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Interview du 26 septembre dernier

29 Novembre 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Interviews en rapport avec mon livre "La nudité", #Nudité-Pudeur en Europe, #Anthropologie du corps

Interview accordée au journaliste Florent Vairet lors du vote du Conseil de Paris en faveur d'un espace naturiste dans la capitale.

Florent Vairet

- Pourquoi ressent-on le besoin de se dévêtir ?

- C'est une tendance lourde depuis une trentaine d'années. Le corps est une valeur refuge dont le langage remplace celui des mots. Par ailleurs la pornographie, l'érotisme au cinéma, dans la publicité etc ont fait reculer le tabou de l'exhibition des fesses et des parties génitales. La nudité passe ainsi comme un élément subversif, mais gentiment subversif, "pacifiquement subversif", et comme l'expression d'un moi profond, naturel, authentique. Ce sont les ingrédients qui font dire à la maire Anne Hidalgo, comme à beaucoup de gens, que la tolérance de la nudité en ville serait "sympa".

- Pourquoi le faire en centre ville ? Qu’est ce que ça dit de notre mode de vie extrêmement normé ?

-  Le centre-ville est un bastion de la pudeur parce que s'y croisent des gens de cultures différentes pour lesquels le port du vêtement reste le support nécessaire du "vivre ensemble". Le vêtement permet de se protéger soi-même : de ne pas exposer sa laideur quand on se trouve laid par exemple, de se protéger d'autrui car tout le monde n'a pas envie de voir son voisin nu, et d'exprimer non seulement son appartenance à  tel ou tel groupe, tel genre, telle classe sociale, mais aussi ses particularités d'une façon plus créative que la nudité (sauf à user beaucoup du tatouage et du body painting).

- Pourquoi la nudité était-elle aussi tabou dans notre société ? Est-ce que cela a toujours été le cas dans l’histoire ?

- Il n'est pas sûr qu'il faille en parler au passé, car des sondages montrent qu'une majorité de gens restent très attachés à la pudeur, la leur et celle d'autrui. Même dans les camps de naturistes les organisateurs se plaignent de voir de plus en plus de gens garder leurs vêtements ! Et oui la pudeur, notamment au niveau des organes sexuels, est une constante historique même si elle a connu des variations d'une culture à l'autre. Même chez les peuples vivant nus, il y avait des règles de contrôle des regards tout autant que des gestes. On ne connaît pas de civilisation où la nudité intégrale ait été entièrement banalisée.

- A l’opposé, le burkini a déchaîné les passions ces derniers. Le corps semble être le moyen de revendiquer sa liberté, qu’en pensez-vous ?

- Le lien corps-liberté remonte aux anarchistes du 19e siècle, voire aux adamites du Moyen Age qui vivant nus prétendaient restaurer le paradis terrestre en niant l'existence du péché. Ce qui est intéressant c'est qu'en Allemagne cette liberté de la nudité était attachée depuis cent ans à une vision de la fusion avec la nature, ce qui est aussi, en un sens, la logique des espaces nudistes de Barcelone qui sont au bord de la mer. Mais dans le cas de Paris où il n'y a ni mer ni grandes forêts, et dans le contexte spécifique du débat sur le burkini, on a le sentiment que le côté libertaire de la nudité est désormais très attaché à un idéal de laïcité sans rapport avec les mythes naturalistes, et plus liés, au fond, au culte de la raison critique. On peut lire ainsi la déclaration de Manuel Valls défendant la nudité du sein à l'air de la Liberté guidant le peuple de Delacroix, ou la sympathie de divers courants de gauche pour les FEMEN. Cette nudité au cœur de Paris (et notez sur ce point l'insistance de l'adjoint au maire David Belliard sur le fait qu'aucun endroit ne sera privilégié, donc pas forcément un endroit naturel), est plus inscrite dans un contexte de débat d'idées que dans un amour des sensations naturelles. Cela rappelle, comme l'avait déjà noté jadis le sociologue Norbert Elias, que le rapport au corps des français est, inconsciemment, très politique, directement héritier de la civilisation de salon, urbaine, du siècle des Lumières, et souvent aux antipodes de l'idéal d'harmonie naturelle sauvage aux racines du naturisme germanique ou nordique.

 

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Correction de titre

26 Novembre 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Présentation

Le site scienceetreligion.com a repris ici mon article sur le Dr Ricardo Castañón Gomez publié initialement sur mon blog. A deux reprises ce mois ci je leur ai demandé de modifier mon titre. Car je n'ai jamais été chercheur au CNRS, j'ai été chercheur associé dans un laboratoire rattaché à la Maison des sciences de l'homme de Strasbourg qui était homologué par le CNRS, mais je ne le suis plus depuis la dissolution de ce laboratoire le 1er janvier 2014. Aujourd'hui je suis chercheur indépendant. Malgré mes deux courriels le site refuse de modifier mon titre.

Il est fréquent que les journalistes se trompent sur la transcription de mes titres et s'abstiennent d'effectuer des correction malgré mes demandes.

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Encore un mot sur Hermas

24 Novembre 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Médiums, #Histoire des idées

Un précision à la suite de notre précédent article sur Hermas. En 1900, Daniel Voelter (1855-1942), professeur de théologie à Amsterdam, publiait à Berlin une brochure de 54 pages expliquant que les visions I et II du Pasteur, selon lui, étaient des visions de la sibylle de Cumes et non de l'Eglise. Il s'agissait seulement de révélations sibyllines à un particulier, écrites pour cela en prose, qui n'ont été christianisées que tardivement. Et Hermas serait un prosélyte juif, d'où le fait qu'il cite dans sa IIe vision un Clément, Clément de Rome dont la tradition a fait un pape, qu'un fragment des Homélies clémentines (IV, 7-IV, 26) présente comme un converti au judaïsme et non au christianisme (revue L'Université catholique 15 janvier 1901 p. 303).  Mais dans un rapport annuel à l'Ecole pratique des hautes études évoqué dans la revue archéologique de 1902 (p. 140), Jean Réville (1854-1908), lui aussi théologien protestant, démentait l'idée qu'il pût s'agir d'une adaptation d'un original juif.

Aimé Puech (1860-1940) dans son Histoire de la littérature grecque va dans le même sens et conteste qu'Hermas fût juif d'origine. Il estime (tome II 1928 eds les Belles lettres p. 92) que le nom d'Hermas est grec "et le rattache même à cette Arcadie où il a placé la scène de la neuvième Similitude". Pour lui Hermas pourrait venir de là, et il note que sa maîtresse à Rome a un nom grec. Il note que la liste des vertus d'Hermas fait songer au tableaux de Cébès, qu'elles ont des noms grecs (Synesis, Aletheia, Homonoia) En suivant Richard August Reitzenstein, Puech suppose, à cause de similitudes sur sa liste des vices, qu'Hermas a pu connaître une rédaction primitive du livre hermétique intitulé Poimandrès, mais estime que l'influence hermétique porte sur le style mais non sur le fond. Il trouve ce style populaire, simple, avec quelques incorrections, mais parfois élégants et ne traduisant pas une origine étrangère (par exemple sémitique). Il souligne que son texte ne porte à ucune référence à Jésus, et que sa référence aux anges l'a fait traiter d'idiot par St Jérôme.

