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Articles avec #shivaisme yoga tantrisme tag

Yoga et satanisme : lu dans L'Orient le Jour (Liban)

27 Janvier 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme

Pour se relaxer, Satan ferait... du yoga !

"L'affaire de l'interdiction d'une « rave party » organisée à la Saint-Sylvestre à Yahchouch (après avoir été interdite une première fois à Baïssour), qui a donné lieu à une véritable chasse aux « adorateurs du diable », a récemment pris une nouvelle tournure. L'un des organisateurs de la fête, durant l'une des sessions d'interrogatoire, a dû répondre à une question insolite : pratiquez-vous le yoga ? En répondant par l'affirmative, il semble qu'il ait accru les soupçons de satanisme qui pèsent sur lui, sans aucun fondement bien sûr. On aura tout vu...

Ce qui a apparemment suscité la réaction des policiers à cet égard est une idée présentée par un prêtre dans un article, qui place le yoga – pratiqué par de très nombreux Libanais comme sport, rappelons-le, et enseigné dans de nombreux centres – dans le cadre de « croyances hindoues et inventions sataniques insolites » (sic ! ). C'est ce qui a été dénoncé dans un article virulent écrit par un blogueur, Gino Raïdy.

L'avocat du jeune homme questionné, entre autres, sur ses pratiques de yoga, Me Khaled Merheb, donne de plus amples détails, sans nommer son client. « Concernant l'origine de toute cette affaire, c'est-à-dire l'interdiction de la rave party, je ne connais toujours pas les mobiles qui ont motivé cette campagne, dit-il à L'Orient-Le Jour. Mon expérience me dit que ce dossier n'a aucune base juridique qui devait autoriser l'interrogatoire de mon client et d'autres. En effet, il n'y a aucune mention de ce qu'on appelle l'adoration du diable dans la loi libanaise. Bien au contraire, la Constitution protège la liberté de croyance. À mon avis, ceux qui sont à l'origine de cette campagne ne veulent pas s'avouer vaincus après la première vague d'interrogatoires qui n'a rien donné, et cherchent par tous les moyens à aggraver l'affaire. »

Sur la question du yoga, l'avocat affirme « n'avoir rien vu de tel au cours de toute (sa) carrière ». « Un prêtre a prétendu qu'il y a un lien entre le yoga et le satanisme, et voilà qu'on interroge les gens sur cela, souligne-t-il. Le yoga est, à l'origine, une pratique liée à une religion donnée, dont de nombreux adeptes vivent au Liban même s'ils ne sont pas libanais. Attaquer le yoga de cette façon équivaut donc à une entorse à la Constitution qui protège la liberté de croyance. Ces gens-là commettent, par conséquent, un délit. »
Nous avons tenté de contacter à cet égard le père Abdo Abou Kassem en sa qualité de directeur du Centre catholique d'information pour avoir son avis sur cette affaire, mais sans succès.

Me Merheb ajoute que son client est un étudiant très instruit, qui termine un master. « Pourquoi la police perd-elle son temps et celui des jeunes en se basant sur une illusion ? se demande-t-il. Je comprends que des autorités religieuses se sentent menacées, mais qu'en est-il de la police ? »
Et d'ajouter : « Je suis convaincu qu'il faut contre-attaquer, du moins par une campagne pour sensibiliser le public et les législateurs. D'un autre côté, si l'une des personnes lésées dans cette affaire désire porter plainte, el
le peut le faire. »"

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"Tantra Yoga" de Daniel Odier (Albin Michel, 1998)

28 Février 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme

Le livre commence par une version in extenso d'un des trois textes cardinaux du tantrisme, le Vijnanabhairava Tantra (Vigyan Bhairav Tantra), texte du début de notr ère (il y a 2 000 ans), central dans l 'école du shivaïsme du Cachemire (la trika), qui se présente comme un dialogue entre Shiva et Shakti.

 

Odier fait remonter le shivaïsme au sceau d'un seigneur des animaux Pashupati de 3 000 av JC qui serait un proto-Shiva ityphallique (mais cette thèse est contestée) de la civilisation dravidienne de Mohenjo-daro, auquel l'auteur trouve des traits shamaniques (bien sûr ces recherches d'origines anciennes sont toujours assez arbitraires).

