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Articles avec #nudite-pudeur en europe tag

"La nudité" cité dans "Ca m'intéresse" de juillet 2017

26 Juin 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Interviews en rapport avec mon livre "La nudité", #Nudité-Pudeur en Europe

C'est en p. 30. Je suis cité conjointement avec la géographe Mme Barthe-Deloizy (qui a pratiqué le naturisme comme elle l'explique dans son livre, ce qui marque un peu la spécificité de son approche). Mes propos sont un peu déformés mais peu importe.

 

 

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Mon livre "La Nudité" cité par le magazine suisse "Bon pour la tête"

21 Juin 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Interviews en rapport avec mon livre "La nudité", #Nudité-Pudeur en Europe

Une récente modification de la loi, permet aux Genevoises de se baigner torse nu dans le lac Léman et les rivières. Julie Eigenmann du média suisse "Bon pour la tête" dont le premier numéro est sorti ce mois-ci m'a donné l'occasion de revenir sur le topless féminin. C'est un sujet délicat qui m'a valu quelques critiques sur Internet parce que dans une de mes interviews, j'avais cité sans prendre suffisamment de distance à son égard, une analyse de Timothy Taylor ("La préhistoire du sexe") qui était assez mal formulée. Je ne suis pas allé jusqu'à évoquer Isabeau de Bavière et Agnès Sorel...

L'article de Julie Eigenmann est ici.On notera aussi les remarques intéressantes de Yasmina Foehr-Janssens sur le sein mobile et le sein statique qui proviennent des travaux de Kaufmann cités dans mon livre. Le titre qui parodie Molière ne tient pas trop la route car mis au futur il confine au non sens (même en le maintenant au conditionnel d'ailleurs ça n'aurait pas eu de de sens). Mais l'illustration est rigolote.

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L'Obs en ligne : mon livre "La Nudité" mentionné à propos du projet de parc naturiste à Paris

3 Mai 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Interviews en rapport avec mon livre "La nudité", #Nudité-Pudeur en Europe

Le journaliste des pages "environnement" de l'Obs Arnaud Gonzague m'a passé un coup de fil la semaine dernière en me disant qu'il avait eu l'intuition, contre le journaliste des pages "société", de sa  revue que derrière la question de la nudité urbaine se cachait peut être une question de classes sociales. Je lui ai donné mon analyse et les chiffres de sondages dont on disposait. Ca donne une mention de mon bouquin sur le site en ligne de l'Obs cette semaine ici.

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Jenny Scordamaglia : de la nudité publique à la méditation

1 Mai 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur en Amérique, #Nudité-Pudeur en Europe, #Médiums

Elle s'appelle Jenny Scordamaglia. Elle a 28 ans. Née dans le New Jersey, elle a grandi en Uruguay. La quotidien britannique The Sun du 28 avril la traite de "journaliste exhibitionniste" parce qu'elle participe à une émission de cuisine nue sur Miami TV (Naked Kitchen) dont elle est propriétaire avec son mari depuis 2013. A vrai dire elle n'a pas fait que cela. Elle est accoutumée des interviews topless, voire en nu intégral.

Au vu de ce que j'ai appris dans le cadre de mes travaux de terrain sur le lien entre nudité et médiumnité. En Avril 2012 Jenny Scordamaglia a fondé en Espagne un "Centro Transformacion" dédié à la méditation et au massage géré par le coach tanzanien Julius Mwabuki. Dans le même esprit elle a apporté une contribution particulière au yoga nu.