Jusqu'au concile de Rome de 497 sous le pape Gélase on n'a pas su si Le Pasteur avait sa place dans le canon des Ecritures. Irénée de Lyon (Contra hoereses,1,IV,c,xx), Clément d'Alexandrie, Origène (comme le faisait déjà remarquer Leibniz dans ses Opera theologica p. 632) et Cassien ont traité le Pasteur sur le même plan que les saintes écritures et lui trouvaient une inspiration divine.

 

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La faute sexuelle d'Hermas et la sibylle de Cumes

23 Novembre 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Pythagore-Isis, #Histoire secrète, #Anthropologie du corps, #Histoire des idées

Les universitaires athées devraient être plus prudents qu'ils ne le sont, je crois, quand ils abordent des textes antiques, lesquels puisent souvent leur inspiration à des sources métaphysiques obscures.

Il faut être très modeste. Personne ne connaît ces sources. L'aborde "psychologique" ne signifie rien, car la "psyché" est une idole de nos contemporains plus obscure encore que les mystères religieux.

J'en veux pour preuve le début d'un texte connu chez les historiens du christianisme, "Le Pasteur" d'Hermas, recueil de visions qui date de 120 (c'est à dire du règne de l'empereur Hadrien). Hermas est un père de famille, affranchi d'une dame chrétienne appelée Rhodè.

Peter Brown, auteur estimé dans les milieux académiques, réduit l'inspiration prophétique à des "marqueurs identitaires" desquels l'abstinence sexuelle ferait partie (Le renoncement à la Chair, 1995, p. 98) et fait un phénoménologie "neutralisante" (plus que neutre) des visions, en notant par exemple que "des vierges y apparaissent comme des prophétesses" (il se réfère à Eusèbe de Césarée). L'historien présente Hermas, auteur qui allait inspirer l'empire romain jusqu'en Egypte, comme "le seul prophète chrétien dont la vie visionnaire nous soit connue".

Il retrace le passage connu de son livre "Le Pasteur" que j'avais lu en 1995 dans lequel il confesse que, ayant aidé sa maîtresse Rhodè à sortir du Tibre où elle se baignait ("entièrement nue" précise Peter Brown, mais ce n'est pas écrit dans le livre), il avait songé qu'il serait heureux d'avoir "une femme de cette beauté et de cette élégance". Pour Brown, le problème pour Hermas était de se "laver" de cette faute afin de développer sa vocation prophétique et devenir "transparent" pour le Saint Esprit. Hermas, dit-il, enseigne la nepiotes, la simplicité enfantine, pour combattre le désir. Pour lui, il s'agissait de rassembler les "puissances virginales de l'âme" dans les "prairies vertes d'une Arcadie chrétienne", "à l'ombre des jeunes filles en fleur" dit même Brown, qui oppose ce côté "candide" du "Pasteur" d'Hermas à la dureté de la répression sexuelle en milieu chrétien après la multiplication des persécutions par le pouvoir romain païen.

Voilà pour la lecture mi-littéraire mi-anthropologique que Brown fait d'Hermas. Je ne suis pas du tout sûr que sa thèse sur un Hermas "candide" opposé au christianisme dur qui l'a suivi à cause des martyrs tienne la route (car des martyrs il y en a eu depuis la mort de Jésus), et je suis en tout cas à peu près certain que, comme toute la machine institutionnelle des facs de lettres en France, ce dispositif de lecture d'Hermas est surtout fait pour éviter de se poser les bonnes questions (je ne dis même pas espérer d'avoir les réponses) qui nous permettraient éventuellement d'aller au coeur de cette bizarrerie qu'est le livre "Le Pasteur".

La recherche intellectuelle et spirituelle passe par l'étonnement (thaumazein) nous a enseigné Aristote. Brown et ses commentateurs sont là pour le stériliser. Etonnons nous donc, et commençons par nous étonner des petites choses.

Moi, quand je lis le Pasteur, 20 ans après avoir découvert le commentaire qu'en faisait Brown, des tas de détails m'interpellent, à la fois dans le texte lui-même et dans le commentaire que fournissait en 1990 pour les éditions du Cerf un certain Dominique Bertrand, "ancien directeur des sources chrétiennes" - avec lequel je suis tout autant en désaccord qu'avec Brown.

Tout d'abord je note que Bertrand pose comme un élément du consensus universitaire que le ton autobiographique du livre relève de l'artifice. Hermas ne serait pas un affranchi de Rhodè, il ne l'a pas vue se baigner dans le Tibre. Ah bon ? Mais Brown lui ne relève pas de ce consensus. Je sais bien qu'à l'époque on appréciait les romans comme celui de Leucippé et Clitophon dont on a déjà parlé sur ce blog, mais je ne vois pas pourquoi un auteur qui entreprend de décrire une vision dans laquelle sa maîtresse Rhodè lui apparaît aurait inventé de toute pièce l'identité de cette femme. Ce ne serait pas conforme à la notion même de vision prophétique... Je comprends que des éditions catholiques en 1990 (ce ne serait peut-être plus le cas) préfèrent penser qu'Hermas a imaginé la fiction d'une femme se baignant dans le Tibre, mais à ce compte là, ils peuvent aussi classer tous les Actes des Apôtres et tous les Evangiles au registre de la fiction. Faire de la fiction sur des visions religieuses n'a pas de sens.

Bertand (p. 335) nous dit que ce qui était intéressant c'est que cette Rhodè était une dame romaine et il juge que la mention de Rome "n'est pas fictive" (allez savoir pourquoi). Moins polarisé par la papauté que lui, je ne suis pas pour ma part intéressé par la capitale de l'empire. Ce qui m'intéresse le plus, d'un point de vue à la fois spirituel et intellectuel, c'est que la première vision qu'Hermas va décrire, il l'a sur le chemin de Cumes (ville grecque de Campanie). Je dirai un peu plus loin pourquoi c'est essentiel.

Sur ce chemin, tout en marchant, Hermas s'endort (ce que Bertrand juge "invraisemblable", ce commentateur, bien que chrétien, étant devenu si sceptique qu'il ne croit pas au somnambulisme inspiré). "L'esprit me saisit, dit Hermas, et m'emmena par une route non frayée, où l'homme ne pouvait marcher". Voilà un second détail fondamental. Tous les gens qui ont travaillé sur les médiums savent ce que ce passage évoque. L'auteur emploie le mot "esprit", pas Saint Esprit, et ce transport sur une route où l'homme ne peut marcher fait penser rigoureusement à un thème bien connu de l'occultisme : le voyage astral (qui n'est pas forcément nocturne mais est effectivement associé au sommeil)...

Avant de se demander pourquoi Hermas prône la continence sexuelle et quelle "stratégie" éventuelle cela peut servir comme le fait Brown, il faut savoir s'ouvrir à l'altérité antique : dans ce monde là, le voyage astral, l'interprétation initiatique des rêves, le dialogue avec les esprits etc étaient monnaie courante. On ne peut pas comprendre son rapport à sa maîtresse Rhodè sans cela, tout comme d'ailleurs on ne peut comprendre l'acte sexuel de Lucius avec son esclave thrace, qui va le transformer en âne, dans l'Ane d'Or d'Apulée sans connaître son rapport aux démons (qui lui valut de subir, dans sa vraie vie un procès en sorcellerie) et au culte sotériologique d'Isis.

