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Articles avec #massages tag

Ouverture des chakras

3 Septembre 2017 , Rédigé par CC Publié dans #Shivaïsme yoga tantrisme, #Médiums, #Massages, #Christianisme

Une accompagnatrice de pèlerinages catholiques m'écrit :

" Un jour, j’avais pris un rendez-vous chez une ostéopathe que l’on m’avait conseillée. Dans la salle d’attente, j’ai prié Marie et des paroles sont venues dans mon cœur : pars, ne reste pas là. Je n’ai pas osé fuir. Durant la séance, je dis à la praticienne qu’elle est en train de travailler sur mes chakras or je venais la voir pour une séance « technique » et pas pour autre chose. Le mal était fait ! Quelques heures plus tard mal-être, puis cauchemars … Comme je devais faire un accompagnement de pèlerins à Medjugorje, j’ai déposé dans le sacrement du pardon cette non-obéissance aux paroles reçues. La guérison a été au rendez-vous. Merci Seigneur ! Et ça m’a servi de leçon. Faire passer Marie devant est gage de bonne santé."

Voilà un témoignage qui recoupe celui de Maurice Caillet ci-dessous, ainsi que certaines de mes expériences personnelles.

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Les malédictions dans les bains romains

24 Août 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Anthropologie du corps, #Médiums, #Massages

Les malédictions dans les bains romains

Voici un sujet qui touche à la fois à mon livre sur les massages chinois et à mon projet de livre sur les médiums. Dans une contribution au livre "From Polites to Magos" qui a été dédiée au chercheur hongrois György Németh en juin dernier et publiées sous l'ISBN 978-963-284-796-2. Sylvia Alfayé de l'université de Saragosse sous le titre "Mind the Bath, magic at the Roman bath-houses" ("Attention aux bains, la magie dans les thermes romains) attire l'attention sur les malédictions dans les bains romains.

En Grande-Bretagne ont été trouvés, explique l'article, des tablettes de malédiction dont la plus grande partie proviennent du sanctuaire thermal de Bath, consacré à la déesse Sulis Minerva. Mais l'article se concentre sur d'autres sites britanniques moins connus comme Chesterton-on-Fosse, Leintwardine, Leicester, Eccles. Il relève que la découverte de tablettes de malédiction dans des établissements de bain n'était peut-être pas fortuite. Les bains peuvent être en effet être des "fearscapes" (un néologisme lié aux pratiques magiques) habitées par des Daemones (des entités) et des fantômes, dont la manipulation était très pratique pour l'action magique.

En effet, "en plus d'être utilisés comme espaces pour le divertissement et le plaisir -baiarum grata voluptas-, les thermes romains ont également été perçus et expérimentés à l'âge classique
comme des espaces d'anxiété - ou «des lieux effrayant» - où toutes sortes de dangers
rôdaient: vols professionnellement effectués par le «voleur de bains", "un personnage de la vie réelle qui a sévi thermes romains à travers l'Empire "; le risque de glisser ou de tomber sur un sol mouillé, ou de voir les murs ou les plafonds s'effondrer", les viols, les transmissions de maladies etc. Alfayé renvoie à un livre de Dundabin, de 1989 1989, 35 (Dunbabin 1989 = Dunbabin, K.M.D.: Baiarum grata voluptas – Pleasures and Dangers of the Baths. Papers of the British School at Rome 57, 6-46.), qui précise que «derrière les histoires de démons des bains se trouvait une croyance populaire répandue commune aux païens, chrétiens et juifs " et cite l'exemple de la rencontre de Grégoire le Thaumaturge en 5ème de notre ère avec un démon meurtrier qui contrôlait la maison de bain, tel que décrit par Grégoire de Nysse (331-394). "L'existence de l'eau dans ces espaces les a sans aucun doute fait percevoir et utiliser comme des membranes perméables qui ont permis le contact entre la surface et ce qui est en dessous et, par là même, le transfert d'objets et des gens du monde des ténèbres". Cela fait penser aux médiums actuels comme Géraldine Garance qui insistent sur le côté "conducteur" de l'eau.