 

Shiva_Pashupati.jpg

 

Le livre trace beaucoup de ramifications du shivaïsme. Bouddha fut disciple de Gosala, maître tantrique qui lui aurait enseigné l'abolition des castes. Kanishka

 

Odier cite un fondateur de "l'école du Krama" au VIIIe siècle, Shivâdanath aurait donné sa transmission à trois femmes yoginî (mais ce Shivâdanath est introuvable sur le Net et sur Gallica. Abhinavagupta au Xe siècle aurait aussi accordé une prorité aux femmes pour le tantrisme. L'empereur kouchan (dynstie venue du Xinjiang) Kanishka au IIe siècle réunit 18 sectes bouddhistes et leur fit adopter une ligne inspirée du tantrisme. Et Bodhidharma, père du premier zen chinois s'inscrit aussi dans la lignée shivaïte. Au VIIIe siècle Vasugupta reçut les Shivasûtra en rêve ou gravé sur une montagne et le Spandakarika ("chant tantrique du frémissement").

 

Le tantrisme partage avec le bouddhisme l'idée de la vacuité des êtres (ils n'existent que les uns par rapport aux autres) mais se sépare de lui sur le point de la vacuité de la conscience : pour lui la conscience n'est pas vide mais c'est un miroir nécessaire à la manifestation des êtres.

 

(à suivre)

 

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Une contextualisation du Kama-Sutra

19 Octobre 2014 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme

La pinacothèque de Paris organisant une exposition sur le Kama-Sutra ce trimestre, on aurait envie de dire un mot de l'intéressant article de Shaji George Kochuthara du St. John's Medical College de Bangalore, "Kama without dharma ? Understanding the Ethics of Pleasure in Kama-Sutra" paru dans Journal of Dharma 34, 1 (Janvier-mars 2009), 69-95.

 

L'auteur rappelle que la sensualité est sacrée en inde déjà dans les Upanishad où le monde est le résultat de l'union sexuelle  de Prajapati et où un Upanishad considère les genoux de la femme comme un autel de sacrifice, sa toison publienne comme une prairie cérémonielle etc. L'acte sexuel comme le sacrifice renforce (ce qui est aussi le cas dans la tradition chinoise avec le système d'échange du Yin et du Yang). Ce qui est plus affirmé encore dans le shivaïsme. Cela vise à la fois les dimensions procréative et hédoniste de la sexualité. Le tantrisme promeut l'élévation spirituelle à travers la valorisation de l'union des principes mâle et femelle (purusa-praktri ou sakti).

 

Comme le souligne Kouchuthara "L'amour ou la communion personels ne sont pas du tout le but. Le partenaire est plutôt principe mâle / femelle, un moyen d'atteindre la réalisation spirituelle. Ainsi, dans certaines sectes, la pratique de choisir indifféremment le partenaire du groupe pour le sexe était recommandée".

 

Comme l'arthasastra est la science de la puissance et de la richesse matérielles (un peu au dessus de l'amour, dans l'échelle des buts), le kamasastra est celle de l'amour.

 

Mallanga Vatsyayana explique au début du Kamasutra que la science du dharma fut compilée par Manu, celle de l'artha par Brhaspati, celle du Kama par Nandi. Il se donne lui même comme un compilateur qui vient après d'autres et pose sa science au delà des prescriptions des ascètes, comme certains traités de science politique se placent délibérément au delà de la vertu. Son traité fut vraisemblablement écrit au IIIe siècle.

 

Si Vatsyayana se présente comme un yogi pour légitimer son oeuvre, celle-ci n'a jamais été reconnue dans des canons religieux. Son livre s'adresse à des lettrés oisifs (car il faut beaucoup de temps pour préparer les techniques sexuelles). Il respecte le mariage dans ses buts conformes au dharma et à l'artha (donner un fils qui sacrifiera pour son père, assurer du bien être matériel), qu'il préconise de faire au sein d'une même et sur la base de l'amour affectif (on est loin du tantrisme sur ce plan là), loin de la polygamie des gens très riches. La femme est respectée et Vatsyayana atend d'elle qu'elle maîtrise 64 arts. Mais Vatsyayana reconnaît aussi l'intérêt de fréquenter les courtisanes (ganikas, des prostituées lettrées qui utilisent l'amour pour développer leur artha).