Prenons donc le récit à la lettre : Hermas est sur la route de Cumes, et, en marchant, il vit un "voyage astral". L'endroit est escarpé, "déchiqueté par les eaux" nous dit le texte (les médiums connaissent le rapport du milieu aquatique aux démons). Il traverse le fleuve (ça aussi c'est initiatique), il arrive dans une plaine au sec (donc à distance des démons), là il s'agenouille et prie Dieu, et là il confesse ses péchés parmi lesquels, vu ce qu'il vient de raconter sur l'épisode du Tibre (notez au passage que cet épisode aussi était marqué par l'eau), la contemplation de la nudité partielle ou totale de sa maîtresse figure probablement.

Alors Rhodè surgit dans sa vision et lui dit qu'elle a été transportée au ciel pour dénoncer son péché et que Dieu, dans la perspective de la construction de l'église, est en colère lui. Il se défend en précisant qu'il a toujours considéré Rhodè comme une déesse (puisqu'elle était  "propriétaire" de sa personne) et comme une soeur (puisqu'ils n'ont jamais eu de rapports sexuels). Mais elle l'accuse d'avoir au moins eu un désir dans son coeur quand il l'a sortie du Tibre.

La première vision se termine. Hermas culpabilisant, désespéré, se demande comment réparer sa faute. Alors lui apparaît une vieille dame en habits resplendissants sur un siège garni de laine, blanc comme neige. Cette seconde vision est la réponse à sa question. La dame confirme sa faute, mais souligne que Dieu est irrité parce que ses enfants se sont mal conduits à l'égard du Seigneur et de leurs parents (p. 339 - des commentateurs parlent d'apostasie et de dénonciation aux autorités impériales). Elle l'encourage à raffermir sa maison, puis elle lit un texte dont Hermas ne retient que la fin qui porte sur la louange de Dieu. Quatre jeunes gens enlèvent le siège et s'en vont vers l'Orient. Elle touche la poitrine d'Hermas, lui demande ses impressions, puis deux hommes amènent la vieille vers l'Orient en la prenant par les bras. D'un air joyeux elle lui dit "sois un homme" (comme l'ange dans le martyre de Polycarpe).

L'année suivante Hermas reprend le même chemin. Et là, juste au même endroit, second voyage astral : "un esprit m'enlève" (pas l'Esprit saint...). A nouveau il voit la même femme âgée, debout cette fois, lisant un livre. Il recopie son texte sans le comprendre, puis, au bout de 15 jours de jeûne et de prières (comme Daniel), le texte révèle son sens et ses préceptes : l'abstention sexuelle avec sa femme et l'enseignement de la maîtrise de soi et la fidélité à Dieu aux autres chrétiens par la pénitence (la metanoia).

Voilà pour la troisième vision de Cumes. Hermas ne s'est jamais demandé qui était la vieille dame. En ce sens on est loin du temps où quelques siècles plus tard on jettera de l'eau bénite sur les apparitions pour être sûr qu'elles ne viennent pas du diable. Une quatrième vision vient, on ne sait plus où ni quand, probablement plus sur la route de Cumes, où un beau jeune homme lui demande s'il sait qui était cette vieille femme qui lui a communiqué ce livre. Hermas dit qu'il pense que c'était la Sibylle et le jeune homme répond qu'il fait erreur, que c'était l'Eglise.

La réponse d'Hermas était naïve. On peut penser qu'elle trahit un restant de paganisme comme le fait qu'il dise qu'il considérait sa maîtresse comme une déesse. D. Bertrand rappelle que les Juifs attribuaient déjà à la Sibylle d'avoir prophétisé sur le Messie et que le cantique Dies irae dit "David et la Sibylle l'ont annoncé". Mais à mon avis la question est bien plus compliquée que cela.

Je pense qu'il faut d'abord repasser par Virgile. Les pères de l'Eglise ont dit de lui qu'il avait entrevu la naissance de Jésus. Ce qui est certain c'est que son Enéide contient des vers très beaux sur la Sibylle. La Sibylle est à Cumes (d'où l'importance que les deux voyages astraux d'Hermas se passent sur le chemin de Cumes). Cumes est un oracle d'Apollon, comme Delphes. L'Enéide est une ode à César-Auguste qui, rappelons le, a introduit le culte grec d'Apollon à Rome, se disant lui même fils d'Apollon par un python (ou un serpent de cette famille) qui a fécondé sa mère. Tout cela se tient.

Hermas a pris la vieille femme pour une pythonisse, et il est logique qu'il ait pensé à la Sibylle à cause de Cumes et aussi parce qu'elle lisait un livre comme les livres sibyllins, et donc sa voyance passe par la graphomancie... Qu'une prêtresse d'Apollon l'incite à la chasteté ne l'a pas plus surpris que cela, ni nous non plus quand on pense que les prêtres d'Isis eux aussi étaient privés de tout droit au rapport sexuel. Le rapport  à l'au-delà et à la prophétie suppose l'abstinence dans l'Empire romain quelle que soit la religion en cause (il n'y a pas d'école tantrique, et, peut-être existe-t-il des voies isiaques ou crypto-isiaques - pensons à Astarté - ou chamaniques orgiaques, mais ça ne correspond pas aux voies religieuses prisées par les lettrés qui sont quasiment les seuls porteurs de témoignages des cultes de cette époque auxquels nous ayons accès).

Je pense que tout ce début du récit le marque d'une coloration apollinienne très forte, et donc, pourrait-on dire d'un point de vue chrétien, d'une tonalité démoniaque. On sait que dans la Cité de Dieu quand Augustin (qui d'ailleurs dialogue aussi avec Apulée) raconte que Porphyre rapportait le témoignage d'une païenne dont le mari était chrétien qui avait interrogé la Pythie à propos de Jésus laquelle lui avait répondu que le Dieu des Juifs valait mieux que lui, ce qui donnait argument à Augustin pour voir dans l' "Apollon" de Delphes un démon. Je crois qu'on est ici exactement dans la même atmosphère, en fait plus démoniaque et païienne que chrétenne, de sorte que la comparaison entre les "stratégies" littéraires d'Hermas et celles de ses successeurs autour de la sexualité n'a pas beaucoup de sens. D'ailleurs il n'est pas non plus complètement exclu que les successeurs, même s'ils sont moins marqués par l' "Arcadie" (qui est aussi potentiellement un univers démoniaque, voir l'imaginaire de Rennes-le-Château "et in Arcadia ego") ou par les vierges bucoliques, soient eux aussi potentiellement démoniaques, surtout s'il y a un culte des reliques autour des martyrs. Simplement dans une autre veine... (Et on laissera de côté la question de savoir si les voies démoniaques sont malgré tout, in fine, des voies d'accès à Dieu...)

Restons en là de nos réflexions sur Hermas pour l'instant. Il n'est pas exclu que nous soyons amenés à revenir sur ce sujet dans quelque temps...

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Aidons les femmes yézidies en Irak !

12 Novembre 2016 , Rédigé par CC Publié dans #down.under

A l'approche de l'hiver, aidez les femmes yézidies autrefois esclaves de Daech qui vivent dans des camps en Irak.

Si vous voulez faire un geste, contactez moi, je suis en rapport avec une association qui subvient à leurs besoin sur le terrain. L'argent qu'on verse arrive directement comme le prouvent ces photos.

Aidons les femmes yézidies en Irak !
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Traces des yazidis à la BNF

11 Novembre 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées

Quelques traces des yazidis (yézidis) à la bibliothèque nationale de France.

