut, p. 130, il revenait aux origines de la pudeur (ou plutôt de la honte - shame) : l'auto-élévation (self uplifting) individuelle selo Simmel, l'attitude agressive des mâles et la périodicité sexuelle chez la femelle (selon Havelock Ellis). Groos voyant dans la coquetterie un jeu sexuel avec la honte. Il y aurait aussi selon Lombroso ("Woman as criminal and prostitute") la peur d'inspirer du dégoût compte tenu de la proximité du sexe avec la fonction fécale et avec la menstruation / les prostituées qui refusent d'être inspectées pendant leurs règles. Von den Steinen ("Experiences among the Savage Races of Central Brazil", Berlin 1894) chez les Bakäiri du Brésil central notait que l'homme "civilisé" s'habitue très vite à la nudité. Lui-même dans un rêve fait parmi ces Amérindiens au sujet des membres de sa famille restée en Allemagne les voyait nus.

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Michael Jackson et la sorcellerie

14 Février 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Les tubes des années 1980, #Médiums

Michael Jackson et la sorcellerie

Sermon intéressant du pasteur G. Craige Lewis sur Michael Jackson en 2014 (même s'il a le tort d'être homophobe et très imprécis sur ses sources). Peut enrichir mon livre sur les tubes des années 1980.

En gros le propos est le suivant : ce chanteur a acheté le catalogue musical des Beatles pour invoquer l'esprit d'Aleister Crowley (Madonna aussi fut fan de lui, ce fut le cas aussi de David Bowie et Genesis), qui, dans son livre Liber 777 apprenait aux gens à invoquer des entités, et vénérait Cybèle, dont les prêtres, les corybantes qui avaient des cheveux coiffés et ondulés comme ceux des femmes, des visages blancs comme des murs délavés, ils étaient castrés, gardiens des enfants et des nourrissons, participaient à leurs rites de passage à l'âge adulte Ils pratiquaient la magie et la divination pour de l'argent. Ces corybantes poussaient des hurlements sauvages et lançaient des sons stridents durant leurs pas de danse au son de la flûte et du rythme sourd du tambourin. Quand la divinité entrait en eux, ils étaient remplis de pouvoirs divins et se mettaient à danser de manière incontrôlée dans des transes extatiques. M. Jackson était un médium qui avait canalisé ces énergies-là. Selon le pasteur des magazines comme Ebony de décembre 2007 donnent une image angélique de lui pour tromper les gens (c'est discutable...). Il relève certaines phrases hérétiques de ses chansons. "As God has shown us by turning stones to bread" dans We are the world. Dans Mathieu 4:3 c'est le diable qui met Jésus au défi de le faire. Dans "Another part of me " (qu'il a chantée habillé comme l'androïde maléfique Maria du film Métropolis) il décrit le néphilim qui l'habite qui dit "We're taking over/We have the truth,/This is our planet / You're one of us" et surtout "The planets are lining up", ce qui, en astrologie païenne selon le Pasteur (là aussi c'est contestable, puisque le paganisme n'a rien à voir avec Nimrod) correspond au retour de Nimrod, petit fils de Noe, pour finir la tour de Babel. "Blame it on the Boogue" parle d'un rythme ensorcelé (spellbound) comme une drogue, "the devil's got in to me" (Quincy Jones dansa comme un possédé dans la rue après avoir écrit cette chanson). M. Jackson a dit dans une interview à Martin Bashir qu'il grimpait dans "l'arbre qui donne" ("the giving tree") pour recevoir ses chansons. Aleister Crowley a dit dans son livre qu'il avait une salle des miroirs et que si l'on regarde dans un miroir on peut voir à l'intérieur de soi-même et canaliser les esprits de ceux qui nous ont précédé et qui ont abusé de nous pour en faire des guides. M. Jackson a créé une salle des miroirs où il pouvait canaliser les esprits. Il a avoué dans Psychic News du 14 février 1987 y parlait avec l'esprit du pianiste Lee Liberace, son ange gardien, qui lui donna la permission d'enregistrer "I'll be seeing you" (mais ce point est aussi controversé car l'intéressé était témoin de Jéhovah à l'époque, ). Il a reçu ses meilleures chansons dans ses rêves. Le pasteur en conclut qu'il a canalisé Morphée, dieu des rêves soumis à Serapis Bey (membre de la Fraternité blanche, selon le pasteur c'est lui que les catholiques vénèrent à tort en croyant que c'est Jésus), Hypnos et Thanatos frères de Morphée. Il dormait parfois trois jours de suite. Un Esprit lui aurait dit que s'il refuse de dormir pour recevoir une chanson, l'Esprit la donnerait à Prince. Il provoquait son sommeil par des sédatifs. Dans l'album History il est représenté par une statue de lui comme Nébucadnetsar (Nabuchodonosor ) avec 777 sur son bras droit.

Dans le même esprit voir cette page de blog.

Sur d'autres aspects de l'investissement anti-chrétien dans la musique, on peut aussi se reporter aux travaux du père Benoît Domergue, dont certains estiment qu'il a repris des thématiques du père canadien Jean-Paul Regimbal.

