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A propos des nus masculins à Orsay

27 Septembre 2013 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur en Europe

printemps.jpgL'exposition du musée d'Orsay, comme celle de Vienne juste avant, sur les nus masculins, fait couler de l'encre. Parmi tous les articles je mentionnerai juste la chronique de David Courbet dans "le plus" du Nouvel Obs en ligne, qui a eu la bonté de bien vouloir me citer dans sa démonstration : voir ici.

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Désir et politique dans les Mémoires du Cardinal de Retz

13 Septembre 2013 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps

Il y a un passage (p. 386 en Folio) étonnant dans les Mémoires du Cardinal de Retz, où l'on voit la logique des alliances politiques sous la Fronde potentiellement absorbée en totalité par la loi du désir sexuel. C'est cette page (qui évoque décembre 1649) où Mme de Montbazon, épouse du duc Hercule de Rohan et maîtresse du duc de Beaufort (une très belle femme très imbue de sa personne selon Retz), qui, à l'époque a 39 ans (Retz en a 36), reproche au Cardinal de ne pas s'enfuir avec elle à Péronne (Picardie), et interprète le refus de ce dernier la suivre par son propre attachement à ses deux maîtresses (ses deux "nymphes"), Mme de Chevreuse (qui a 27 ans, fille du duc de Lorraine, belle, amatrice de coucheries sans lendemain et "sotte jusques au ridicule par son naturel") et Mme de Guéméné (45 ans, épouse de son cousin Louis de Rohan). Il est étonnant de voir comme l'histoire pulsionnelle par moments se révèle sans fard...

 

retz

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Interviewé sur Le Mouv' (Radio France)

11 Septembre 2013 , Rédigé par CC Publié dans #Interviews en rapport avec mon livre "La nudité"

1-re-de-couverture-la-nudit-.gifJe serai interviewé sur la nudité en direct dans le cadre de l'émission de Giulia Foïs, "Point G comme Giulia" sur le Mouv' (une des stations de Radio France) mardi 24 septembre 2013 de 19h30 à 20h30./// PS :   JE PRECISE QUE CONTRAIREMENT A CE QU A VOULU  FAIRE CROIRE L' ANIMATRICE A L' ANTENNE NOUS N'ETIONS PAS NUS AU MICRO !

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"Pourquoi nous aimons ?" de Helen Fisher

8 Septembre 2013 , Rédigé par CC Publié dans #Notes de lecture

Je suis depuis quinze ans un fidèle de Helen Fisher. La psychologie évolutionniste me convainc par son attachement à l'universalisme, et sa vocation à relier les sciences humaines aux sciences naturelles. J'ai été un inconditionnel de son "Histoire naturelle de l'amour" (Robert Laffont 1994), "AnatomY of love" en version originale, qui interrogeait la monogamie de l'être humain, l'adultère, les rapports de force entre les sexes, les rapports de parentalité, l'évolution de l'anatomie.
 
Je me suis plongé il y a peu dans son "Pourquoi nous aimons" ("Why we love") de 2006 qui approfondit "de l'intérieur" le processus amoureux. A partir d'un typologie des caractéristiques de l'amour obtenue à partir de questionnaires établis sur la base d'une littérature puisée dans diverses civilisations, qui met en évidence une "essence universelle" de l'état amoureux autour de notions comme l'exclusivisme sexuel, l'obsession affective, la nervosité, l'attachement en dépit de l'adversité etc, elle identifie (comme Darwin) des séquences amoureuses chez les animaux (les éléphants, les renards roux, les castors etc) qui présentent de fortes congruences avec cette typologie comportementale (quoique sur des durées plus courts que chez l'homme, pouvant aller de quelques secondes à quelques semaines avec un partenaire unique trié sur le volet).
 
La comparaison "homo sapiens"/autres espèces animales permet à Helen Fisher de cerner nos spécificités. Avec la plupart des autres espèces nous partageons une propension au coup de foudre, qui nous fait gagner du temps et de l'énergie pour la procréation. En revanche, elle estime que l'odorat ne joue presque aucun rôle car nos origines dans les arbres nous disposaient plutot à la sensibilité visuelle (même si l'odeur joue ensuite dans le renforcement de la relation). L'exclusivisme, l'obsession, l'endurance dans l'attachement réciproque (ou dans le dépit) sont communs au règne animal.
 