Mais sa confrontation (en 2012 sur MegaTV ci-dessous) avec Aramis Fuster, une médium spirite, ouvertement occultiste ("La Bruja" "la Sorcière", qui elle aussi joue un peu sur la nudité malgré ses dénégations dans l'émission) laisse entrevoir une sorte d'incompatibilité entre sa démarche et celle de la magie classique. Peut-être est-ce parce qu'elle reproche à sa voisine d'étaler trop ses "dons spirituels" et laisse même entendre que de ce fait elle n'en a pas... Le défaut de discrétion dans ce milieu peut être un signe d'inefficacité. On ne peut pas trop savoir ce qu'il se passe vraiment dans le "Centro Transformacion" de Castellon, dans la spiritualité "loin des caméras" qu'évoque Jenny Scordamaglia dans la séquence. Une recherche sur Google ne livre rien sur les rapports entre la présentatrice de Naked Kitchen et le moindre cercle spiritualiste existant sur le globe. Est-ce parce que les "nettoyeurs" des moteurs de recherche ont trop bien fait leur travail ? Le "phénomène" Jenny Scordamaglia par delà son excessive visibilité aux USA et dans le monde hispanophone reste au fond bien obscur pour le sociologue. Comme Rousseau qui, disait Nietzsche, à force de vouloir être transparent en devenait très opaque..

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La nudité dans l'Ordo Templi Orientis (OTO)

30 Avril 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur en Europe, #Anthropologie du corps, #Médiums, #Histoire secrète

En 2014, je vous avais parlé de la religion wiccane (un billet d'ailleurs encore très visité), qui est un résultat indirect, dans sa version gardnérienne des années 50 (qui compte beaucoup d'adeptes), des canalisations du très sulfureux médium Aleister Crowley au début du XXe siècle lors de sa visite de la pyramide de Gizeh.

Un autre fruit plus discret de ce personnage contestable et contesté (personnage qui a beaucoup influencé la pop culture des années 60 à 80 soit dit en passant) fut l'Ordo Templi Orientis (OTO), créé en 1904 par par Carl Kellner, un franc-maçon autrichien, après sa rencontre avec trois sages en Asie. A partir de 1912 Corwley allait lui donner des rituels dédiés à la déesse mère Babalon, notamment sa "messe gnostique" qui est ouverte aux degrés inférieurs de ce groupe religieux initiatique et au public extérieur comme le montre la vidéo sur You tube ci-dessous. Ce groupe religieux qui ce qualifie de "thélémique" (de "thelema" = "volonté" en grec, car il prétend réconcilier l'adepte avec sa volonté profonde) compterait 3 000 membres.

Moi qui ai eu la chance de vivre (en 1994) six mois à Troyes, grande ville talmudique à cause de l'immense personnalité de Rachi, mais aussi berceau des Templiers (les reliques de Bernard de Clairvaux s'y trouvent, et c'est lors d'un concile en sa cathédrale que fut lancé l'Ordre, qui possédait aussi l'actuelle forêt d'Orient à l'Est de la ville), et qui, de ce fait, ai probablement "croisé les énergies" de l'Ordre du Temple originel, je ne puis m'empêcher de me demander, bien sûr, si cet OTO actuel est légitime à revendiquer la moindre filiation avec ces ancêtres médiévaux. Bien malin qui pourrait le dire puisque ceux-ci n'ont pas laissé d'archives de leurs pratiques cultuelles, ni de leur savoir ésotérique.

En tout cas l'OTO aussi, comme la Wicca, utilise la nudité dans son culte. Il existe d'ailleurs sur le Net ici en anglais un débat aussi vif qu'amusant entre une praticienne originaire du New Jersey issue de la Wicca et des prêtres de cette religion pour savoir si une femme ayant atteint la soixantaine est fondée à conserver sa robe pour exécuter ses rituels. Grave question s'il en est.

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La nudité des jeunes filles dans les lois de Lycurgue

2 Mars 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées, #Anthropologie du corps, #Christianisme, #Nudité-Pudeur en Europe, #Pythagore-Isis, #Philosophie

Dans le 1er livre des Macchabées (Ancien Testament) il est écrit

"I M 12,5. Voici la copie des lettres que Jonathas écrit aux Spartiates:

I M 12,6. Jonathas, grand prêtre, les anciens de la nation, les prêtres et le reste du peuple juif, aux Spartiates, leurs frères, salut.