Dans La Turquie d'Asie, géographie administrative : statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie Mineure. T2 / par Vital Cuinet Éditeur : E. Leroux (Paris) 1891-1894 p. 772 et suiv :

"Yézides. On donne ce nom à une population spéciale répandue non seulement dans l'ancien Kurdistan, tant en Mésopotamie que dans la Haute-Arménie, c'est-à-dire dans les environs de Mouch et de Van, mais aussi jusque dans l'Yémen, la Perse, la Russie et la Chine occidentale. Cette peuplade a été mise par les anciens historiens au nombre de cinq principales tribus kurdes, tout en tenant compte, dès ce temps-là, des différences profondes qui l'ont toujours séparée des autres races autochtones. Les Yézides ne sont ni chrétiens, ni musulmans, mais en même temps qu'ils se montrent sympathiques aux premiers, ils portent des noms particuliers aux membres de l'islam. Toutefois, ces derniers, aussi bien les Sunnites que les Chyites, les musulmans orthodoxes, comme les hétérodoxes, ont en abomination les Yézides. L'histoire musulmane les accuse d'avoir assassiné les fils d'Ali Hassan et Husséin, dont on vénère les tombeaux à Kerbèla. Une tradition locale assez bizarre assure qu'un Yézide, par un sentiment pieux, déroba l'un des clous qui attachaient Notre-Seigneur Jésus-Christ à la croix, avant sa mort. Les Yézides racontent aussi, touchant leur croyance en Jésus-Christ, que l'Enfant divin parlait dès le jour même de sa naissance, et que pour prouver ainsi sa conception surnaturelle, il ressuscita un homme mort depuis mille ans.

Tous les musulmans, même ceux qui sont animés de la plus grande tolérance envers les non-musulmans en général, se croient permis, et considèrent même comme une bonne action, de persécuter les Yézides. Ceux-ci, de leur côté, ne montrent pas moins de haine pour les musulmans, tandis qu'ils semblent se plaire à témoigner de leur respect pour les croyances chrétiennes et à prier dans les églises. Ils reçoivent volontiers les chrétiens chez eux, sans que leurs filles ou leurs femmes s'enfuient ou se cachent. Quant aux musulmans, ils les évitent, et s'ils sont absolument forcés d'en avoir quelqu'un dans un de leurs villages, ils le traitent de telle sorte qu'il se hâte de partir sans retour.

Parmi les pratiques musulmanes, les Yézides redoutent la circoncision, et c'est pour éviter d'y être soumis par la force qu'ils refusent obstinément tout service militaire. Tous les efforts du gouvernement en vue de leur enrôlement ont toujours échoué. Pour se libérer de cet impôt qui leur est tant à charge, ils ont souvent recours aux chefs des communautés chrétiennes pour les supplier de les inscrire sur la liste de leurs ouailles, en les laissant maîtres de pratiquer en secret leur propre religion. Celle-ci est une sorte de manichéisme : ils semblent, comme l'hérésiarque Manès, reconnaître deux premiers principes, un bon et un mauvais, et c'est ce dernier qu'ils paraissent préférer dans leurs adorations. Ils deviennent furieux dès que l'on parle irrespectueusement du diable. Par respect, ils ne font aucun usage des mots commençant par la lettre chin, qui est la première du mot chéitan, nom du diable en langue turque. Ils évitent avec le plus grand soin de prononcer ce nom, et se servent pour désigner le mauvais esprit, de circonlocutions, telles que:  celui que tu sais, - celui que maudissent les fous et les ignorants, - Lui, - celui-là et enfin taouq-i-mélèk, c'est-à-dire le roi ou l'ange-coq. C'est en effet sous la figure d'un coq ordinaire, en bronze doré, qu'ils lui rendent un culte dans un lieu voisin de Mossoul, où résident les serviteurs de cette idole.

Sous le rapport temporel, les Yézides étaient gouvernés en Turquie et le sont encore dans les autres pays par un émir suprême qui réside à Bahadry ou Badri, village situé à 44 kilomètres au nord-est de Mossoul Son pouvoir est absolu; au moyen d'émirs subalternes, il transmet ses ordres à tous ses administrés répandus jusqu'aux extrémités de l'Europe et de l'Asie. Jusqu'en 1875, cet émir était considéré par le gouvernement ottoman comme prince indépendant ayant droit de vie ou de mort. Aujourd'hui ce droit lui est retiré, et ses anciens sujets en Turquie ne ressortissent plus que des tribunaux ottomans. En première instance, les causes des Yézides sont portées devant le mudir de Bahadry.

Le chef suprême de leur religion qu'ils qualifient de grand chéik, et qui remplit les fonctions de souverain Pontife, a sa résidence à Chéik-Adi, non loin de Badri ou Bahadry. Cette dignité est héréditaire dans sa famille ainsi que celles des pir ou prêtre. Ces derniers sont absolument illettrés. Une seule famille qui demeure à Bachika, village situé au pied du Djébel-Makloub, a le privilège exclusif, parmi tous les Yézides de l'Europe et de l'Asie, de savoir lire et écrire, mais on ignore quel est le livre sacré pour la lecture duquel cette prérogative lui a été conférée. Toutefois, M. Layard a appris du grand chéik qu'il existe un texte sacré tracé sur une planche. Toutes les prières despir, soit un enterrement, soit pour d'autres circonstances, sont transmises oralement de père en fils, et ne se font pas à haute voix, mais seulement comme un léger murmure. La prière surtout doit se faire chaque matin on se tourne à cet effet vers l'Orient, en posant les mains sur ses joues.

La caste sacerdotale exerce en certains cas un pouvoir coercitif, qui a pour effet de frapper d'excommunication les familles et les individus ou leurs biens. Les Yézides n'ont rien qui rappelle la notion du mariage. Le grand chéik le premier peut user comme il lui plaît de toutes les femmes, exemple suivi par tous les membres de cette communauté. Ils ont aussi chaque année une nuit qu'ils passent à l'entrée d'une caverne mystérieuse en l'honneur de l'ange ou du roi-coq (Taouq-i-mélèk). Ils y mangent et boivent et, pour clore la cérémonie, entrent enfin dans la caverne où ils se livrent à des orgies sans nom.

Les Yézides ont une sorte de baptême qui consiste à plonger dans l'eau d'un réservoir sacré l'enfant qu'ils ont d'abord déposé et couché à plat sur un coq de métal, figure du taouq-imélèk.

En d'autres circonstances, ils donnent au vin le nom de sang de Jésus-Christ. Un Yézide présente de cette liqueur à un de ces compagnons et lui dit : "Reçois le calice du sang de JésusChrist". Celui à qui cette offre est faite doit, même s'il est d'un rang supérieur, baiser la main de son gracieux amphytrion, puis boire, tandis que toute l'assistance attend les mains croisées sur la poitrine et dans une posture inclinée, qu'il ait fini de boire. Une autre cérémonie rappelle le sacrement de pénitence. Une rixe survient-elle entre Yézides, la réconciliation se fait de la manière suivante : celui qui est reconnu avoir le tort de son côté se lève, se couvre le visage de ses deux mains, va s'incliner respectueusement devant le plus digne des assistants et lui avoue sa faute à haute voix. Celui-ci lui fait une admonestation, prie un instant sur lui, et l'envoie baiser la main de son adversaire et de tous les membres présents de la caste sacerdotale. Si l'inimitié ne s'arrête pas là, le coupable de récidive doit aller trouver le grand chéik dans sa maison et y faire le même cérémonial, en s'engageant de plus à donner pour satisfaction un mouton et un grand vase rempli de vin.