 

Comme le souligne Kochuthara, le Kama-Sutra n'est pas un traité érotique, mais un traité sur les plaisirs variés qu'hommes et femmes peuvent partager. A la différence de beaucoup de traités contemporains, celui de Vatsyayana souligne l'intérêt de la douceur dans la relation sexuelle, refuse de prendre modèle surla sexualité animale et beaucoup de ses recommandations sont validées par la sexologie moderne.

 

Dans la hiérarchie des buts (purusarthas), Vatsyayana situe le dharma (la conduite droite) dans la jeunesse et l'âge moyen pour se libérer (moksa) de la transmigration de l'âme et se situe sous le dharma à égalité avec l'artha. Il ne croit pas que la kama puisse être contraire au dharma, puisqu'il faut du bien être physique (avec une analogie sexualité-nourriture) pour être dans la juste voie. Mais il faut juste que la recherche du dharma, de l'aryha et du kama ne se fasse jamais au détriment d'un des deux autres. Cela suppose donc une mesure. Aussi dans son ambition scientifique le Kamasutra n'oublie pas de poser des prescriptions sociales pour échapper à une tyrannie des passions et bien limiter la portée de ses analyses : "Les techniques sexuelles ne doivent pas être utilisées en tous les temps et sur ​​toutes les femmes. La méthode doit être choisie en fonction de  la partie du corps, de la région, et du moment".

 

L'excellent article de Kochuthara permet ainsi de situer le génie spécifique de Vatsyayana, qui n'est pas tant d'avoir valorisé la sexualité (celle-ci l'était déjà dans la tradition indienne, sacrée comme profane), mais d'avoir mis l'accent, sous un angle très analytique, sur ce qu'elle peut produire au sein d'un couple éduqué, relativement égalitaire et soudé par des sentiments sincères.

 

En terminant la lecture de cet article, je ne peux m'empêcher de songer qu'au moment de la rédaction du Kama-Sutra (à un siècle près disons, mais sur l'histoire de longue durée c'est contemporain), en Occident sous la dynastie des Antonins l'aristocratie romaine elle aussi mettait en valeur, pour la première fois dans l'histoire de l'empire, le modèle d'un couple relativement monogame, et, quoique moins égalitaire que celui du Kama-Sutra, lui aussi lié par l'amour. Ce genre d'approche, qui a finalement été consacré par l'amour bourgeois du XIXe siècle "éclairé" par la révolution hédoniste du XXe siècle, n'est pas si fréquent dans l'histoire de l'humanité.

 

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Mythes contemporains autour de l'histoire de l'Ayurveda

17 Octobre 2014 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme

ayurvedaEn 2011, Philipp A. Maas, de l'université de Vienne (Autriche) publiait un article intéressant dans le Horizons: Seoul Journal of Humanities 2,1 (2011), p. 1-14. intitulé "On the Position of Classical Āyurveda in South Asian Intellectual History According to Global Ayurveda and Modern Research" qui commençait ainsi : " Les représentants de l'Ayurveda global ont réussi à transformer l'Âyurveda, un ancien système médical autochtone de l'Asie du Sud, en un complément célèvre de la biomedicine occidentale. Ce succès commercial et promotionnel a été soutenu par un certain nombre d'affirmations caractéristiques concernant l'histoire de l'Âyurveda pré-moderne. L'Ayurveda New Age, par exemple, soutient que l'Âyurveda est vieux de plus de 5 000 ans, qu'il est à l'origine de la médecine humorale grecque, et qu'il est intrinsèquement connecté à la tradition spirituelle hindoue du yoga. D'un point de vue académique, ces demandes sont facilement réfutables, car ils contredisent les résultats bien connus de la recherche moderne en indologie."