Le principe du similia similibus opérait aussi pour placer des tablettes dans les endroit les plus chauds des lieux de bains pour faire brûler d'amour ou mourir les victimes. " Charme d'amour d'attraction. Il attire les hommes vers les femmes et les femmes vers les hommes et
fait les vierges se précipiter hors de leurs maisons. Prenez un papyrus pur et avec le sang
d'un âne écrivez les noms et les chiffres suivants, et mettez à l'intérieur du tissu de la femme que vous désirez. Étalez la bande de papyrus humectée de vinaigre de gomme et collez le dans la salle de vapeur voûtée sèche d'un bain et vous serez émerveillé". La formule magique à écrire suggérait que "les victimes éprouvaient alors, dans leur propre corps, la chaleur étouffante de l'espace où la defixio (déviation magique) a été déposé (presque) pour toujours". La source est dans les Latin Papyri Graecae Magicae (PGM) - pour le dépôt dans le caldarium (PGM II, 1-64; PGM VII, 467-477)29; et dans la “salle voûtée sèche" (PGM XXXVI, 69-101).

Voilà qui nous fera considérer les bains romains autrement que sous l'angle purement ludique que retiennent nos musées.

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L'état de mes travaux

3 Août 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Massages, #Médiums, #Publications et commentaires, #Christianisme

Je relisais avant hier mon livre sur les salons de massage chinois publié l'an dernier. Le nombre de coquilles qui y restent m'a découragé. Parallèlement j'essaie d'achever l'écriture d'un essai sans prétentions sur les médiums qui évoque au passage les expériences que j'ai eues auprès d'eux. Mais je doute de pouvoir trouver un éditeur pour ce manuscrit avant longtemps. Les rationalistes ne conçoivent pas d'autres moyens de traiter le sujet que celui de la dérision, et les adeptes du paranormal celui de l'adhésion béate. Etrangement depuis trois semaines j'entends parler de masseuses françaises qui effectuent le même genre de massages que les Chinoises et qui ont un rapport au paranormal, soit qu'elles soient elles-mêmes médiums, soit qu'elles vivent dans une maison hantée comme le cas de celle qu'on me citait hier. Les médiums diront que c'est parce que le métier des soins, notamment des soins portés sur les chakras, dispose à avoir un rapport à l'au-delà, les rationalistes estimeront que cette profession incite à l'autosuggestion, et les religieux monothéistes estimeront que ces prêtresses d'Ishtar aux chants de colombes en étant au service d'un système immoral en attrapent les démons...

J'aimerais aussi reprendre la rédaction d'un livre sur les apparitions mariales pour me changer les idées et tant qu'il me reste quelques jours de congés, si possible dans un endroit calme. Mais les conséquences fâcheuses (et imprévues) d'une séance de réflexologie de lundi me clouent dans une ville sous la pluie...

Consolons nous donc avez ces images de la feria d'Orthez (Béarn) du mois dernier...

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Brighton : masseuses et médiums dans la rue

8 Mai 2016 , Rédigé par CC Publié dans #Massages, #Médiums

Brighton : masseuses et médiums dans la rue

C'était le jour de la Children's parade hier dans la ville branchée et bobo de Brighton (elle a un député écologiste). 5 000 enfants de 37 écoles défilaient au son de tambours, de chants ou de sonos sur des thèmes et un imaginaire définis par chaque école.

Sur un trottoir d'East Road, une dame proposait un massage du dos et de la nuque pour quelques livres. A côté d'elle une médium néo-zélandaise.

Brighton : masseuses et médiums dans la rue

Juste sur le trottoir d'en face, une autre médium que j'ai prise en photo : Nina Anne.

Brighton : masseuses et médiums dans la rue

Elle a son cabinet 86 Rotherfield Crescent, et son site ici.

Les masseuses et les médiums étaient les deux seules professions à proposer ainsi leurs services en marge du défilé dans cette rue. Les rationalistes et les chrétiens pratiquants le regretteront sans doute, les proches de la mouvance New Age s'en réjouiront, mais cela fait en tout cas partie du paysage urbain actuel de l'Angleterre "à la mode"...

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Prescription de pudeur en matière de massages

28 Juillet 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Massages

Prescription de pudeur en matière de massages

Extrait de Du Massage, son historique, ses manipulations, ses effets physiologiques et thérapeutiques, par J. Estradère, 2e édition 1884 :

--- Le sexe ne doit pas nous occuper, attendu qu'il est inutile de rappeler que dans tout ce.qui tient par un lien quelconque à l'exercice de la médecine, un sentiment de haute moralité doit toujours y présider.

