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La Pyrrhique

15 Septembre 2012 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps

Voyez ce vers dans les Nuées d'Aristophane (996-999) : "Mais toi, tu leur enseignes aujourd'hui à s'empaqueter tout d'abord dans des vêtements. Aussi je m'indigne, quand il leur faut danser aux Panathénées, de les voir tenir leurs boucliers devant leur corps sans songer à Tritogénie." En version anglaise je vois "I am choked, when at the Panathenaia a fellow, holding his shield before his person, neglects Tritogenia,  when they ought to dance". Devereux, dans Femme et Mythe p. 151),  préfère traduire par "tiennent leur bouclier devant leur sexe" s'appuyant sur KJ Dover qui, en 1968 (Aristophanes : Clouds, 1968, p. 6), expliquait qu'il s'agissait de danses nues où les jeunes gens auraient du agiter le bouclier à l'horizontale pour ne pas cacher leurs attributs, cette monstration marquant la dévotion à la déesse.

 

Les Grandes Panathénées duraient du 23ème au 28ème jour du mois Hecatombeion (c'est-à-dire entre mi-juillet et mi-août dans la calendrier lunaire grec). "Elles débutaient à l'Odéon par les pompes de la musique et de l'orchestrique, récitation des poèmes d'Homère, concours de chant, de cithare et de flûte, danse de la pyrrhique par des éphèbes nus, d'autres formant un choeur cyclique" (encyclopédie Imago Mundi).

 

Le blogueur prof d'histoire JF Bradu offre un petit récapitulatif de la pyrrhique ici (j'en profite pour poster une photo qu'il a publiée sur son blog, prise au musée de l'Acropole).

 

pyrrhique.jpg

 

Voilà qui confirme les remarques de Philippe Verrièles sur la connotation guerrière de la danse masculine. Comme l'observait Devereux, il est intéressant que le texte reconnaisse un "droit" de la déesse au spectacle phallique.

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