 

Sur l'ancienneté de l'Āyurveda, Maas commence à rappeler que la première civilisation de l'Inde, celle de la vallée de l'Indus qui a commencé à décliner vers 1 900 av JC n'avait probablement rien à voir avec l'Ayurveda. C'en est donc déjà fait de l'ancienneté de "5000 ans" prêtée à cette médecine... Elle est aussi étrangères aux Vedas des envahisseurs indo-européens qui soignaient par des rituels magiques. L'Āyurveda est plutôt lié au mouvement de réforme religieuse mené par des guerriers, des ascètes, voire des femmes (et non des brahmanes) qui introduit des notions de cycles universels, de karma et de moyens ethiques d'améliorer sa réincarnation (mouvement dont naîtront le bouddhisme et le jaïnisme). Ce n'est qu'artificiellement que cette médecine née dans les milieux ascétiques s'est rattachée aux vedas (en empruntant d'ailleurs un nom sankrit qui signifie "science de la vie longue") pour se légitimer. Le texte médical complet le plus ancien qu'on possède de cette pratique est le Suvarṇaprabhāsasūtra traduit en chinoisenre 416 et 421 de notre ère, mais ses formes les plus anciennes sont déjà à l'état de fragment dans le canon de Pali du bouddhisme Theravāda vers 400 av JC, de sorte qu'on pense que son texte a pu être fixé vers 200 av JC. L'autre grand texte de l'Āyurveda, le Carakasaṃhitā, est daté de 50 de notre ère.

 

Cette doctrine considère que le corps humain contient trois substances pathogènes appelés doshas (le vent, le phlegme et la bile, ou air, feu et eau) qui doivent être équilibrées pour que l'être soit en bonne santé. Chacune a des qualités. Le vent, par exemple, est sec, dur, froid, beau, mobile, clair et rugueux, alors que la bile est grasse, légère, noir ou jaune, chaud, aigre, maldorante, fluide et douce, et le flegme est lourd, froid, doux, blanc, doux, et lent. Le Timée de Platon a les mêmes humeurs... mais l'Āyurveda a eu plutôt tendance à se développer après Platon que l'inverse, de sorte qu'il n'a pu influencer directement les Grecs.

 

Comme on peut le voir, cette présentation universitaire est assez éloignée par exemple de celle de Wikipédia.

 

La vision de Maas est aussi celle de l'article de Victoria Lysenko de l'université d'Etat russe des Humanités de Moscou, "The human body composition in statics and dynamics : Ayurveda and the philosophical schools of Vaisesika and Samkhya" (dans le Journal of Indian Philosophy 32:31–56, 2004) qui voit dans l'Ayurveda une méthode très empirique qui s'est développée dans le derniers siècles avant notre ère, et s'est "brahmanisée" peu après, méthode basée sur les sensations des êtres dans leur rapport au cosmos, et qui n'est pas axée sur des spéculations métaphysiques comme le sont d'autres écoles de pensée indiennes auxquelles l'Ayurveda emprunte occasionnellement des concepts.

 

On peut parcourir ici les leçons modernes que l'Ayurveda enseigne en Occident : ne pas trop manger en été parce que "cette saison est un moment de répit dans l’année, pendant laquelle le feu étant présent à l’extérieur dans notre environnement, notre organisme a naturellement moins besoin de nourriture pour créer la chaleur interne du corps ", consommer du gingembre "particulièrement efficace sur les affections Kapha, liées à la congestion comme les refroidissements, les rhumes, la toux mais également les nausées, une mauvaise digestion due à un feu digestif (Agni) bas ou les vomissements. Il sera un allié de choix également pour les déséquilibres de type Vata tels que crampes abdominales, gaz, et même l’arthrite." etc.


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Un travail ethnologique sur le yoga et le "karma" de nos jours

16 Octobre 2014 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme

Je lis le travail de l'ethnologue argentine Maria Mercedes Saizar "De Krishna a Chopra, Filosofía y Prácticas del Yoga en Buenos Aires" sur la connexion yoga-new age dans la métropole argentine. Instructif à maints égards, mais un petit problème sur la démarche "phénoménologique" qui ne pose pas de distance avec l'objet. Extraits :

 

danse

" "Je suis Deepak Chopra, il dit que le karma est la vie passé inachevé. Le pouvoir du karma postule la loi de cause à effet, ce qui signifie que tout ce qui vous arrive, le fait, j'ai eu une cause précédente. L'opération de la loi karmique vous dit que vous vous pouvez être maître de votre propre destin. Les émotions de la vie, reflétent ce que vous n'avez pas, ce qui est faible en vous, et c'est difficile pour vous de gagner. En outre, ces difficultés vous permettent de comprendre, parce qu'ils expliquent les expériences ou obligations vous évité dans une vie passée. D'une manière simple, le karma c'est toujours trébucher sur la même pierre " (Monica)

 

Les difficultés actuelles de la vie du sujet se réfèrent directement à des actions commises dans le passé, du même type que la difficulté se manifeste dans le présent. Ce sot, à la fois les actions positives qui ont été volontairement omis (décider de ne pas aider les autres) et des actions négatives commises volontairement (décider du mal aux autres) générent pour l'avenir divers maux. Comme le dit l'un de nos informateurs, le karma c'est "trébucher toujours sur la même pierre, une barrière qui se dresse contre succès et le triomphe, sauf si vous faites un effort conscient pour l'abattre" [1]. (...)