Il ne sera pas sans intérêt de lire quelques lignes que j'ai extraites de l'Introduction de la Clinique, de M. Trousseau, et qui ont été écrites pour le médecin commençant sa carrière. Le masseur, qu'il appartienne ou non au corps médical, y trouvera une règle de conduite très sage.

« Il n'y a pas en somme un grand inconvénient au point de vue de la pudeur et de la convenance à découvrir un homme ; il n'est pas permis pourtant de le faire si cet examen peut avoir quelque inconvénient pour la santé.

Ce que je dis là s'applique aux deux sexes ; mais quand il s'agit de femmes, le médecin doit se souvenir qu'il a une fille ou une soeur, et que jamais l'examen ne doit prendre les apparences d'une coupable curiosité.... On peut faire avec la plus grande chasteté les investigations qui semblent être les moins chastes, pourvu que ces recherches soient utiles, et surtout jugées telles par les malades; elles sont acceptées souvent, même avec reconnaissance. Il ne s'agit pas de pruderie, mais seulement de savoir-vivre, et rappelez-vous que le médecin a d'autant plus de chances de réussir dans sa carrière si difficile, qu'il oubliera moins vis-à-vis de ses "malades les règles de bienséance, qui sont l'apanage de la bonne éducation. »

Cependant, comme on a vu maintes fois des personnes du sexe éprouver une certaine répugnance à se montrer à des hommes qui ne revêtent pas le caractère indifférent du médecin, je suis obligé d'accepter que des femmes pratiquent le massage ; mais n'oublions pas que la fatigue que nécessite un massage bien fait de la part du masseur est une dépense physique qu'une femme, fût-elle douée de la santé la plus florissante, ne pourrait supporter longtemps, si, surtout, elle pratiquait plusieurs massages par jour.

Les femmes ne craindront pas de se montrer nues à des masseuses, aussi contre l'opinion du docteur Schreiber de Vienne (Massage, folio 75). Je ne suis pas partisan de laisser un tissu si léger soit-il, sur les parties à masser même pour le massage hygiénique, car il n'y a que les mauvais masseurs qui excorient la peau, les gens du métier savent s'arrêter à temps pour ne pas la blesser.

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"Le massage, manuel théorique et pratique" de Georges Berne et "Massage as a Mode of Treatment" de Murrell

20 Février 2015 , Rédigé par CC Publié dans #Massages

Le Massage, manuel théorique et pratique, par le Dr Georges Berne... est paru en 1894

Ce livre a été réédité plusieurs fois jusqu'aux années 1920

 

Berne ancien interne des hôpitaux de Paris et aide d'anatomie de la faculté y prétend ériger le massage au rang de science (la "massothérapie") dont il fera une arme contre la "superstition". Huit ans plus tôt en 1886, à Londres William Murrell, avait publié "Massage as a Mode of Treatment" (traduit en français en 1888, avec une introduction de Dujardin-Beaumetz) et en 1884 à Boston, Douglas Graham un " A Practical Treatise on Massage". Murrell, "lecturer" de l'hôpital de Westminster, est amusant à lire. Il précise que les massages dans son pays sont associés aux bains turcs (donc à la dépravation).

 

Le livre de Berne commence par un historique qui se fonde sur les travaux de Georges Dujardin-Beaumetz (1833-1895), membre de l'académie de médecine, notamment ses conférences "L'hygiène thérapeuthique" de 1886-87 à l'hôpital Cochin, sur l'aérothérapie, la climatothérapie, la kinésithérapie 

 

Il distingue 1) la période primitive : Tahiti, les Mulgaradocks de Nouvelle-Hollande, l'Ile Tonga, les sorciers africains.