I M 12,7. Il y a longtemps que des lettres ont été envoyées à Onias, le grand prêtre, par Arius, qui régnait chez vous, car vous êtes nos frères, comme le montre la copie qui est jointe ici.

I M 12,8. Et Onias accueillit avec honneur l'homme qui avait été envoyé, et il reçut les lettres, où il était parlé d'alliance et d'amitié."

Onias I er, fils de Jaddus, et père de Simon le Juste, qui furent aussi grands-prêtres (Sir 50:1, cf. Jos., Ant., XI, 8, fin ; XII, 6) exerça ses fonctions, précisent les historiens, après la conquête de la Judée par Alexandre le Grand. C'est à lui qu'aurait été adressée une lettre d'Arias (ou Arius), roi de Lacédémone sous le règne de Séleucos IV Philopator (187-175 av. J.-C.), lui offrant son alliance, au nom d'une prétendue origine commune des peuples juif et lacédémonien, selon Flavius Josèphe, juste avant la conquête de la Grèce par Rome en 146.

Cette admiration des Juifs à l'époque de Jonathas Macchabée (157-152 av JC) pour Sparte ne pouvait pas englober (à la différence de la République de Platon) une estime pour les lois de Lycurgue.

Selon Plutarque (Vie de Lycurgue) "Lycurgue porta toute l’attention possible à l’éducation des femmes. En tout cas, il fortifia le corps des jeunes filles par des courses, des luttes, le jet de disques et de javelots. (...) Pour leur ôter toute mollesse, toute vie sédentaire, toute habitude efféminée, il habitua les jeunes filles, non moins que les garçons, à défiler nues, et, pour certaines fêtes, à danser et à chanter dans cet état sous les yeux des jeunes gens. (...)Quant à la nudité des jeunes filles, elle n’avait rien de honteux, puisque la modestie y présidait et que le dérèglement n’y était pour rien ; elle donnait, au contraire, l’habitude de la simplicité et le désir ardent d’une santé robuste.(...)Voici ce qui excitait encore au mariage : les processions des jeunes filles, leur déshabillement et leurs combats sous les yeux des jeunes gens, qui, selon le mot de Platon , cédaient à des contraintes, non géométriques, mais érotiques. Lycurgue a même imprimé une note d’infamie aux célibataires. On les écartait du spectacle des gymnopédies [exercices des jeunes filles nues] ; et, l’hiver, les magistrats leur faisaient faire nus le tour de l’agora, en chantant une chanson composée contre eux, où il était dit qu’ils subissaient un juste châtiment, parce qu’ils désobéissaient aux lois."

Aux yeux des Juifs les lois de Lycurgue sur la nudité des jeunes filles auraient été jugées de nature à attirer des démons dans la cité, tout comme d'ailleurs l'installation des cimetières dans les murs de la ville, elle aussi décidée par Lycurgue selon Plutarque.

En 1604, le médecin conseiller du roi Louis Guyon (1527-1617) écrivit dans "Les diverses leçons de Loys Guyon, sieur de La Nauche,... suivans celles de Pierre Messie et du sieur de Vauprivaz" (p. 104 et suiv) :

"Ledit Licurgue en fit une autre,qu' il voulait que les filles allassent aux jeux & danses publiques toutes nues, sauf de petits brodequins de couleur découpés , qu'elles portaient aux jambes, & ce pour plusieurs raisons , que je vais alléguer. La première était, par ce qu'il apercevait plusieurs jeunes hommes être tant amoureux des filles & femmes, qu'ils en perdaient le jugement, & oubliaient tout devoir, si bien qu'ils semblaient plutôt bêtes qui sont en ruth ou en chaleur, qu'hommes raisonnables. Or iceux amoureux, sans doute se trouvaient à telles assemblées,pour voir leurs Déesses toutes nues, & voyants les parties peu honnêtes, & posées non guère loin d'un réceptacle de toutes les puantes immondices du corps humain,s'en devaient dégoûter, & abhorrer-telles .amours,& se devaient remettre en leurs devoirs : & que la chose ne méritait point qu'on se tourmentât tant, perdant le boire, le manger & le repos. L'autre raison était,à fin que les filles n'eussent point de honte des parties desquelles nature les avait pourvuës mais fussent vergogneuses de commettre aucun vice. Car il disait., que les filles & les femmes devaient plus rougir de commettre quelque péché, que de montrer la partie de leur corps, qui leur était nécessaire.