Ces accumulations d'énergie, les effets du karma, sont inclus dans le corps de l'individu, et peuvent être détectés par un spécialiste qui les voit au contact, visuel et tactile, avec la douleur . Les traces des expériences positives et négatives sont prises en compte dans les différentes parties du corps, en fonction du stade de la vie où ils ont lieu et le type d'expérience qui l'a causé.


Dans les jambes, par exemple, à partir des genoux  jusqu'aux pieds, se situent des expériences matérialisées de la petite enfance. Si pendant cette période un fait-de la mort ou de l'abandon d'un parent, la violence physique controversé, déménagements fréquents ont eu lieu, et si le spécialiste peut détecter de l'énergie, invisible pour les noeuds à l'œil nu, qui répondent à de tels conflits .

 

Cette capacité à observer la carte des conflits reflétée dans le corps de la victime, est l'apanage du spécialiste qui a appris par la pratique avec d'autres spécialistes, pour détecter ces clusters. Ainsi, l'initiation à la manipulation des états modifiés de conscience est une condition préalable pour la réalisation de toutes les exigences de la pratique thérapeutique. Le malade lui-même, en sa qualité de néophyte est incapable de détecter et n'est pas au courant de son existence.

 

C'est le thérapeute qui met en relation les blocage avec des conflits dans des étapes de la vie de l'utilisateur, et la communication de ces résultats est subordonnée à la perception qui ont ensuite votre patient. C'est, comme nous l'avons expliqué un spécialiste, il est inévitable de trouver ces groupes, détectables au premier contact avec les personnes en deuil, mais la décision est communiquée vers une reconnaissance des possibilités émotionnelles de l'individu à accepter les raisons de son existence."

 

Puisqu'on parle de Choprak, grand manipulateur de la physique quantique, voici une interview très brève du physicien Jean Bricmont sur ce thème :

 


 

 

 

 


[1] Mc Guire y Kantor (1998:107-108) comparent la notion de karma avec le péché originel entre les groupes chrétiens, en ce sens que la maladie ou le malheur peuvent être le résultat d'une erreur personnelle ou l'effet négatif du karma.

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Néoplatonisme et Paramadvaita

10 Août 2014 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme

shiva.jpgDans Comparative Philosophy de 2013 (vol 4, n°2) de l'université de San José, je tombe sur cet article de Michal Just qui souligne les convergences entre les monismes idéalistes grec et indien : la doctrine de la subjectivité créative à plusieurs niveaux, de l'omniprésence de tout dans tout, sur le rôle de la beauté comme facteur du retour de l'âme à sa source. Des convergences que l'auteur attribue non pas à une influence indienne sur Plotin, mais à des similarités structurales en réponse à des critiques équivalentes (celles du Madhyammika et du scepticisme grec).

 

Le Dynamis panton (pouvoir du tout) comme source du beau (au dessus des proportions harmonieuses), le double mouvement prohodos-epistrophe ont desd échos dans le shivaïsme du Cachemire qui, au lieu de postuler un dieu masculin statique (pur esprit), emprunte au tantrisme une vision de la puissance (sakti) plus importante que la pureté, ce qui rejoint selon Just l'unité du feu et de la neige dans le platonisme (tout comme il y a une vision de l'âme comme un conducteur qui maîtrise ses chevaux dans les deux doctrines, tout en réduisant toute l'existence du monde à l'esprit). On a aussi dans les deux univers une valorisation de la concentration sur l'action quotidienne.

 

Voilà qui donne envie d'explorer plus avant le shivaïsme du Cachemire...

