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Dilmun, le paradis des Sumériens

10 Mars 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Ishtar

gilgamesh.jpgDans  Dilmun and its neighbours, Harriet E. W. Crawford (Cambridge university Press, 1998) démontre en quoi l'identification entre Dilmun et le Bahrein est juste, bien qu'il n'y ait jamais eu de mines de métal au Bahrein, mais il était un entrepôt du cuivre de la péninsule d'Oman (Magan), à laquelle il est souvent associé dans les tablettes cunéiformes d'Akkad, ainsi que Meluhha (la culture de l'Indus). Dilmun est aussi associée à la pêche et aux perles.

 

En 1878, le capitaine Durand décrivit un pied de statue retrouvé dans une mosquée (mais détruit dans le blitz de Londres en 1940) portant une dédicace cunéiforme au dieu Inzak d'Agarum par un certain Rimum. Ce dieu est généralement présenté comme le principal dieu de Dilmun, et le fils du dieu de l'eau mésopotamien Enki.

 

Dès 2 200 av JC une ville de 30 ha existe au Bahrein derrièe des murailles, avec un Etat centralisé - voir le mémoire d'Ashkanani Diss "Interregional Interaction and Dilmun Power in the Bronze Age: A Characterization Study of Ceramics from Bronze Age Sites in Kuwait" University of South Florida in Spring 2014). Vers 2 000 les habitants de Dilmun ont colonisé l'île de Falaka au large du Koweit, qui éclipsa le Bahrein vers 1 500 et peut-être même le domina (cf Pott, 1983). Dans la seconde moitié du deuxième millénaire, elle devient une province de l'empire babylonien, dont les ressources sont exploitées, notamment le lapiz-lazuli.

 

Les textes du deuxième millénaire mésopotamiens décrivent Dilmun comme un paradis d'eau et de végétation. C'est là que Gilgamesh rencontre Ziusudra, survivant du déluge, rendu immortel pour avoir sauvé l'humanité. Cette idéalisation, nous dit Crawford, dans des traditions antérieures à 2800 av JC résulte peut-être d'une perte de contact avec Dilmun avant 3 200. Il ne réapparait que vers 3 000. Certaines thèses étendent Dilmun au delà du Bahrein à toute la côte de la péninsule arabique.

 

Gilgamesh apprend qu'il doit trouver des plantes ou des fleurs qui poussent sur le lit de la mer. Il attache des pierres à ses pieds ce qui évoque la tradition des pêcheurs de perles du Bahrein (cf Robin A. Donkin, " Beyond price - pearls and pearl fishing Origins to the Age of Discoveries, 1998, Publisher: American Philosophical Society p. 48). Les "fleurs d'immortalité" peuvent être des perles. En Sanskrit on les appelle manjari, fragments de bourgeons (cluster of blossoms). Il faut penser aux vertus médicinales des perles. Et les perles des huitres apparaissent là où l'eau salée s'est mélangée aux jets soys marins d'eau douce (superposition de deux eaux qui a donné le nom du Bahrein - bahrani). A moins que ces "fleurs" soient des coraux.

 

Mais Gilgamesh s'endort et un serpent vole ses fleurs d'éternité.

 

Pour Brigitte Lion (dans Représentations du temps dans les religions : Actes du colloque organisé p par le Centre d'Histoire des Religions de l'Université de Liège, dir Vinciane Pirenne-Delforge et Öhnan Tunca, Presses universitaires de Liège 2003), le paradis de Dilmun, figurant au début du mythe d'Enki et Ninhursag serait un monde à venir plus qu'un paradis originel. Elle exclut que ce mythe ait influencé la Genèse car il n'a pas eu d'écho après 1900 av JC (à la différence du Poème babylonien de la Création Enuma Elis, qui lui était lu à chaque fête du nouvel an à l'époque néo-babylonienne). Et d'ailleurs la notion de paradis seraitune invention hellénistique transformant le mot perse "gan" (jardin). Les premiers temps chez les sumériens n'auraient rien d'idylliques

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