Tous les Yézides boivent du vin et mangent du porc, mais leurs prêtres ne doivent manger ni laitue, ni aubergine. Il leur est interdit de s'habiller de bleu. La couleur rouge est également rejetée par les Yézides. Leur costume est généralement blanc, à peu près aussi uniformément que celui de leurs prêtres et de leurs derviches est noir. Leurs cheveux sont coupés avec des ciseaux jusqu'à la racine, mais jamais ils ne les rasent. Les hommes portent des chemises ouvertes en rond jusqu'à l'ombilic, en souvenir du cercle lumineux qui descendit sur Chéik-Adi après qu'il eût jeûné durant quarante jours; les femmes ne sont vêtues que de chemisettes, de caleçons blancs et de hautes bottes en maroquin jaune.

Quoique les Yézides, comme on l'a dit plus haut, aient été considérés par les historiens du temps passé et la plupart des voyageurs comme l'une des cinq principales tribus kurdes, et que leur langue soit le kurde, on pense aujourd'hui qu'il est difficile, sinon impossible, d'admettre que cette peuplade, qui porte tous les caractères extérieurs d'une race indo-européenne, soit originaire du sol. On les croit immigrés de la Perse à la suite des persécutions d'Ali, dont les victoires y ont établi l'islamisme. L'archarnement qu'ils montrent contre les musulmans et que ceux-ci leur témoignent, le fait d'avoir massacré Hassan et Husséïn par vengeance que les musulmans leur reprochent, sont avancés comme preuves à l'appui de cette opinion, mais cela ne suffirait pas à démontrer qu'ils ne sont pas Kurdes, puisque l'ancien Kurdistan comprenait une notable partie du sud de la Perse. On objecte d'autre part en faveur de l'opinion qui voudrait en faire une race indo-européenne, l'existence au pied de l'Hymalaya des Lepchos, cités dans le numéro 956 de la Revue des Missions catholiques du 30 septembre 1887, pour leurs croyances singulièrement identiques à celles des Yézides. Comme ceux-ci, les Lepchos reconnaissent un bon et un mauvais principe, et ne rendent un culte qu'à ce dernier, auquel seul leurs sacrifices sont offerts pour apaiser sa malveillance, qu'ils croient être l'unique cause de toutes les misères humaines.

Outre cela, les Yézides croient que le diable est une créature de ce mauvais principe, « seul créateur de toutes choses ». On doit, selon eux, honorer cette créature, non seulement parce qu'elle est puissante et redoutable et afin de mériter par le moyen de ce culte d'échapper à son action malfaisante, mais aussi parce que le diable peut, par un caprice de son maître, devenir un jour aussi puissant pour le bien qu'il l'est pour le mal. A ce changement de fortune, ses détracteurs seuls auraient à perdre C'est pour cela que les Yézides ne peuvent souffrir qu'on le maudisse.

A ce sujet, les habitants de Mossoul se plaisent parfois, quand ils rencontrent un Yézide dans les marchés de cette ville, à tracer autour de lui sur le sol un cercle dans lequel le malheureux croit être retenu prisonnier jusqu'à ce qu'une personne charitable soit venue rompre ce cercle fatal. Durant tout le temps de cette pseudo-magique captivité, la plus dure peine pour lui n'est pas la prison mais la nécessité qu'il se figure inéluctable, d'entendre ses joyeux bourreaux accumuler avec malice sur son dieu et mettre toutes les malédictions imaginables. L'initiation d'un Yézide de la caste sacerdotale, c'est-à-dire pour ainsi parler sa « prise d'habit », car on sait déjà que c'est l'habit noir qui distingue les Pir, les Uaval, les Fakir, etc., se fait d'une façon singulière dont les détails méritent d'être rapportés. Le postulant doit passer au service du grand chéik les quelques jours qui précèdent la cérémonie c'est une espèce de noviciat. Le terme de cette courte épreuve expiré, l'adepte dépose tous ses habits, puis deux Yézides noirs le prennent chacun par une oreille et le conduisent devant le supérieur qui lui présente l'habit noir en ces termes « Entre dans le feu et sache bien que dès ce moment tu es disciple de Yézid. Sache aussi qu'en cette qualité tu auras à souffrir pour l'amour de Dieu bien des injures, des opprobres et des persécutions de la part des hommes; car cet habit te rendra méprisable aux yeux de tous, mais très agréable à la Majesté divine .» Après cette petite allocution, le nouveau clerc, pendant que l'assistance murmure des prières, est revêtu pièce à pièce de l'habit noir qui ne diffère en rien des autres par la forme, mais dont les diverses parties portent des noms particuliers le turban devient la mitre; une autre pièce l'huméral, etc. Lorsqu'il est entièrement habillé, le supérieur l'embrasse et lui baise la manche, ce que font aussi à sa suite tous les autres Yézides noirs, mais non les blancs, car cela ne leur est pas permis. Dès lors, l'initié est appelé kotchek, mot auquel on doit donner dans ce cas la signification de clerc ou de disciple, mais qui dans le langage vulgaire en a une bien différente.

L'habit noir, est aux yeux des Yézides une chose sacrée; ils n'en laissent perdre aucune parcelle, et lorsqu'il tombe en loques, ils en recueillent pieusement les morceaux pour en bourrer des coussins, des oreillers, etc. Leur serment solennel se fait par la vertu de l'habit noir, par la tête de ceux qui le portent. Au pèlerinage annuel, qui se fait à Chéik-Adi, le grande chéik, revêtu d'une étole noire, prêche et bénit l'assemblée. L'enterrement d'un Yézide noir se fait non seulement sans larmes ni sans deuil, mais encore avec des démonstrations de joie, des chants et des danses, en témoignage de la conviction où l'on est du sort heureux de l'âme du défunt.

Quoiqu'il ne paraisse guère possible d'instruire des populations auxquelles leurs principes religieux interdisent l'instruction comme une chose mauvaise, des missionnaires capucins étaient parvenus, au XVII° siècle, à convertir deux chefs Yézides et à les baptiser sous les noms de Pierre et Paul, avec treize autres personnes mais la malveillance coupa court à cette œuvre, qui n'eut pas d'autres effets.

Les Yézides s'adonnent pour la plupart à la culture et à la vente de leurs produits agricoles, comme les Syriens. Beaucoup aussi élèvent de grands troupeaux de moutons, comme les Kurdes, dont ils partagent les instincts guerriers et dont ils ont la langue ainsi que l'organisation par agglomérations distinctes et rivales."

A propos des yazidis du Caucase :

Revue hebdomadaire de Paris 1892 p 490 Voyage à Erzeroum de 1829 à 1835 de Pouchkine : "Notre société était très composite. Dans la tente du général Reyewski se trouvaient plusieurs chefs de troupe musulmans, avec lesquels nous conversions au moyen d'un interprète. Parmi nos troupes, on remarquait des hommes appartenant aux peuplades caucasiennes déjà sous notre pouvoir.

J'ai surtout considéré avec curiosité les Yazides, qui, dit-on, forment une secte adorant le diable. Ils se com posent de plus de trois cents familles, habitant au pied de l'Ararat. Ils sont soumis à la domination russe, et leur chef, un homme grand et laid, à manteau rouge et grand bonnet noir, venait de temps en temps saluer le général Reyewski, commandant de toute la cavalerie."