Les femmes & filles de par deça semblent avoir opinion que les hommes désirent qu'elles aient les fesses & les cuisses grosses & rebondies, comme les Catayens, par ce qu'elles s'étudient à persuader cela aux hommes"

S'ensuit une condamnation de l'usage des vêtements par les femmes pour stimuler le désir masculin, puis une interrogation sur la question de savoir si la nudité stimule plus le désir que l'habillement (à partir d'une étude des Catayens dont le nom a d'abord désigné les Chinois puis les Indiens du Canada semble-t-il, puis des Indiennes, africaines et brésiliennes). Il en conclut que la nudité tue le désir ce qui est mauvais pour la procréation,  que la nudité des femmes sous les tropiques est liée à la chaleur et peut se justifier seulement sous leur latitude parce que les femmes y sont bien faites (de sorte, note-t-il, qu'il n'y a pas besoin d'y appliquer la loi de Lycurgue qui prônait l'élimination des bébés mal formés), et s'en remet, pour l'Europe, au précepte évangélique "qui recommande sur toute charité, de donner moyen aux pauvres de se pouvoir vêtir non seulement pour les défendre du chaud, du froid,de la pluie,& des mouches piquantes,mais pour couvrir leurs parties honteuses."

Les lois de Lycurgue présentent un cité "meilleur de mondes" : elles renforcent l'Etat en imposant à la fois un équilibre des pouvoirs dans les institutions pour les stabiliser, un dévouement total des citoyens à la préparation à la guerre en cassant toute vie privée de nature à ramollir la psychologie des gens : par exemple les gens mangeaient dans des repas collectifs frugaux, les hommes n'avaient qu'un bref commerce sexuel avec leur femme de nuit, y compris lors de leur nuit de noces (Plutarque note que cela avait pour effet paradoxal d'entretenir fortement le désir et l'amour au sein des couples). La nudité des jeunes filles pour les endurcir tout en poussant les hommes à se marier s'inscrit dans cette logique. Ce côté "expérimentateur sur l'humain" dans le cadre d'un Etat fort qui va jusqu'à l'eugénisme a séduit Platon, et rappelle certains aspects du communisme, mais aussi du capitalisme actuel. Il est logique qu'en bon chrétien, le docteur Louis Guyon, après avoir interrogé la légitimité de ces lois à l'aune de la nudité des populations tropicales (tout comme la découverte des Amérindiens avait aussi conduit, une génération plus tôt Montaigne et ses contemporains à interroger la légitimité des moeurs européennes), revienne, au seuil de la Contre-réforme, à la rigueur des principes évangéliques à ce sujet.

Platon, lui, aborde la question de la nudité des filles à propos de la formation des gardiens de la ville dans le livre V de la République, thème dont Kingsley a montré qu'il avait un rapport avec la problématique chamanique pythagoricienne des veilleurs de nuit. Il s'agit de réfléchir à la question de savoir si les femmes doivent participer au combat. Cette question, comme celle de l'eugénisme, est abordée par Platon sous l'angle de l'analogie avec les chiens. L'obstacle principal est celui du ridicule et le philosophe ne l'esquive qu'en soulignant que la nudité des hommes au gymnase avait aussi suscité des railleries dans les générations qui ont immédiatement précédé le siècle d'or athénien, lorsque la Crête et Sparte l'ont adoptée (il y a des nuances entre auteurs grecs pour savoir si cela vint d'abord de Crête, que le néo-pythagoricien Apollonios de Tyane, cet autre grand admirateur de Lycurgue, selon Philostrate nommait la nourrice de Zeus). Juste après, pour les mêmes motifs d'efficacité militaire, Platon justifiera la vie en commun de tous les citoyens sur le modèle des lois de Lycurgue, le fait que les magistrats organisent les mariages entre les gardiens de la cité, et le fait que les guerriers à la retraite puissent s'accoupler avec toutes les femmes sans leur faire d'enfants, tandis que les enfants des guerrières sont pris en charge par des nourrices (alors que les nourrices de Sparte selon Plutarque avaient très bonne réputation). Platon comme Lycurgue ont eu une éducation égyptienne (selon Plutarque, Lycurgue aurait acquis en Egypte des idées sur la spécialisation militaire) mais cela ne semble pas avoir eu d'influence sur le thème de la nudité publique des femmes.