2) la période chinoise avec le livre "Cong-fou", le "San-tsai-tou-hoei" (publié au 16ème siècle) présenté comme un "livre avec gravures sur les mouvements qui font la base de la gymnastique suédoise" et une "encyclopédie" du XVIe siècle, 3) la période hindoue (frictions et pétrissage des muscles), 4) la période grecque et romaine (Hippocrate, Oribase, compilateur de Galien à propos des pédotribes), la Renaissance (la Discipline des Romains du lyonnais Guillaume du Choul de 1567sur les bains, Mercurialis, Paullini, le Lexicon medicum de Castelli, puis 4) la "période actuelle Meibonius en 1795, Tissot (1781),  Dally ("Cynésiologie", 1857) Lebâtard, Estradère (médecin à Bagnères de Luchon, auteur en 1863 d'un "Du massage" qui eut un gros succès et fut réédité en 1884), Metzger, Von Mosengeil, Noström, Pierre-Henri Ling en Suède (créateur de l'Institut central de gymnastique de Stockholm en 1813 qui forma des médecins de Londres à St Petersbourg, Estradère reproche à Réveil et Medling de confondre massage et gymnastique suédoise ) - celui-ci soigna sa rétraction du muscle du bras par l'escrime, tous ces auteurs ont travaillé sur la gymnastique plus que sur le massage. Murrell identifie dans ses références contemporaines sur le massage Reibmayr, Estradere, Norstrom, Iljha Gopadze, Zabludovski, Benjamin Lee, Douglas Graham et dénonce les retards de l'Angleterre dans ce domaine, qui est, selon Murrell, confondu dans le dictionnaire de médecine avec le "shampooing", "rubbing", "kneading" qui, selon Murrell sont des actions qui ne supposent pas une connaissance anatomique comme c'est le cas du massage.

 

Si Murrell doit séparer le massage du frottage, Estradère devait le faire de la gymnastique en soulignant (p. 5 de son traité) qu'un masseur ne peut demander de mouvements violents ou d'exercices de son patient comme c'est le cas dans la kynésithérapie ou cynésie, et les rattacher aux "exercices passifs des anciens". Il allait définir (p. 14) le massage comme "art de pétrir le corps avec les doigts, de le frictionner avec la main ou un instrument destiné à cet usage, de le percuter soit avec la main ou un instrument spécial et de faire exécuter aux articulations des mouvements qui leur sont propres, le tout dans un but hygiénique ou thérapeutique".

 

Le livre de Berne est à l'image de la science historique du XIXe siècle : à demi-légendaire. Sur les Chinois, après le père jésuite Amiot (1776) et le père de Prémare (XVIIIe siècle), Berne fait remonter à Yn-Kang-Chi qu'il présente comme le "second empereur avant Fou-Hi", ce qui n'a pas beaucoup de sens) l'exercice physique comptait pour guérir des maladies ou les prévenir. Il présente le "Cong-fou" traduit par le père Amiot comme remontant à Hoang Ti en 2698 av JC (l'Empereur jaune légendaire). Dans l'époque hindoue il repère l'Ayur-Veda, présenté comme un traité rédigé "au moins mille ans avant notre ère"" et intégré au Atharva-Veda ("quatrième des livres sacrés") - pour une chronologie plus précise sur l'Ayurveda, voir ici. Sur la Grèce il mentionne Hérodicus maître d'Hippocrate, Rome il note que "Gallien admettait neuf modes différents de massage" (p. 11). Tout cela est repris de Dujardin-Beaumetz qui développe aussi les références aux massages dans les Lois de Manou, qu'il rattache aux danses des bayadères décrites par le Dr Edmond Dupouy ("La Prostitution dans l'antiquité", 1887) et rattachées à la prostitution sacrée. Dujardin-Beaumetz avait repris la partie chinoise à la partie Renaissance à Estradère sans le citer. Ambroise Paré en 1575 dans l'introduction à ses oeuvres, parle, outre de la gymnastique, des frictions "lesquelles peuuent se réduire en trois, à scavoir : dure, molle, médiocre", c'est du massage qu'il s'agit selon Dujardin-Beaumetz.

 

Pour Berne Hoffman en Allemagne en 1718 et Nicolas Andry à la fin du XVIIe siècle furent les pères de la théorie du mouvement actif et passif pour la guérison.