Fisher a fait l'hypothèse que cela résultait d'une combinaison de dopamine, de noradrénaline et d'une carence en sérotonine (à l'origine de l'obsession). En 2000 l'équipe de Bartels et Zeki à Londres avec un IRMf avait mis au jour chez des couples amoureux depuis deux ou trois ans une surcharge en dopamine dans le noyau caudé (qui anticipe les récompenses, ce qui induit l'idée que l'amour est une motivation et non une émotion comme la colère ou la joie), ce que confirme l'expérience de Fisher à New York sur des amoureux récents, et une activité du cortex cingulaire antérieur et du cortex insulaire qui reste plus inactif ce qui évoque une gestion différente des émotions sans qu'on sache bien de quelle manière (p. 87).
 
Le désir comme quête de la gratification sexuelle (orientée vers plusieurs partenaires potentiels), et l'attachement comme sensation de sécurité. Le premier, qui, comme l'ingestion de nourriture, accélère le pouls et réchauffe le corps, résulte d'une montée de la testostérone et d'autres hormones sexuelles mâles. Dans l'état amoureux, la montée de testostérone résulte de la production de dopamine et de noradrénaline. L'amour provoque du désir, l'inverse peut être occasionnellement vrai. L'attachement s'installe sous l'influence de l'ocytocine et de la vasopressine (à l'origine de la monogamie du campagnol). Vasopressine et ocytocine parfois engendrent une production de testostérone, parfois c'est la réciproque qui se réalise selon des équilibres complexes. La dopamine peut stimuler la production de vasopressine et d'ocytocine mais à l'inverse ces dernières peuvent neutraliser la dopamine engendrant à la longue la lassitude sexuelle dans le couple (qui a son utilité pour empêcher l'épuisement biologique). John Alan Lee repère six catégories d'amour, et l'amour entre en écho avec des "émotions cognitives supérieures" (Dylan Evans) : le respect, l'admiration, la loyauté, la nostalgie, l'équité etc.

Les mâles sont très sensibles au stimulus visuel, à la douceur de la peau (à cause des oestrogènes), et sont génétiquement disposés à vouloir aider voire sauver la femme aimée.La femme aime les hommes intelligents, au statut supérieur, fiables. Même si la charte amoureuse ensuite subit des nuances en fonction de la situation personnelle (le passé familial etc).
 
La monogamie est apparue sans doute quand l'homme a marché au sol et s'est redressé (la position verticale permet de lancer des pierres aux fauves, mais les femmes ont été débordées avec lesmains encombrées, ne pouvaient porter leur progéniture, et sont devenues dépendantes des mâles). Des traces d'un gène à l'origine de la production de vasopressine a été retrouvé dans l'ADN de Toumaï.(on continuera ce compte-rendu un peu plus tard).
 
 
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"Retour à Reims" de Didier Eribon

8 Septembre 2013 , Rédigé par CC Publié dans #Notes de lecture

Un ami m'a suggéré d'écrire deux mots de comparaison de mon livre "Incursion en classes lettrées" (Editions du Cygne 2011) avec "Retour à Reims" (Fayard 2009) de Didier Eribon.

Il y a quelques points communs entre nos deux livres dans le regard rétrospectif sur l'enfance, le parcours (l'origine ouvrière dans les deux cas, l'habitus clivé, le côté "singe de Cléopâtre"). Mais beaucoup de différences aussi (ma famille ouvrière n'était pas communiste, je suis à moitié étranger, mon orientation sexuelle n'est pas celle d'Eribon - il la met beaucoup en avant dans sa construction "identitaire"). Surtout la visée des deux livres est très différente. Eribon met son autoanalyse au service d'un approfondissement théroique de son bourdieuso-foucaldisme, pour ma part, si je mobilise des grilles de lecture bourdieusiennes (et quelques clins d'oeil à la psychologie évolutionniste), j'utilise le genre autobiographique surtout pour questionner certaines structures du monde intellectuel des années 2000, et les productions intellectuelles en tant que fruit de ces structures.

Eribon, du fait justement de sa volonté de se construire dans un milieu gay parisien et rémois contre ses origines familiales, a vécu dans une rupture plus radicale avec son milieu que moi-même : il a interrompu tout contact avec son père après l'adolescence pour cause de conflit trop intense (et d'homophobie caractérisée de son géniteur) là où moi j'ai continué de rendre visite à mes parents tous les trois mois dans mon Sud-Ouest natal. Du coup son "retour à Reims" au lendemain de la mort de son père a des côtés un peu naïfs semble-t-il. Il me semble enfoncer quelques portes ouvertes sur la condition ouvrière, par exemple quand il raconte qu'à la différence de la profession de foi de Gilles Deleuze (le grand bourgeois) dans l'Abécédaire selon laquelle être de gauche c'est d'abord penser au monde, l'identité de gauche du monde ouvrier se vivait dans l'ignorance du monde. Et d'ailleurs il se contredit ensuite (p. 129 de la version de poche) quand il ressort une tarte à la crème du discours médiatique en estimant que le PCF a chuté à 15 % en 1981 parce qu'il n'avait pas brisé les liens avec l'URSS (ah bon ? mais je croyais que le mode ouvrier s'en fichait ?)