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Directeur de collection

4 Février 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Présentation

A dater de ce jour je deviens directeur de la collection "L'Esprit et la Cité" aux éditions universitaires Connaissances et Savoirs. La collection couvre les domaines suivants : Philosophie, histoire, sciences sociales et politiques, relations internationales, arts, religions et spiritualités. Si vous avez un essai universitaire dans vos tiroirs que vous aimeriez publier, n'hésitez pas à me l'envoyer.

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Yvonne-Aimée de Malestroit (1901-1951)

2 Février 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme

Dès 9 ans elle précise par écrit qu'elle veut devenir sainte et martyr. A 21 ans elle eut sa première apparition de Jésus. Dans les années 1920 elle va recevoir des songes. Son confesseur lui demande de les noter par écrit. L'évêque de Vannes lui interdit tout contact avec le monastère voisin pendant 5 ans, elle intégra Malestroit en 1927. Elle fait preuve de bilocation (par exemple à Strasbourg pendant la guerre, puis à Paris en 1943 dans le métro entre Montparnasse et Denfert-Rochereau alors même qu'elle était en prison torturée par la Gestapo, le jour de son envoi dans un convoi pour Compiègne auquel son ange la soustrait in extremis), manifeste des stigmates périodiquement.

Dieu lui donna un anneau mystique. Mais certaines de ces manifestations n'ont jamais été connus par des religieuses proches d'elles.

Les visites que Jésus lui rendait étaient précédées par un parfum que les autres pouvaient entendre. Le démon aussi la visitait. Un jour témoigne le père Paul Labutte, dans le petit salon de la clinique, l'évêque de Bayeux et une religieuse, comme ils parlaient de ravitaillement pour les Parisiens, elle était inquiétée par des présences. "N'est-ce pas le démon qui vous tente ?" demande l'évêque. "Oui Mgr" répond-elle, et trois lignes rouges de sang s'imprimèrent sur sa poitrine.

Elle vit les guerres, les foules fuyant le feu. Jésus vint lui dire souvent "souffre, prie, c'est en expiation", puis le globe tournait en feu devant ses yeux horrifiés. "Reste calme" lui disait Jésus. En 1922 elle eut une vision. Sur la mappemonde il y avait un gros chiffre, 17, et sur la France 39. La Ste Vierge portait une corbeille de roses. Elle avait l'impression que le tableau durait 4 à 5 années. Après quoi elle vit une France lumineuse éclairant et pacifiant le monde après un temps qu'elle n'a pu évaluer, ce qui peut-être rejoint la prophétie de Marthe Robin (15'27).

Lorsqu'elle voyait en septembre 1923, dans le train entre Paris et Le Mans, les bombardements et les troupes d'occupation dans ses rêves prophétiques une voix grave et douce lui disait "ce sera l'épreuve, la grande épreuve, prie, prie beaucoup".

Elle hébergea dans son monastère des résistants pendant la guerre, notamment le général Audibert, commandant de la région Ouest de l'Armée secrète. A trois reprises des songes lui avaient annoncé une épreuve en 1943, comme un coup de glaive dans le coeur : un prêtre ami de la communauté voit en elle une nouvelle Magdeleine de la Croix de Cordoue.

De Gaulle lui rendit visite à la Libération pour lui remettre la légion d'honneur après qu'elle eût reçu la croix de guerre avec palme. Il ôte son képi. Le 7 août 1949, le général Audibert a demandé la croix de guerre pour la clinique. Yvonne-Aimée reçoit aussi la King's medal britannique. C'est une cérémonie qu'elle avait vu en songe en 1929 (beaucoup de religieuses devant la clinique, dont elle, un jour de fête, quatre ou cinq médailles sur sa poitrine, un grand officier la salue, une autre religieuse porte une médaille). La voix lui disait dans le rêve "les généraux ont leurs heures de gloire et de malheur, un d'eux a mérité et démérité mais Dieu se souviendra des bonnes actions, et à cause de cela pardonnera, mais il aura à expier. Si à cause de ta souffrance et de ta prière, Dieu a épargné les plus grands malheurs à la France, et à l'Angleterre, si à cause de toi, la lutte s'est terminée plus tôt, il te faudra encore beaucoup souffrir pour la paix du monde."

Depuis sa fièvre typhoïde, elle traine une albumine à 4 g, un fibrome depuis 1939. On évoque trois maladies mortelles. Fondatrice de la fédération supérieure des augustines (32 monastères), elle se déplace souvent après 1946, notamment en Angleterre auprès de mère Mary Michael.

Bonne fille rieuse, gourmande, portée sur la danse, pas studieuse, elle n'avait pas depuis l'enfance le genre bonne sœur.

Elle ne craignait que le diable (qui lui apparaissait et qui selon l'abbé Lanutte aurait tué sa contemporaine Marthe Robin).

Le père Laurentin, rapporteur du dossier de canonisation, a regretté dans la vidéo ci-dessus que le cardinal en charge de l'instruction ait suspendu le processus comme pour d'autres mystiques. On peut en effet le regretter, d'autant que parallèlement la canonisation de Jean XXIII et celle de Jean-Paul II ont été accélérées. La méfiance de l'Eglise à l'égard des mystiques rejoint-elle une tendance protestante hostile aux visionnaires ? (comme dans la vidéo ci-dessous)

Sur les dangers de l'oecuménisme (applicable aussi aux protestants, sauf bien sûr si ce sont les protestants qui ont raison), voir ceci :

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