Notons qu'Henry Austen Layard qui découvrit les ruines de Ninive joua un rôle important dans la connaissances des Yézides en Occident avec son "Nineveh and its Remains: with an Account of a Visit to tile Chaldaean Christians of Kurdistan, and the Yezidis, or Devil-worshippers, et Inquiry into the Painters and Arts of the Ancient Assyrians", puis en France Joachim Menant (1820-1899), passionné d’assyriologie, spécialiste de l’écriture cunéiforme qui publia en 1892 "Les Yédidiz; épisodes de l’histoire des adorateurs du diable",

Citons aussi dans la Géographie universelle d'Elisée Reclus (1881), le géographe anarchiste, dans le tome 6 : A propos des yézides de Transcaucasie "Les bergers sont des migrants temporaires , venus du Kurdistan, de la perse et de la Turquie. Parmi ces bergers, on compte plusieurs centaines de Yézides, adorateurs du diable" (p. 271). Et tome 9, p. 350 et suiv :

"Les Têtes Rouges, dont les communautés principales vivent dans le bassin moyen de l'Euphrate, sur les bords du Ghermili et du haut Kizîl irmak, sont comptés par les musulmans au nombre des sectes chrétiennes, parce qu'ils boivent du vin, ne voilent pas leurs femmes, pratiquent les cérémonies du baptême et de la communion. De tous les sectaires, les Kizîl bach sont ceux que leurs voisins accusent le plus obstinément — à tort ou à raison — de célébrer des fêtes nocturnes où règne la promiscuité la plus complète : de là le nom de Terah Sonderan ou "Éteigneurs de Lumières" sous lequel ils sont généralement désignés (cf Ernest Chantre, Tableau des tribus kurdes"). Le chef religieux des Kizîl bach réside dans le Dersim, près du fleuve Mourad.

D'autres sectaires abhorrés sont ceux que leurs voisins appellent « Adorateurs du Diable ». Les Kourdes Yezidi ou Chemsieh, quoique fort peu nombreux, cinquante mille au plus, sont épars sur un espace très considérable : ils sont cantonnés principalement dans les montagnes de Sindjar au nord des campagnes de la Mésopotamie, mais il en existe aussi sur les plateaux de Van et d'Erzeroum, ainsi qu'en Perse et dans la Transcaucasie, près des rives orientales du Goktcha (voir Moritz Wagner, Reise nach Persien und dem Lande der Kurden); une de leurs colonies s'était même -avancée jusqu'au Bosphore, en face de Constantinople (Von Hammer-Purgstall; - Carl Ritter, Asien). Haïs, exécrés par leurs voisins de toute religion et de toute race, tantôt obligés de combattre, tantôt fuyant devant leurs persécuteurs, réduits par la famine et par les maladies plus encore que par le glaive, ils ont pourtant réussi à maintenir de siècle en siècle leurs pauvres communautés, sans avoir comme les Juifs le solide point d'appui que donnent un corps de traditions écrites, l'histoire d'un long passé d'indépendance : ils n'ont que leur foi et le souvenir des luttes de la veille pour s'encourager à celles du lendemain; ils prétendent que leur grand saint, le cheikh Adi, écrivit un livre de doctrine, Aswat ou le « Noir », mais aucun document ne prouve la vérité de cette assertion, inventée probablement pour se faire respecter par les musulmans (Frederick Forbes, Journal of the Geographical Society, 1859). Nulle part ils ne vivent indépendants; les Yezidi du Sindjar, Kourdes croisés d'Arabes qui depuis des générations vivaient en républiques autonomes dans leurs citadelles de rochers, furent en grande partie exterminés en 1838; on enfuma les grottes dans lesquelles la plupart s'étaient réfugiés; les femmes furent vendues comme esclaves et les misérables débris des tribus durent accueillir des maîtres musulmans.

En comparant les récits des voyageurs qui ont visité les Yezidi dans les divers districts où ils sont dispersés, on constate de telles différences, qu'on a cru devoir admettre des origines multiples pour les sectaires classés sous le nom d'Adorateurs du Diable. Dans le voisinage des Arméniens, ils paraissent se rattacher à la même souche ethnique et des documents précis mentionnent le milieu du neuvième siècle et un village du district de Van comme l'époque et le lieu où la religion, d'abord simple schisme du dogme arménien, prit son origine. Dans le Sindjar, au contraire, on attribue aux Yezidi une origine arabe et leur culte serait dérivé de l'Islam. En Perse, ils sont considérés comme descendant des Guèbres ; pourtant le nom même qui leur a été donné les relie au monde musulman, puisqu'il est celui de Yezid, le calife abhorré, coupable du meurtre de Housseïn, le petit-fils du prophète. Enfin, les tribus kourdes les confondent souvent avec les sectes chrétiennes des plaines inférieures et font sur les uns et les autres les récits les plus bizarres : il n'est pas d'abominations qu'on ne leur prête, pas de fantaisies qu'on n'imagine sur leur compte. Leurs cérémonies diffèrent suivant les pays : il en est qui baptisent leurs enfants et qui font le signe de la croix (Azabel Grant, The Nestorians); en certains districts ils pratiquent la circoncision, ailleurs elle est défendue; les jeûnes sont strictement observés chez les Yezidi voisins de l'Arménie, tandis que d'autres Adorateurs du Diable se croient libres de manger en tout temps ; ici règne la polygamie, là une monogamie stricte; jadis la plupart étaient toujours vêtus de bleu, actuellement ils abhorrent cette couleur et sont voués au blanc. D'ailleurs, les sectaires persécutés ont dû, comme les hérétiques du chiisme persan, apprendre à simuler les cérémonies des cultes officiels : il n'est pas de saint chrétien ou musulman, sunnite ou. chiite, qu'ils n'acceptent comme leur et qu'ils ne vénèrent avec une ferveur apparente.

Le lien commun entre les Yezidi de diverse origine et de cultes distincts est l'adoration du melek Taous, leur roi Paon ou Phénix, Seigneur de Vie, Esprit Saint, Feu et Lumière, qu'ils représentent sous la forme d'un oiseau à tète de coq, placé sur un chandelier. Son premier ministre est Lucifer, l'étoile du matin, qu'ils n'ont cessé de respecter, malgré sa chute. Déchus eux-mêmes, disent-ils, de quel droit maudiraient-ils l'ange tombé, et puisqu'ils attendent leur propre salut de la grâce divine, pourquoi le grand foudroyé ne reprendrait-il pas son rang comme chef des armées célestes ?