 

Murrell propose une histoire assez comparable. Il cite le "Kong Fau" (Cong-Fou), la sarchuna perse, Hippocrate. En se référant au français Nicolas Baudin (18e siècle) il développe davantage sur les Mulgaradocks ou Mulgaradacks de Nouvelle-Hollande, qu'il présente comme des "medical charlatans" qui prétendent maîtriser le vent et la pluie. "he practises a mode of rubbing, and sometimes hits the patient with green rods  which have first been heated at a fire, stopping at  intervals to let the pain pass away". Il relève les mêmes pratiques chez les Africains et les Russes (y compris les flagellations), et dit avoir trouvé dans la "Gazette des hôpitaux" française de 1839 (mais en fait cela vient d'Estradère p. 55) un article intitulé "Massage employé dans l'ile Tonga" un procédé ("toogi-toogi") consistant à soigner un voyageur fatigué par des coups de ping et un autre en frottant avec la paume de la main et pressant les tissus entre les doigts et le pouce, opération effectuée par des femmes formées à cet effet qui prédispose au sommeil. Seuls les bras et les jambes sont concernés, ou la partie douloureuse. Des enfants réalisent aussi des massages avec les pieds pour la très grande fatigue. Le docteur NB Emerson releva une pratique similaire avec le lomi-lomi des iles Sandwich comme acte suprême d'hospitalité. Nordhoff témoigne des mêmes pratiques aux îles Sandwich, et précise que le moins d'habits l'on porte le mieux la pratique fonctionne. Foster dans le voyage de Cook décrit les massages de Tahiti.

 

Murrell cite la description de Nordhoff : "To you thereupon comes a stout native with soft fleshy hands, but a strong grip, and beginning with your head and working  down slowly over the whole body, seizes and squeezes with a quite peculiar art every tired muscle, working  and kneading with indefatigable patience, until in half an hour, whereas you were weary and worn out, you find yourself fresh, all soreness and weariness absolutely gone, and mind and body soothed to a healthful and refreshing sleep."

 

Après avoir évoqué les îles exotiques, Murrell évoque bizarrement la France : " During the early part of this century there is reason  to believe that the true Massage was practised in  France, but it was carried on secretly, and the professors  fessors of the art were but little inclined to impart  their knowledge to casual enquirers." Estradère lui passe des peuples exotiques aux flagellations des Russes p. 58.

 

Berne dit avoir été formé par Von Mosengeil à Bonn, qu'il présente comme un élève de Metzger qui exerçait à Amsterdam mais était aussi natif de Bonn (p. 15). Murrell en Angleterre en 1884 aussi disait avoir été formé par Von Mosengeil, et affirme que Mezger (qu'il orthographie sans "t") auteur de la thèse "De behandeling der voetverstuikingen met fricties" en 1868 et clui à qui l'on doit le plus de savoir sur la éphase moderne du massage". Mezger n'était rattaché à aucun hôpital et a refusé un poste de professeur à l'université. Il devait son succès uniquement à sa pratique depuis 1861.

 

Von Mosengeil avait publié notamment dans Langenbeck Archiv für Klinische Chirurgie en 1876 les résultats du massage après avoir injecté de l'encre de Chine dans les pattes d'un lapin. "Le massage, longtemps pratiqué par les rebouteurs ou les empiriques entre les mains desquels il donne des succès entremêlés de désastres, écrit Berne p. 15, fut considéré comme indigne d'attirer l'attention des médecins. Depuis un demi-siècle, il fut pourtant appliqué par de courageux praticiens dont la tentative donna de remarquables résultats ; il entra dès lors dans une phase scientifique".

 

Au nombre des mérites du massage, il signale le fait que le massage "débarrasse la peau du vernis formé à sa surface par l'accumulation des matières grasses provenant des glandes sébacées, mélangées à des cellules épidermiques en desquamation", donne de la vitalité aux muscles en les contractant, hâte la déplétion veineuse (diminue la tension des veines), élimine les exsudats, avec un effet général régulateur sur le pouls. Il agit sur les terminaisons nerveuses, anesthétise les filets nerveux au niveau du tégument, excite les extrémités teimnales des nerfs ganglionnaires mais à la longue les apaise, augmente l'énergie au niveau des fonctions absorbantes des radicules lymphatiques. Il favorise la perte de poids, le raffermissement musculaire. "Le massage de l'abdomen produit une augmentaton d'énergie des mouvements pérstaltiques de l'intestin" (utile pour les selles), "il agit à la manière d'un procédé mécanique, qui non seulement enlèverait les déchets, mais apporterait de nouveaux matérieaux nutritifs". Il "produit une suractivité des fonctions vitales, avec un sentiment de bien-être et de souplesse dans les mouvements, une augmentation de l'appétit et du sommeil".

 

Berne évoque le résultat de ses massages en 1884 à Lariboisère dans le service du professeur Bouchard sur un malade atteint du "mal de Bright" et a constaté les effets du massage général sur le taux d'urée et d'acide phosphorique (p. 24).