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Retour sur des pratiques taoïstes, shivaïtes et bouddhistes tantriques

2 Juin 2012 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme

taoisme.jpgJ'ai signalé dans mon livre sur la nudité, certaines tendances libertines voire anarchistes du taoïsme chinois. C'est un sujet que je connais mal, et je voudrais, pour l'explorer en détail, me fonder sur quelques développements de Robert Van Gulik (La vie sexuelle dans la Chine ancienne p. 426) repris de Sir John Woodroffe.

 

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Van Gulik est une source déjà ancienne et Woodroffe est controversé, mais personne ne nie l'existence des rituels mentionnés. L'auteur toujours à partir de la même référence précise que le tantrisme hindouïste était très respectueux des femmes (et condamnait d'ailleurs la crémation des veuves). Ce qui m'intéresse c'est qu'il identifie au fond trois mouvements qui ont travaillé à partir du coïtus reservatus dans des sortes de cérémonies telles que celles qu'évoque Woodroffe : le taoïsme chinois (surtout vers l'époque Tang de 618 à 907), le Vajrayana bouddhiste (disparu d'Inde au XIIe siècle avec la conquête musulmane), et le shaktisme saiva hindouïste, variante du shivaïsme qui existe encoe aujourd'hui. Pour certains le Vajrayana serait apapru au IVe siècle. Pour Van Gulik il naît vers 650, et le shaktisme lui n'est vraiment mis en forme que vers 900.

 

Selon lui le mysticisme sexuel (qui contribuera beaucoup à l'idée que la vérité du monde se trouve en soi et non dans le cosmos) est né en Chine au début de notre ère et s'est répandu en Inde via l'Assam (la région entre le Bouthan et le Bangladesh actuel) où la femme jouissait d'un meilleur statut qu'ailleurs (il rappelle que Bhaskara Varman, souverain de Kamarupa se disait d'ascendance chinoise tout comme une certaine tradition vajrayanique - cf Xuan Zang). C'est l'inverse du cheminement classique des idées qu'on connaît (de l'Inde vers la Chine). Alors qu'un climat guerrier règne au nord-est de l'Inde au VIIe siècle, "le mysticisme sexuel chinois, auquel le Tao donnait un arrière-plan anticonventionnel et antiautoritaire, stimula en Inde l'essor de la doctrine tantrique, cette protestation contre l'état des choses" (p. 436) qui notamment proclamait l'égalité des castes et des genres. Reprenant Giuseppe Tucci, Van Gulik estime que les pratiques autour du coitus reservatus (censé permettre une inversion des courants d'énergie et le développement de landogynie psychique pour une vie plus longue) venaient de Chine, l'imaginaire solaire qui habite le Vajrana, lui serait venu de l'Ouest (du Cachemire influencé par la manichéisme et le nestorisme iraniens). Tout cela selon Gulik aurait ensuite contribué à l'essor du culte de la Grande déesse Parvati au nord de l'Inde, puis se serait aussi retrouvé dans le lamaïsme, puis allait faire retour en Chine sous cette forme indianisée dans les bagages des khans mongols (mais déjà vers 800 des formes indianisées avaient fait retour vers la Chine). Les restes de cette histoire glorieuse aurait été sédimenté dans les textes de la secte japonaise Tachikawa Ryu.

 

Il faudrait ici les compétences d'un bouddhologue pour nous dire jusqu'à quel point les hypothèses de Van Gulik sont confirmées par les recherches récentes ou infirmées. Le passage de Woodroffe en tout cas me faisait penser à la mode japonaise du bukakke, qui aurait gardé des rituels le collectivisme en inversant cependant de façon ostentatoire la tradition mystique du coïtus reservatus. Les Japonais en ont-ils (même confusément) conscience, ou sont-ils trop accaparés par leur dialogue avec (ou leur immersion dans)  la modernité occidentale pour y songer ?

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Scories des idéologues de l'histoire des religions

11 Février 2011 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme

Voilà le genre de scorie que l'on trouve chez Daniélou  (Shivaïsme et Tradition primordiale  p. 57) mais qu'on pourrait aussi trouver chez Evola (ou, à l'autre bout de l'échiquier politique chez Onfray ou chez Jerphagnon) : "La conception du monothéisme, sa force d'agressivité, l'audace avec laquelle une doctrine aussi simpliste était présentée comme un progrès, impressionnaient les philosophes qui cherchèrent à l'adapter, l'interpréter, l'incorporer. Il s'agit d'un phénomène analogue à celui du marxisme, qui pénètre clandestinement toute pensée religieuse et dont personne n'ose relever les contre-vérités et l'irréalisme des postulats".