Peut-être même les prophètes Moïse, Mahomet, Jésus-Christ étaient-ils son incarnation; peut-être est-il déjà remonté au ciel pour accomplir de nouveau, comme ministre suprême, les ordres du dieu législateur. Ils sont saisis d'horreur en entendant blasphémer le nom de l'Archange par musulmans ou chrétiens, et l'on dit que peine de mort est prononcée chez eux contre celui qui se servirait du nom de "Satan" ; ceux qui l'entendent ont pour devoir de tuer l'insulteur, puis de se tuer eux-mêmes (Taylor, Journal of the Geographical Society, 1868). Ils évitent même toute combinaison de syllabes qui pourrait rappeler le terme d'insulte. Ils accomplissent religieusement les ordres de leurs prêtres et nombre d'entre eux vont en pèlerinage au lieu sacré du cheikh Adi, qui se trouve au nord de Mossoul, sur la route d'Amadiah; leur pape ou cheikhkhan réside au bourg de Baadlî, situé sur une roche escarpée, mais le sanctuaire est dans un autre village, Lalech, où vécut un prophète, le "Mahomet" des Yezidi : c'est là que se font les grandes cérémonies et que l'effigie sainte du melek Taous est exposée à la vénération des fidèles; le matin, quand le soleil se lève à l'horizon, la foule des pèlerins salue la lumière en se prosternant par trois fois( Niebihr, Garzonu, Rich, Forbes etc). Les voyageurs, même les missionnaires catholiques et protestants qui ont été accueillis chez les Yezidi et qui devaient naturellement frémir à la pensée d'être en présence des Adorateurs du Diable, sont unanimes à les représenter comme moralement très supérieurs à tous leurs voisins, nestoriens ou grégoriens, sunnites ou chiites. Ils sont d'une probité parfaite, destructeurs et pillards quand la guerre est déclarée, mais, en temps de paix, respectueux jusqu'au scrupule de tout ce qui appartient à autrui. Ils se montrent d'une prévenance sans bornes à l'égard de l'étranger, bienveillants les uns envers les autres, doux et fidèles dans le mariage, très appliqués au travail. Les poésies qu'ils chantent en labourant le sol ou en se reposant aux veillées du soir sont tantôt des fragments d'épopées qui célèbrent les hauts faits des aïeux, tantôt des strophes d'amour, pleines de sentiment, parfois aussi des invocations plaintives. « Le chacal ne déterre que les cadavres, il respecte la vie; mais le pacha, lui, ne boit que le sang des jeunes. Il sépare l'adolescent de sa fiancée. Maudit soit celui qui sépare deux cœurs qui s'aiment! Maudit soit le puissant qui ne connaît pas la pitié! Le tombeau ne rendra pas ses morts, mais l'Ange Suprême entendra notre cri ! »

Dans la revue L'Ethnographie d'avril 1929, p. 224, rend compte du livre du livre de RHW Empson, The cilt of the peacock angel, A short account of the Yezidi tribes of Kurdistan with a commentary by Sir Richard Carnac Temple, London 1928.

Dans la Revue de thérapeutique médico-chirurgicale : journal des connaissances médico-chirurgicales de 1910 p. 683, un courrier des lecteurs de Mossoul raconte : "J'avais un domestique, Yézidi, mangeur de mouches. Il les attrapait avec une adresse remarquable. Comme le chien les happe avec la bouche, il les saisissait d'un mouvement rapide de la main droite, sur le creux de la main gauche il avait du gros sel. Il prenait la mouche, la plongeait dans le sel et l'avalait : entre ses doigts restaient les ailes qu'il laissait tomber, tout en ouvrant les mains pour attraper une autre mouche. Pas une ne lui échappait de celles qui voletaient à sa portée. Il ne se livrait à cet étrange exercice que les samedis. C'est, paraît-il, le jour spécialement consacré au Diable.

Dieu, en jetant Satan l'Ange rebelle, dans les abîmes, lui dit "Tu ne seras plus le roi des anges ; tu seras le roi des insectes, Baal ez zeboun, (vulg Belzebuth)." Généralement, on interprète cette phrase par "roi des mouches". Les mouches incarnent Cheïtan (Satan). et mon Yezidi, chaque samedi, en avalant des mouches, communiait dans le Diable. Je le menaçai de le renvoyer, car sa manoeuvre hebdomadaire me dégoûtait".

Comptes-rendus des séances de l'année... / Académie des inscriptions et belles-lettres 1918 JB Chabot Edesse pendant la Première croisade p. 442 :

"Mais si les. monuments lapidaires ne sont pas la pour rappeler le passage des Francs, il ne faut pas croire que le souvenir de leurs exploits ait disparu. Il est devenu légendaire il s'est perpétué dans la tradition orale jusqu'à nos jours, même parmi les populations les moins cultivées. Il y a vingt et un ans de cela, sur la route d'Ëdesse à Alep, dont chaque étape était marquée par les traces encore sanglantes du récent massacre des Arméniens, je rencontrai un homme appartenant à la tribu des Yézidis, secte mystérieuse des environs de Mossoul, que la persécution turque* a dispersée sans pouvoir l'anéantir. Cet homme me demanda " Est-ce bientôt que les Francs vont venir occuper ce pays? Et qui t'a appris, dis-je, que les Francs doivent venir ? Mais, fit-il 'avec assurance, les prophéties l'ont annoncé. "

Notons ce compte-rendu de voyage anonyme chez les Yézidis présentés par Perdrizet dans la Société de Géographie de l'Est p. 292.

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La religion des Yézidis

11 Novembre 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Christianisme, #Médiums, #Histoire des idées, #Histoire secrète

La religion Yazidi (yézidie, on adoptera les deux orthographes) professe la croyance en un dieu singulier «suprême» [semblable au dieu biblique] qui se manifeste sous la forme de «Sept Grands Anges", dont le chef est un paon nommé Tawsi Melek. Le paon roi Tawsi Melek est descendu sur terre pour donner vie à l'Adam biblique dans le jardin d'Eden. Par la suite, Eve a été créé. Les Yézidis croient que Adam a réussi à produire une descendance spontanément sans Eve. Adam avait un fils par génération spontanée nommée Shehid bin Jer qui est devenu l'ancêtre de la race Yazidi. Tous les autres peuples sont soupçonnés d'être les descendants de l'accouplement d'Adam et Eve, tandis que les Yézidis sont les descendants d'Adam seul. Selon la légende, l'ange-paon Tawsi Melek (qui est un mélange de Jésus et de Lucifer) a transmis ses connaissances au fils d'Adam Shehid bin Jer qui est devenu le fondement de la religion Yazidi de sa progéniture.


Les Yézidis croient que le jardin biblique de l' Eden était un âge d' or de la sagesse et de la prospérité. Selon eux, le déclin moral a commencé il y a 6000 ans quand le dieu Yazidi a envoyé un déluge pour nettoyer la terre. Ce point est presque identique à l'inondation de l' histoire de Noé dans la Bible. Après le déluge, les Yazidis ont été dispersés en Inde, en Afghanistan et en Afrique du Nord. Il y a 4000 ans, selon la légende, les Yazidis ont commencé à revenir dans le Nord de l' Irak. Dans le XI ème siècle, la culture Yazidi a été réformée par un sage soufi nommé Cheikh Adi. Le cheik Adi a également mis en forme le système moderne des castes yézidies.

Ce système est strictement héréditaire (à la différence des Hindous) et certains disent qu'il a été emprunté à l'Inde. Il existe trois principales castes des Yézidis. Les Cheiks sont la plus haute caste, c'est un mot arabe qui signifie «chef ». Les cheiks sont en outre divisés en sous-castes: Faqirs, Qewels et Kochecks (on mentionne aussi les noms de Samsani, Adani et Qatani défenseurs de la foi). Les Faqirs ou Fakirs (un mot pour soufi) sont les plus élevés des cheiks, ce sont prêtres qui sont souvent pris en charge par les autres castes à travers un système de dîme. Les Qewels sont des bardes ou chanteurs qui assistent à des cérémonies. Kochecks (au féminin Fagras) sont les voyants et médiums qui servent dans les lieux saints de Lalish (dans la province de Dohuk, tout au nord de l'Irak), ils peuvent venir de toute caste. La deuxième plus haute caste sont les Pir, un groupe héréditaire qui prétend descendre d'un saint homme nommé Peer Alae. Les Pir sont soupçonnés d'avoir des pouvoirs mystiques. Les Pir sont présents à toutes les cérémonies de mariage, d'enterrement et de naissance et aident les Sheik. Ils sont également des conseillers. Chaque Yazidi de chaque caste est tenu de prendre un Pir et un Sheik comme guide pour la vie. Enfin, il y a la caste Murid héréditaire qui sont les «roturiers» qui sont les «roturiers» ou les "disciples" .