A vrai dire il ne peut pas y avoir grand chose de commun entre le regard d'un homme qui "rougissait" quand, étudiant, il devait fournir des extraits de naissance mentionnant la profession de son père (qui a progressé de manoeuvre à chef d'équipe dans sa carrière) et dit avoir longtemps ignoré que ses parents "aient tant désiré s'élever de leur condition", et moi qui ai toujours été fier d'avoir un père électricien, très conscient de la soif de progression sociale de mes parents, et des raisons pour lesquelles mon père, lui, n'est jamais devenu chef d'équipe. Et il est dommage qu'Eribon ait besoin de s'autoriser de Bourdieu ou d'Annie Erneaux pour dire ce qu'il a à dire du processus d' "infériorisation" des classes populaires.

Je me retrouve peut-être  davantage dans ses descriptions du monde universitaire (quoique dans son cas ce fût vingt ans avant moi), mais bon... Aujourd'hui Eribon écrit dans Libé et reçoit des prix des universités américaines, tandis que moi j'ai passé mes dernières années entre Villepinte et Montreuil... et j'aime mille fois plus mon univers que le sien !

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Encore un calendrier de nus : la maternité des Lilas

6 Septembre 2013 , Rédigé par CC Publié dans #Nudité-Pudeur en Europe

lilas.jpgOn croyait la source tarie et la mode passée, onze sages-femmes de la clinique des Lilas dans le 93 menacée de fermeture ont décidé de poser nues pour un calendrier. Marie Lomier décrit cette idée comme une improvisation, "on s 'est dit que faire un calendrier c'est plutôt rigolo"  "et à une sortie de garde on s'est retrouvée à onze sages femmes et on a fait ça, c'est assez rigolo en fait parce qu'on s'est toutes retrouvées dans la salle, c'était rigolo c'était pas plus gênant que ça" (la répétition du mot "rigolo", l'understatement permanent sur le "plutôt", l" "assez" est à remarquer). Karima Ben Akli la gynécoloque-obstétricienne ressort le moto habituel de la nudité pour des causes sociales "on nous a déjà mis à poil". L'initiative prolonge diverses actions médiatiques de choc entamées au cours des derniers mois comme des accouchements sauvages dans la rue.

 

Yahoo parle de "calendrier d'infirmières" pour attirer le lecteur. La dépêche AFP est reprise par divers médias généralistes aujourd'hui (nationaux mais aussi dans la presse régionale) et dans la presse médicale. Dans la presse féminine Marie-Claire fait un billet personnalisé qui précise à propos des sages-femems que "On peut les voir prendre la pose entièrement nues mais cachant leur poitrine et leurs parties intimes grâce au matériel médical" (et il est vrai que le calendrier suggère mais ne montre rien). Si Marie-Claire range le calendrier dans la rubrique de l'insolite (mais l'est-ce encore), Terrafemina.com parle de calendrier "coquin et triste à la fois". Aufeminin.com juge l'initiative "astucieuse". Nul doute que ces commentaires dans cette dernière catégorie de la presse sont susceptibles d'influencer le point de vue des lectrices et donc d'une partie importante des femmes en France. C'est une image de plus du nu "sympa", "complice", intégrateur, désireux de protester tout en renforçant la cohésion sociale (auxquelles les sages-femmes donneuses de vies sont censées participer de façon éminente, surtout dans une clinique qui a mis en valeur plus d'une fois son rôle pionnier naguère dans l'accouchement sans douleur et le refus de la médicalisation superflue), à l'image d'usages bien connus de la nudité rituelle dans certaines sociétés traditionnelles.

 

 

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La radio publique suisse m'interviewe sur "Les Tubes des années 1980"

2 Septembre 2013 , Rédigé par CC Publié dans #Publications et commentaires

Une tubes

rtusJe serai interviewé dans l'émission "Paradiso" de la radio publique suisse (RTS) à écouter ici qui sera diffusée vendredi prochain 6 septembre de 19 h à 20 h sur mon dernier livre "Les Tubes des années 1980" (Editions du Cygne).

 

L'émission est aussi ci-dessous (pardon d'avoir dit que Corynne Charby était blonde, elle est brune bien sûr, ma langue a juste fourché)

 

 

 

 

 

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