La référence au "ridicule" renvoie à Aristophane qui, dans Lysistrata, représentée à Athènes en 411 av JC, raille la nudité des femmes spartiates au gymnase, comme le pubis ("jardin") imberbe des Béotiennes et le côté prostitué des Corinthiennes.

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La nudité des quakers

25 Février 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Histoire des idées, #Nudité-Pudeur en Europe, #Christianisme

J'ai parlé dans mon livre "La nudité, pratiques et signification" de la nudité des Ranters qui était une secte radicale libertarienne de la période de la guerre civile anglaise (et qui,à certains égards me fait penser au quintinisme). Mais j'aurais pu citer aussi celles de certaines quakers.

L'historienne Diana Rapaport a récemment (en 2007) ressuscité le souvenir de  Lydia Wardwell, la quaker qui, forcée par le gouverneur de Nouvelle Endicott du Massachusetts à assister aux offices puritains, se  rendit totalement nue à la "meeting house" de Newbury au printemps 1663 malgré la froidure pour témoigner de la nudité des sermons du prédicateur (voir aussi la Revue d'Histoire moderne de l'année 1934, p. 118). Il y eut aussi Deborah B. Wilson, quelque temps après, décrite comme "une jeune femme d'une vie très modeste et retirée, et d'une conversation sobre"  qui se dévêtit dans les rues de Salem au nom du Seigneur. L'une et l'autre le payèrent de coups de fouets en public (pour Lydia Wardwell ce fut à Ipswich, tout comme son mari, elle déménagea dans le New Jersey ensuite). Cette dénudation rituelle est une application à la lettre d'un précepte d'Esaïe (Isa. 20:2-4).

"2.l'Eternel avait parlé par l’intermédiaire d’Esaïe, le fils d'Amots. Il lui avait dit : « Va, détache le sac qui est autour de ta taille et retire les sandales qui sont à tes pieds. » C’est ce qu’il fit : il marcha sans habits et pieds nus.
3 L'Eternel dit alors : « Mon serviteur Esaïe a marché sans habits et pieds nus pendant trois ans. C’était un signe et un présage contre l'Egypte et contre l'Ethiopie :
4 de la même manière, le roi d'Assyrie emmènera les déportés égyptiens et les exilés éthiopiens, les jeunes garçons comme les vieillards, sans habits, pieds nus et l’arrière découvert. Ce sera une source de honte pour l'Egypte."

Ces provocations étaient du même ordre que celle du quaker James Nayler (1618-1660) arrivant à Bristol en Angleterre en 1656 sur un âne à l'instar de Jésus-Christ, ses admirateurs criant "saint saint saint" qui eut pour la peine la langue percée, les oreilles coupées et un B au fer rouge marqué sur le front.

"Toutes les extravagances dont certains des premiers Quakers furent indubitablement coupables, malgré la désapprobation officielle de la secte, étaient, comme pour les Puritains, le résultat d'une interprétation sur-littérale de leurs Bibles" écrit la spécialiste Amelia Mott Gummere.