 

Murrell, dans son traité utilise le vocabilaire français qu'il dit être employé aussi en Allemagne. Il recommande tout d'abordun "effleurage" (en français dans le texte) rapide, qui ne doit pas dégénrer en rubbing (frottage), puis un triturage (centripète), puis le pétrissage (ferme pression entre les doigts pour stimuler la circulation sanguine), puis la friction du bout des doigts, le tapotement (percussion avec les paumes des mains), le lissage, avec des mentions des produits utilisables (éventuellement même de l'électricité) et des références aux conseils reçus de praticiens pionniers d'Allemagne ou des Etats-Unis.

 

En plein période victorienne, Murrell ne peut éviter un passage sur "Massage et morale". Se référant sans le citer à un article récent dans la presse scientifique, sur une forte proportion (la moitié disait l'article) de détournement du but médical du massage et qui se terminait par "At some of these establishments the so-called  cure is carried on in large rooms, where the female  patients congregate together and perform rather  after the manner of athletes at a gymnasium than  sufferers in a doctor's reception-room. Not unlike  the outer chamber of a Turkish bath, the women  lie about on couches, or straddle wooden horses,  meanwhile discussing at their leisure with the German  male attendants the possible efficacy of the professor's cure." Il en conclut que le massage doit toujours être réalisé sous le controle d'un médecin.

 

Si l'on remonte à la première édition du livre d'Estradère auquel Berne se réfère, il est intéressant de voir que celui-ci pour "installer" sa science du massage est obligé de faire un historique. dans un débat avec Pichéry  qui demandait ne "édition spéciale du livre de M. Estradère destinée aux gens du monde", Estradère affirme "Un traité du massage qui se bornerait à la description des diverses manipulations qui constituent l'art de masser et à l'énumération des maladies dans lesquelles le massage peut être utile ou efficace, serait considérée par la majorité des lecteurs comme une conception purement imaginaire". Contre un article de Meding dans la Gazette des Hopitaux de 1862, admirateur des thérapies suédoises, qui voulait reprendre les termes du massages (friction, pétrissage, sciage) mais exclure le mot massage comme associé aux peuples sauvages et aux temps anciens (p. 15). Estradère au contraire le rattachera aux anciens, mais pour minimiser l'apport des Suédois, et tout en le séparant des pratiques ésotériques : après avoir regretté que le massage se pratique peu hors de Paris en 1862, faute de gens capables alors que "tous les rebouteurs, dames blanches, souffleuses d'entorses, [le] mettent tous les jours en pratique" (p. 18) - en 1833 un certain Moltenot avait été condamné en correctionnelle pour exercice abusif (p. 33). Hippocrate dans "Des articulations" recommande le massage. Mais dans les années 1860 Rizet découvre à peine que c'est peut-être à tort qu'on attribue le massage à Fabrice d'Acquapendente (comme Trousseau et Pidoux attribueront à tort à Sarlandières l'inventiond u massage par percussion) Mais pour rester dans une histoire "rationnelle" Estradère doit la faire commencer à Hippocrate. Ce qui ne l'empêche pas ensuite, dans sa volonté de miniminer l'apport de Ling, de faire un détour par la Chine, le Cong Fou des Tao-Ssé, les Mémoires concernant l'histoire, les sciences, les arts, les moeurs, les usages, etc, des chinois par les missionnaires de Pékin (1779) en s'appuyant sur le Cynésiologie de Dally qui déjà reduisait Ling en invoquant le Cong-Fou. Lepage en 1813 dans une thèse dit que les Chinois ont emprunté les massages aux Indiens (p. 50).

 

Ling et Mezger sont les deux grandes étapes européennes du XIXe siècle au niveau des massages. Toutes les deux au niveau de la pratique. Estradère est un moment important de la théorisation Quand Berne écrit il peut rattacher le massage à nouveau à la gymnastique de Ling parce que le travail d'autonomisation face à Ling a été effectué par Estradère (dont l'apport est noyé dans celui d'autres théoriciens alors qu'il fut central tout au long des années 1860 et 70).

 

Les querelles terminologiques font écho à l'interdiction actuelle pour les salons de bien-être d'user du mot "massage" (seul "gommage" leur est autorisé).

 

 

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