Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 00:03

Cabanel_The_Birth_of_Venus_1863.jpgMc Evilley le remarque dans son bouquin "The Shape of Ancient thought", chez les Grecs comme chez les Indiens (il pense, sous les cieux helléniques, à Parménide et à Démocrite, d'une certaine façon prolongés à Rome par Lucrèce) : la référence à la déesse-mère, au vieux fond théologique matriarcal, vient toujours étayer une philosophie de l'immanence. Et sous les deux latitudes, c'est toujours une féminité ambivalente qui s'affirme, créatrice et destructrice, comme la Shakti en Inde, ou Gorgone qui en Grèce a un sein qui donne du lait et un qui donne du poison... Je me demande bien sur quel sentier je pourrais approfondir ce lien féminité-immanence sans retomber dans les théories fumeuses de beaucoup d'historiens des religions. Je trouve que la problématique va au delà du lien Père-loi-trancendance qu'on a identifié sous les cieux judéo-chrétiens (ou judéo-christiano-islamiques), car c'est une question de rapport au masculin et au féminin en dehors même de tout contexte de révélation : ce n'est donc pas une parole masculine qui est identifiée comme loi verticale, mais une spéculation humaine qui, suivant qu'elle se porte sur le masculin ou sur le féminin, va rechercher une spiritualité abstraite ou au contraire produire une pensée ancrée dans le monde (et une pensée, observons-le, d'essence tragique).

Par CC - Publié dans : Histoire des idées - Voir les 1 commentaires
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Commentaires

"Je me demande bien sur quel sentier je pourrais approfondir ce lien féminité-immanence..." Si vous n'avez rien contre le prisme freudien, il y a bien les travaux de Jean Markale ("La femme celte", etc.) sur la tradition celtique, mais vous devez connaître... Cdt

Commentaire n°1 posté par Didier Moulinier le 20/02/2011 à 18h34

Bonjour, merci pour ces suggestions. Je suis réservé sur le "prisme freudien" justement d'une manière générale, et dans le cas particulier je crois que Freud étudie le problème de la transcendance sous l'angle du rapport au Père - à la Loi - dans une religion révélée. Mais ce qui m'intéresse c'est pourquoi dans un univers de "non-révélation" comme la Grèce ou l'Inde, où il n'y a pas un Dieu père qui impose une révélation, le masculin divin reste quand même du côté du dualisme corps esprit, et le féminin divin du côté d'une immanence pure. Je vais peut-être creuser Markale...

Réponse de CC le 21/02/2011 à 11h31

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