"La passion des symboles et figures renouvelées d'Isaïe et d'Ezéchiel était si violente chez les premiers quakers, lit on à l'article "Quakers" du Grand dictionnaire du XIXe siècle p. 489, que [George] Fox écrivait : 'Plusieurs ont été poussés par le ciel à aller nus par les rues et sous ce règne, en signe de la nudité des hommes du jour, et ils ont déclaré à leur face que Dieu les dépouillerait de leurs dehors hypocrites, pour les laisser aussi nus qu'eux-mêmes ; mais les hommes du jour, au lieu de tenir compte des avertissements des prophètes, les ont fréquemment fouettés ou accablés d'autres outrages'"

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Fagor et la nudité

4 Février 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur en Europe

Le 26 janvier dernier une filiale slovaque de la coopérative basque d'électroménager Fagor, à la foire internationale Danubius Gastro accueillait ses hôtes à son stand avec une hôtesse torse-nu couverte de body painting. Le 3 février un député de Podemos (parti populiste de gauche) s'indignait sur Tweeter de l'utilisation machiste du corps de la femme. Dans un communiqué Fagor a présenté ses excuses et a précisé que l'hôtesse n'est restée dans cette tenue que deux heures durant, de 10 à 12 h à l'initiative de sa filiale. A l'arrivée des représentants de la maison mère elle a été couverte.

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Cinq infirmières de l'hôpital René Dubos à Pontoise nues pour dénoncer la pénurie budgétaire

25 Décembre 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur en Europe

En septembre 2013, onze sages-femmes de la clinique des Lilas (93) avaient posé nues pour une calendrier afin de protester contre les risques de fermeture de l'établissement.

Entre le 14 et le 22 décembre, la presse (Le Parisien, Ouest France, Europe 1, la presse médicale sur le Web etc) s'attardait sur cinq infirmières de l'hôpital René Dubos de Pontoise qui posent nues "("mais de dos" insistent les journaux) en noir et blanc pour alerter sur leurs conditions de travail. des femmes plutôt jeunes, dont deux tatouées. "Faut-il que l'on se mette à nu pour que vous vous intéressiez à nous ?" ont-elles écrit en cinq parties sur chacun des dos su ds photos où elles ont la tête un peu baissée, comme attristée. Tout comme les sages-femmes des Lilas, Anne-Marie Hoarau, infirmière en réanimation médicale de nuit et trésorière à l'Unsa-Santé, le syndicat qui commercialise le calendrier, explique au micro de FranceTVinfo que l'initiative est spontanée, c'est venu comme ça. Chaque mois du calendrier est illustré d'une photo choc exprimant la fatigue du personnel et la pénurie budgétaire, et le 22 décembre le personnel organisait aussi un happening dans la rue avec simulacre de suicide et combustion de faux billets.

"La nudité de ces dames n’a donc pas pour seul but de ravir l’œil de l’acquéreur, mais de servir aussi de métaphore de la vision des moyens que l’on donne à la réalisation de leurs missions" note France Soir sous la rubrique "effeuillage informatif", ce qui est une façon d'admettre que l'initiative est AUSSI destinée à ravir voire rincer l'oeil (ce que certains observateurs taquins sur la page Facebook du syndicat ne manquent pas de faire remarquer). Mais le côté très sage et artistique de la photo, prise par une infirmière de l'hôpital (pas de photographe professionnel mobilisé ici, à la différence du calendrier des infirmières nues de l'hôpital de Cavaillon en 2010).

Le premier calendrier nu à visée sociale et à portée médiatique nationale avait été lancé en 2009 par 14 salariés de Chaffoteaux et Maury en Bretagne. En décembre 2012, Emmaüs-Lescar avait aussi lancé son calendrier. Dans les deux cas il s'était agi d'un calendrier très masculin.

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Interview du 26 septembre dernier

29 Novembre 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Interviews en rapport avec mon livre "La nudité", #Nudité-Pudeur en Europe, #Anthropologie du corps

Interview accordée au journaliste Florent Vairet lors du vote du Conseil de Paris en faveur d'un espace naturiste dans la capitale.