Les Yézidis ont également deux positions officielles fondées sur la caste et l'hérédité. Le «Mir» est le prince des Yézidis. Il est le chef temporel et religieux du peuple Yazidi et parle en leur nom au niveau national et international. C'est aussi le chef de l'Etat théocratique Yazidi, il occupe une position héréditaire et les membres sont issus de familles Sheikh spécifiques appelées «familles Col». Après le Mir vient le Baba Cheikh, appelé le «pape» de Yazdinism. Baba signifie «père» et le Baba Cheikh est le chef spirituel de la communauté Yazidi, mais ce Cheikh est subordonné au Mir dans tous les domaines temporel et spirituel.

Les fêtes des Yézidis.


La nouvelle année Yazidi ressemble à Pâques. Elle est célébrée le mercredi et commémore le moment où Tawsi Melek est descendu sur terre pour apaiser un tremblement de terre et de répandre ses couleurs de paon. Ce jour-là, les Yézidis peignent des oeufs (tout comme certains chrétiens orthodoxes le jour de Pâques). Il y a aussi un banquet tenu dans les cimetières pour honorer les morts.  La Parade des Sanjaks est marquée par la procession du paon sacré à travers les villages (il est normalement logé dans la résidence du Mir). Le paon est dit avoir été amené de l' Inde par la diaspora yézidie.  Le jeûne du Sacrifice est de 40 jours de jeûne. Il est observé par les hommes saints de Lalish à la mi-Février. Il commémore le jour où l'Abraham biblique a tenté de sacrifier son fils Ismaël (c'est le nom musulman qui est retenu). La fête des sept jours fête a lieu au début Octobre et est un moment où Yazidi faire un pèlerinage à leur saint sanctuaire de Lalish. Durant cette fête un boeuf est chassé et lorsqu'il a été capturé, il est abattu et cuit. La viande est distribuée parmi les participants au sacrifice, ce que certains rapprochent de la fête juive de Korban. Le jeûne de trois jours du lever au coucher du soleil de Décembre ressemble à la fête islamique du Ramadan. Les Yézidis doivent prier 5 fois par jour (comme pour les musulmans). Les Yézidis ne doivent pas effectuer leurs prières en présence d'étrangers. Le samedi est considéré comme un jour de repos (comme le sabbat juif).

Les Yézidis croient en la réincarnation comme les hindous, mais ils ne sont pas incinérés comme eux. Ils disent qu'à leur mort, leur âme rencontre dans l'au-delà le soufi Sheik Adi qui les interroge sur leurs pratiques sexuelles passées. Les rapports sexuels avec des non-yézidis ou des personnes d'autres castes pourrait interdire à un Yézidi d'entrer dans le paradis. Certains Yazidi croient en enfer, d'autres croient que les flammes de l'enfer ont été éteintes par les larmes de Tawsi Melek. Les Yézidis croient qu'ils se réincarnent jusqu'à ce qu'ils atteignent un niveau de pureté qui leur permet de monter au ciel pour l'éternité. Les Yézidis impurs sont punis en se réincarnant dans le corps d'un non-Yazidi, ce qui est la pire punition possible.

Jésus joue un rôle important dans cette religion.


Ils considèrent les chrétiens comme leurs amis les plus proches. Les Yézidis ont hébergé chrétiens pendant le génocide arménien et des chrétiens ont aidé des Yézidis à fuir vers l' Europe et l' Amérique sous la dictature de Saddam Hussein en Irag. Jésus est reconnu comme un grand prophète de Tawsi Melek et son nom est invoqué dans les prières des Yazidis. Ils prétend que le charpentier yézidi nommé Yosef Nagar (comme Joseph dans l'Evangile) habitait à Jérusalem lorsque Jésus était un jeune garçon et a enseigné au futur «prophète» les pratiques et l' art de la guérison par les herbes. Les livres saints des Yézidis affirment que Tawsi Melek était un guide et qu'il aidait Jésus. Le dieu Yazidi est dit avoir envoyé Tawsi Melek pour déplacer la pierre qui bloquait la tombe de Jésus et qu'il était un ange protecteur qui est resté à proximité. Le réformateur Sheike Adi est réputé avoir été un sectateur de Jésus. Son maître sufi al-Hasan al-Barsi avait proclamé qu'il n'y a pas de messie "madhi" mais que Jésus était ce madhi.

Il existe aujourd'hui des tentatives d' "inculturation", c'est à dire d'introduction du catholicisme dans le yézidisme. Selon le site hindou Hindugeopolitics, le chrétien templier basé en Arizona Mark Pinkham essaie de fusionner catholicisme, yézidisme et hindouisme, dans le concept de hidzianité à  travers le dieu de la guerre hindou au paon Murugan, Melek Taus et Jésus. Il dirige un Ordre International des Templiers Gnostiques (International Order of Gnostic Templars ™ - IOGT) et son dernier livre “Guardians of the Holy Grail: The Knights Templar, John the Baptist and the Water of Life" tente de placer le Jardin d'Eden et la lignée des prophètes du «Saint Graal» tels que Jésus et Jean-Baptiste dans le prolongement de l'hindouisme du Sri Lanka. Ce gnosticisme est aussi très tourné vers la déesse mère comme le Da Vinci Code. La revue en ligne Covertwires en septembre 2014, juste après le génocide de Sinjar, a interviewé ce gourou de secte sur son livre de 2002 The Truth Behind the Christ Myth: The Redemption of the Peacock Angel. 

Mark Amaru Pinkham dirige aussi le site YazidiTruth.org . Déjà en 2007 il faisait campagne contre le "génocide" des yézidis en soutenant le témoignage du fakir Kawwal Khoudeida Hasan qui dirigeait une communauté d'une cinquantaine de familles yézidies dans le Nebraska.

 

La baronne Nicholson de Winterbourne, ambassadrice pour le commerce du gouvernement de Mme May, au sanctuaire de Lalish, novembre 2016

La baronne Nicholson de Winterbourne, ambassadrice pour le commerce du gouvernement de Mme May, au sanctuaire de Lalish, novembre 2016

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Psychiatrie et possession

10 Novembre 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Médiums, #Christianisme

On trouvera dans la vidéo ci-dessous un témoignage intéressant d'un fils de pasteur. Intéressant pour moi parce qu'il me rappelle des situations auxquelles j'ai été confrontées, quoiqu'à un niveau bien moindre, fort heureusement, que cette famille du pasteur Peterschmitt.

J'estime que le pasteur et la psychiatre se trompent quand ils déclarent que la maladie psychiatrique est différente de la possession. Ils affirment au vu de leur expérience de la délivrance que la maladie a sa logique propre. C'est vrai, mais cette logique a bien une origine métaphysique. Je l'ai observé dans le cadre de mon enquête auprès des médiums, et j'espère pouvoir évoquer cela prochainement dans un livre.

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