 

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Voilà typiquement une pétition de principe idéologique qui n'a pas sa place dans un traité d'histoire des religions. Que faut-il en faire ? En retirer le potentiel heuristique : en effet, l'analogie entre l'influence du monothéisme et celle du marxisme est sans doute en partie pertinente, mais on peut aussi avancer bien d'autres exemples d'influences "clandestines" de courants d'idées sur des traditions philosophiques ou religieuses : l'influence du shamanisme asiatique sur la pensée grecque via l'orphisme, celle du rationalisme postsocratique sur les religions grecque et romaine, celle aujourd'hui de l'évangélisme anglo-saxon sur l'Islam etc. L'analogie est aussi sans doute pertinente à un autre niveau pour révéler combien le marxisme, comme les monothéismes, ont un pouvoir révolutionnaire "perturbateur" de l'ordre social de par la simplicité (Daniélou parle de "simplisme") de leur message (ce qui n'empêche pas qu'ensuite une très grande subtilité exégétique, de nature académique et scolastique, se greffe sur cette simplicité).

 

Mais naturellement, une fois ce "bon aspect" de l'analogie incorporé à notre réflexion, il faut se hâter de neutraliser la scorie du texte de l'idéologue, et continuer à lire son histoire du shivaïsme avec un regard objectivant, c'est à dire un regard qui n'épouse si ne condamne aucune doctrine, et n'en place aucune au dessus des autres : de ce point de vue ni le shivaïsme, ni les monothéismes, ni le marxisme, ni aucune autre doctrine n'est bonne ou mauvaise, ni meilleure et supérieure à une autre, chacune pouvant présénter des bons et des mauvais côtés "fonctionnels" au regard du milieu social dans lequel elle fait son chemin, et chacune devant constituer un objet d'étude éthiquement neutre aux yeux du chercheur rationnel.

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Premiers pas dans le tantrisme... (I)

19 Janvier 2011 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme

Peut-on commencer à découvrir le tantrisme à travers un auteur "trouble" comme Julius Evola - je veux dire quelqu'un qui a soutenu le fascisme italien et qui a une vision assez grotesque de la "décadence" occidentale ? J'aurais tendance si l'on sait faire preuve d'un certain recul pourquoi pas. Après tout sur le shivaïsme beaucoup commencent par Daniélou qui est aussi très à droite. Et nous avons tous lu Mircea Eliade qui avait lui aussi une vision très surpecte de l'histoire des civilisations et de l'histoire de la "spiritualité". Ces auteurs sont plus facile d'approche que des universitairs érudits qui noient le lecteur sous les références et n'osent avancer aucune idée puissante.

 

Evola provoque avec sa haine foncière du monde contemporain. Lisons ses arguments et sachons traduire à notre propre manière, contre lui s'il le faut, les éléments factuels qu'il livre.

 

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Commençons donc la lecture de "Le Yoga tantrique", un livre publié en France en 1971, une lecture que nous émaillerons de remarques, et d'interrogations comme elles viennent.

 

Dans les premières pages Evola aborde l'historique : un mouvement qui traverse la culture indienne entre le 1er et le 5ème siècle de notre ère. Un mouvement qui émanerait du substrat dravidien (ce qui est aussi le cas du shivaïsme disait Daniélou... et j'essaierai au fil de ma lecture de voir si l'on peut construire quelques ponts entre les deux doctrines et comment - on a vu qu'Onfray est pour sa part plutôt enclin à rejeter l'interprétation tantrique des fresques de Khajurâho pour revenir au shivaïsme en plaçant le shivaïsme contre le tantrisme d'une certaine manière.

 

Le tantrisme est un mouvement qui "convertit" toutes les écoles de pensée hindouïste et se pose en "quatrième Véda". Il se cristallise autour de la figure de Kâlî, nous dit Evola, Khali, déesse du sexe et de la destruction (avatar de la Shakti originelle), qui permet de penser le monde non plus comme illusion (Maya) mais comme puissance. Une puissance destructrice qu'il faut apprendre à rendre constructive (comme le venin peut devenir un médicament).

 

Voici donc ce que serait le socle idéologique du tantrisme.

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