Florent Vairet

- Pourquoi ressent-on le besoin de se dévêtir ?

- C'est une tendance lourde depuis une trentaine d'années. Le corps est une valeur refuge dont le langage remplace celui des mots. Par ailleurs la pornographie, l'érotisme au cinéma, dans la publicité etc ont fait reculer le tabou de l'exhibition des fesses et des parties génitales. La nudité passe ainsi comme un élément subversif, mais gentiment subversif, "pacifiquement subversif", et comme l'expression d'un moi profond, naturel, authentique. Ce sont les ingrédients qui font dire à la maire Anne Hidalgo, comme à beaucoup de gens, que la tolérance de la nudité en ville serait "sympa".

- Pourquoi le faire en centre ville ? Qu’est ce que ça dit de notre mode de vie extrêmement normé ?

-  Le centre-ville est un bastion de la pudeur parce que s'y croisent des gens de cultures différentes pour lesquels le port du vêtement reste le support nécessaire du "vivre ensemble". Le vêtement permet de se protéger soi-même : de ne pas exposer sa laideur quand on se trouve laid par exemple, de se protéger d'autrui car tout le monde n'a pas envie de voir son voisin nu, et d'exprimer non seulement son appartenance à  tel ou tel groupe, tel genre, telle classe sociale, mais aussi ses particularités d'une façon plus créative que la nudité (sauf à user beaucoup du tatouage et du body painting).

- Pourquoi la nudité était-elle aussi tabou dans notre société ? Est-ce que cela a toujours été le cas dans l’histoire ?

- Il n'est pas sûr qu'il faille en parler au passé, car des sondages montrent qu'une majorité de gens restent très attachés à la pudeur, la leur et celle d'autrui. Même dans les camps de naturistes les organisateurs se plaignent de voir de plus en plus de gens garder leurs vêtements ! Et oui la pudeur, notamment au niveau des organes sexuels, est une constante historique même si elle a connu des variations d'une culture à l'autre. Même chez les peuples vivant nus, il y avait des règles de contrôle des regards tout autant que des gestes. On ne connaît pas de civilisation où la nudité intégrale ait été entièrement banalisée.

- A l’opposé, le burkini a déchaîné les passions ces derniers. Le corps semble être le moyen de revendiquer sa liberté, qu’en pensez-vous ?

- Le lien corps-liberté remonte aux anarchistes du 19e siècle, voire aux adamites du Moyen Age qui vivant nus prétendaient restaurer le paradis terrestre en niant l'existence du péché. Ce qui est intéressant c'est qu'en Allemagne cette liberté de la nudité était attachée depuis cent ans à une vision de la fusion avec la nature, ce qui est aussi, en un sens, la logique des espaces nudistes de Barcelone qui sont au bord de la mer. Mais dans le cas de Paris où il n'y a ni mer ni grandes forêts, et dans le contexte spécifique du débat sur le burkini, on a le sentiment que le côté libertaire de la nudité est désormais très attaché à un idéal de laïcité sans rapport avec les mythes naturalistes, et plus liés, au fond, au culte de la raison critique. On peut lire ainsi la déclaration de Manuel Valls défendant la nudité du sein à l'air de la Liberté guidant le peuple de Delacroix, ou la sympathie de divers courants de gauche pour les FEMEN. Cette nudité au cœur de Paris (et notez sur ce point l'insistance de l'adjoint au maire David Belliard sur le fait qu'aucun endroit ne sera privilégié, donc pas forcément un endroit naturel), est plus inscrite dans un contexte de débat d'idées que dans un amour des sensations naturelles. Cela rappelle, comme l'avait déjà noté jadis le sociologue Norbert Elias, que le rapport au corps des français est, inconsciemment, très politique, directement héritier de la civilisation de salon, urbaine, du siècle des Lumières, et souvent aux antipodes de l'idéal d'harmonie naturelle sauvage aux racines du naturisme germanique ou nordique.

 

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